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	<title>Centro Studi La Runa &#187; Steding</title>
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	<description>Archivio di storia, tradizione, letteratura, filosofia</description>
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		<title>Les mentions de l&#8217;œuvre de Christoph Steding dans les écrits d&#8217;Evola</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 08:49:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articoli su Julius Evola]]></category>
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		<description><![CDATA[Christoph Steding (1903-1938), jeune érudit issu d'une très ancienne famille paysanne de Basse-Saxe, conduit une enquête monumentale sous le titre de Das Reich und die Krankheit der europäischen Kultur]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/mentions-de-christoph-steding-dans-evola.html' addthis:title='Les mentions de l&#8217;œuvre de Christoph Steding dans les écrits d&#8217;Evola '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/evola48x48.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Julius Evola" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/rivoluzione-conservatrice.PNG" width="48" height="48" alt="" title="Rivoluzione conservatrice" /><br/><p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/3902475021?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=3902475021" target="_blank"><img class="alignright" style="margin: 10px;" title="die-konservative-revolution" src="../wp-content/die-konservative-revolution-196x300.jpg" alt="" width="196" height="300" /></a>Christoph Steding (1903-1938), jeune érudit issu d&#8217;une très ancienne famille paysanne de Basse-Saxe, reçoit en 1932 une bourse de la Rockefeller Foundation pour étudier l&#8217;état de la culture et les aspirations politiques dans les pays germaniques limitrophes de l&#8217;Allemagne (Pays-Bas, Suisse, Scandinavie). Cette enquête monumentale prendra la forme d&#8217;un gros ouvrage, posthume et inachevé, de 800 pages. La mort surprend Steding, miné par une affection rénale, dans la nuit du 8 au 9 janvier 1938. Un ami fidèle, le Dr. Walter Frank (1905-1945), classe et édite les manuscrits laissés par le défunt, sous le titre de <em>Das Reich und die Krankheit der europäischen Kultur</em> (=<em>Le Reich et la maladie de la culture européenne</em>). Le thème central de cet ouvrage: l&#8217;effondrement de l&#8217;idée de Reich à partir des traités de Westphalie (1648) a créé un vide en Europe centrale, lequel a contribué à dépolitiser la culture. Cette dépolitisation, pour Steding, est une pathologie qui s&#8217;observe très distinctement dans les zones germaniques à la périphérie de l&#8217;Allemagne. Toutes les productions culturelles nées dans ces zones sont marquées du stigmate de cette dépolitisation, y compris l&#8217;œuvre de Nietzsche, à laquelle Steding adresse de sévères reproches.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/redirect?link_code=ur2&amp;tag=centrostudila-21&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;path=ASIN%2F2868477879%2Fqid%3D1147101676%2Fsr%3D1-3%2Fref%3Dsr_1_8_3" target="_blank"><img class="alignleft" style="border: 0pt none; margin: 10px;" src="../immagini/larevolutionconservatrice.bmp" border="0" alt="Barbara Koehn, La Révolution conservatrice et les élites intellectuelles" width="89" height="140" /></a>L&#8217;Europe n&#8217;est saine que lorsqu&#8217;elle est vivifiée par l&#8217;idée de Reich. Les traités de Westphalie font que la périphérie de l&#8217;Europe tourne le dos à son noyau central, qui l&#8217;unifiait naturellement, par l&#8217;incontournable évidence de la géographie, sans exercer la moindre coercition. La Suisse se replie dans sa «coquille alpine»; la Hollande amorce un processus colonial qu&#8217;elle ne peut parachever par manque de ressources; la France devient grande puissance en pillant ce qui reste du Reich, en annexant l&#8217;Alsace, en ravageant la Franche-Comté comme le Palatinat et en ruinant la Lorraine; l&#8217;Angleterre tourne résolument le dos au continent pour dominer les mers. Ce processus d&#8217;extraversion contribue à faire basculer toute l&#8217;Europe dans l&#8217;irréalisme