L’ésoterisme et l’extrême droite

Des mondes à la dérive: réflexions sur les liens entre l’ésoterisme et l’extrême droite, un essai de Stéphane François, éditions de la Hutte, Valence, 2012.

Cet essai de 80 pages (sans la bibliographie de la fin) peut être considéré comme une première étape de réconciliation avec l’extrême droite extraparlementaire en France. L’auteur porte un regard sympathisant à cette dernière en montrant aux lecteurs néophytes que des liens étroits existent entre la contre-culture ésotérique et les milieux refusant le jeu électoral.

Le livre commence avec le terme «subculture» (page 3) au lieu de «sous-culture». C’est le mot anglais qui n’a pas été intentionnellement traduit. Et puis d’autres néologismes font leur apparition comme «conspirationnisme» (en plus sur la couverture de la fin et puis sur la page 43 l‘auteur précise «les deux néologismes étant acceptés») et bien d’autres encore. Cela nous fait penser à notre performer Genesis P-Orridge (voir notre «Pandrogeny Manifesto») et à ses premiers manifestes COUM au début des années 70, avant de créer la musique industrielle, un genre musical proche à l‘extrême droite grâce au groupe NON et bien d‘autres encore, qui ont suivi plus tard.

Étant universitaire lui-même l’auteur précise: «Ce texte est le point de vue d’un scientifique et non celui d’un ésotériste» (op. cit., page 26). Pourtant il ajoute plus tard: «l’Université diffuse un non-savoir, un faux savoir politiquement correct» (op. cit., page 73). Le mot magique «underground» fait son apparition un peu après le début, sur la page 7 de l’ouvrage et l’auteur en donne une première définition brève de tout ce qui fait partie des «savoirs rejetés» (op. cit., page 7 aussi). En faisant tout au long de son essai une synthèse bibliographique riche d’études récentes sur la question de l’underground contemporain (comme par exemple la définition très banale de Julian Assange sur la page 50), l’auteur tire sa conclusion un peu avant la fin: «la culture d’extrême droite peut se concevoir comme une culture alternative» (op. cit., page 73). Et comme telle elle sera plus évoluée aujourd’hui par rapport aux théoriciens du passé comme Julius Evola ou ceux de l’ufologie nazie grâce à l’apport considérable de quelques intellectuels importants de notre époque comme le néopaganiste Alain de Benoist.

Comme c’est normal, Stéphane François n’apporte pas un historique complet de l’ésoterisme français mais il ouvre de questions par le biais de sa bibliographie contemporaine et tire sa conclusion: «le but de cet essai était simplement, comme il a été dit précédemment, d’être une boîte à outil, c’est-à-dire d’inciter à la réflexion, aux débats et aux échanges afin d’élaborer une nouvelle méthodologie, d’aborder différemment la question des cultures des droites radicales» (op. cit., page 72).

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