L’emplacement de Troie

Felice Vinci, The The Baltic Origins of Homer's Epic Tales: The Iliad, the Odyssey, and the Migration of Myth Recherchons maintenant la région de Troie. Dans l’Iliade elle est située le long de la Mer de l’Hellespont, qui est systématiquement décrit comme étant «large» ou même «sans limites». Nous pouvons donc exclure le fait que cela fait allusion au détroit des Dardanelles, où se trouve la cité trouvée par Henri Schliemann. L’identification de cette ville avec la Troie d’Homère soulève encore de forts doutes: il suffit de penser à la critique de Finley dans The World of Odysseus. En fait, elle coïncide avec la localisation de la Troie gréco-romaine, mais Strabon dit clairement que cette dernière ne coïncide pas avec la cité homérique: «Ce n’est pas le site de l’ancienne Ilion». Il affirme aussi que cette plaine était sous la mer à l’époque homérique (ceci fut confirmé par un forage effectué en 1977).

D’autre part, l’historien médiéval danois Saxo Grammaticus, dans sa Gesta Danorum, mentionne souvent un peuple connu sous le nom d’«Hellespontiens» et une région appelée Hellespont, qui, assez étrangement, semble être située dans l’est de la Mer Baltique. Pourrait-il s’agir de l’Hellespont d’Homère? Nous pouvons même l’identifier au Golfe de Finlande, qui est la contrepartie géographique des Dardanelles (puisque tous deux se trouvent au nord-est de leurs bassins respectifs). Puisque Troie, d’après l’Iliade, se trouve au nord-est de la mer (une autre raison de contester la localisation de Schliemann), il semble alors raisonnable, en ce qui concerne cette recherche, de rechercher une région du sud de la Finlande où le Golfe de Finlande rejoint la Mer Baltique. Dans cette région, à l’ouest d’Helsinki, nous trouvons un certain nombre de noms de lieux qui ressemblent étonnamment à ceux mentionnés dans l’Iliade, en particulier les noms des alliés des Troyens: Askainen (Ascanius), Reso (Rhesus), Karjaa (Caria), Nästi (Nastes, le chef des Cariens), Lyökki (Lycia), Tenala (Tenedos), Kiila (Cilla), Kiikoinen (Ciconians), etc. Il y a aussi une Padva, qui nous rappelle la Padua [Padoue] italienne, qui fut fondée, d’après la tradition, par le Troyen Antenor et qui se trouve en Vénétie (les «Enètes» ou «Vénètes» étaient des alliés des Troyens). De plus, les noms de lieux Tanttala et Sipilä (le mythique roi Tantale, célèbre pour son supplice, fut enterré sur le mont Sipylus) indiquent que cette question ne se limite pas à la géographie homérique, mais semble aussi s’étendre au monde de toute la mythologie grecque.

Jean Mabire, Thulé: Le Soleil retrouvé des hyperboréens Ces noms de lieux n’ont pas des origines récentes, mais il est très difficile d’établir leur ancienneté exacte. Malheureusement, tous les documents écrits finnois et scandinaves, y compris les plus anciens, sont relativement trop proches de notre époque, puisqu’ils ne sont pas antérieurs à l’an 1000. Avant cette date, contrairement au monde méditerranéen, il n’y a pas de preuves écrites disponibles pour reconstruire l’évolution des noms de lieux. Cependant, ils sont significatifs lorsqu’on les trouve par séries, ce qui rend les cas de ressemblance accidentelle très improbables, ou lorsqu’ils peuvent être reliés à des entités géographiques, morphologiques ou mythologiques. Cette théorie utilise les noms de lieux surtout comme traces ou clés, mais elle est essentiellement basée sur les étonnants parallèles géographiques, morphologiques, descriptifs et climatiques entre le monde homérique et le monde baltique, sur lequel Plutarque nous a donné une indication.

Et en ce qui concerne Troie? En plein milieu de cette région, à mi-chemin entre Helsinki et Turku, nous découvrons que la ville du roi Priam a survécu au pillage et à l’incendie par les Achéens. Ses caractéristiques correspondent exactement à celles que Homère nous a décrites: la zone accidentée qui domine la vallée avec ses deux rivières, la plaine qui descend vers la côte, et les régions montagneuses en arrière-plan. Elle a même conservé son nom presque inchangé durant tout ce temps. Aujourd’hui, «Toija» est un pacifique village finnois, inconscient de son passé glorieux et tragique.

Plusieurs voyages dans ces lieux, à partir du 11 juillet 1992, ont confirmé l’extraordinaire correspondance entre les descriptions de l’Iliade et la région entourant Toija. De plus, nous trouvons ici de nombreuses traces significatives de l’Age de Bronze. Incroyablement, vers la mer nous trouvons un endroit appelé Aijala, qui rappelle la «plage» («aigialós») où, d’après Homère, les Achéens firent accoster leurs navires. A coté, le nom de la Halikonjoki, la «rivière Haliko» qui coule à 20km de Toija, est identique à l’ancien nom grec «Halikos» de la rivière Platani au sud-ouest de la Sicile, qui se jette dans la mer dans une région extrêmement riche en vestiges archéologiques et en souvenirs mythiques de la Grèce antique.

Jeremie Benoît, Le paganisme indo-européen Bref, en dehors des traits morphologiques de cette région, la position géographique de la Troas finnoise cadre parfaitement avec les indications mythologiques. Cela explique pourquoi un «épais brouillard» tombe souvent sur ceux qui combattent dans la plaine troyenne, et pourquoi la mer d’Homère n’est jamais aussi brillante que celle des îles grecques, mais toujours «grise» et «brumeuse». Partout dans les deux poèmes, le temps – avec du brouillard, du vent, de la pluie, des températures froides et de la neige qui tombe sur les plaines et même en mer – a peu en commun avec le climat méditerranéen; de plus, le soleil et les températures chaudes sont à peine mentionnées. En un mot, le plus souvent le temps est instable, à tel point que les guerriers vêtus de bronze souhaitent un ciel sans nuage pendant la bataille. Nous sommes loin des plaines torrides d’Anatolie. La manière dont les personnages d’Homère sont habillés est en parfait accord avec ce genre de climat. Ils portent des tuniques et d’«épais et lourds manteaux» qu’ils n’enlèvent jamais, pas même pendant les banquets. Ce costume correspond exactement aux restes de vêtements trouvés dans des tombes danoises de l’Age de Bronze, jusqu’à des détails comme la broche de métal qui retenait le manteau sur l’épaule.

  1. benoitguy
    | Rispondi

    Il faut bien convenir que la théorie de Schlieman est fortement influencée par ce qu'on peut lire dans Strabon. Cependant , dans la plaine , il y avait le tombeau d'ILUS, et une région encadrée par deux fleuves le Scamandre et le Simois relés par un mur en déça duquel vaquaient les Achéens et au delà , en direction du Mont Ida , les Troyens d'Hector et de Priam. C'est la théorie de Marin, qui localise le théatre plus dans le sud de la mer de Marmara.C'est dans Strabon que l'on retrouve cette théorie des couches succesives selon les ères de l'histoire ou de la préhistoire, mais cet auteur précise bien que tout avait été démonté de fond en comble et reconstruit selon le temps et les époques , ce qui fait que les fouilles trouvent autre chose que ce qui a pu exister à l'époque alléguée.

Lascia un commento

Il tuo indirizzo email non sarà pubblicato. I campi obbligatori sono contrassegnati *

 

Questo sito usa Akismet per ridurre lo spam. Scopri come i tuoi dati vengono elaborati.