politique. Commencée dans la violence par les colonisateurs anglais et hollandais, cette extraversion, qui disloque notre continent, se poursuit dans la défense et l&#8217;illustration d&#8217;un libéralisme politique, culturel et moral délétère, qui corrompt les instincts. Ce phénomène involutif s&#8217;observe dans les littératures ouest-européennes du XIXième et du XXième siècles, où le psychologique et le pathologique sont dominants au détriment de tout ancrage dans l&#8217;histoire. Les énergies humaines ne sont plus mobilisées pour la construction permanente de la Cité mais détournées vers l&#8217;inessentiel, vers la réalisation immédiate des petits désirs sensuels ou psychologiques, vers la consommation.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.de/exec/obidos/redirect?link_code=ur2&amp;tag=centrostudi0e-21&amp;camp=1638&amp;creative=6742&amp;path=ASIN%2F3926584491%2Fqid%3D1147098573%2Fsr%3D1-1%2Fref%3Dsr_1_8_1" target="_blank"><img class="alignright" style="border: 0pt none; margin: 10px;" src="../immagini/nationalbolschewismus.bmp" border="0" alt="Karl Otto Paetel, Nationalbolschewismus und nationalrevolutionäre Bewegung in Deutschland. Geschichte - Ideologie - Personen" width="99" height="140" /></a><a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>, dans une recension parue dans la revue<em> La Vita italiana</em> (XXXI, 358, janvier 1943, pp. 10-20; «Funzione dell&#8217;idea imperiale e distruzione della &#8220;cultura neutra&#8221;»; trad. franç. de Ph. Baillet, in Julius Evola, <em>Essais Politiques</em>,  Pardès, Puiseaux, 1988), n&#8217;a pas caché son enthousiasme pour les thèses de Steding, pour sa critique de la culture «neutre» et dépolitisée, pour son plaidoyer en faveur d&#8217;un prussianisme rénové renouant avec l&#8217;éthique impériale, pour sa volonté de redonner une substance politique au centre du sub-continent européen. <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> formule deux critiques: il juge Steding trop sévère à l&#8217;encontre de Bachofen et de Nietzsche. «Certaines critiques de Steding, on l&#8217;a vu, pèchent par leur côté unilatéral: pour dénoncer l&#8217;erreur, il en vient parfois à négliger ce que certains auteurs ou certaines tendances pourraient offrir de positif à ses propres idées. Lorsqu&#8217;il évoque les &#8220;divinités lumineuses du monde du politique&#8221; opposées à la <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religion</a> obscure des mythes, des <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> et des traditions primordiales, il court par exemple le risque de finir, à son corps défendant, dans le rationalisme, alors qu&#8217;il conçoit parfaitement la possibilité d&#8217;une exploration du monde spirituel qui aurait les mêmes caractères d&#8217;exactitude et de clarté que les sciences naturelles. Nombre des accusations portées contre Bachofen par Steding sont carrément injustes: on trouve au contraire chez Bachofen bien des éléments susceptibles de conforter, précisément, l&#8217;idéal &#8220;apollinien&#8221; et viril d&#8217;un Etat &#8220;romain&#8221; opposé au monde équivoque du substrat naturaliste et matriarcal. Et, au bout du compte, Steding subit en fait souvent l&#8217;influence salutaire des conceptions de Bachofen» (<em>Essais politiques</em>,  op. cit., p. 155).</p>
<p style="text-align: justify;">«A l&#8217;égard de Nietzsche, l&#8217;attitude de Steding est pareillement unilatérale. Il est extrêmement discutable que la doctrine nietzschéenne du surhomme exprime réellement, comme le croit Steding, une révolte contre le concept d&#8217;Etat. Ce serait plutôt le contraire qui nous paraîtrait exact, à savoir qu&#8217;Etat et Empire ne sont guère concevable sans une certaine référence à la doctrine du surhomme, celle-ci exaltant une élite, une race dominatrice porteuse d&#8217;une autorité spirituelle précise. De fait, seule une élite ainsi conçue peut fonder cette primauté que revendique Steding pour l&#8217;Etat en face de ce qui n&#8217;est que simple &#8220;peuple&#8221;» (<em>Essais politiques</em>,  op. cit., pp. 155-156). <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> conclut: «…l&#8217;ouvrage de Steding constitue un pas en avant digne d&#8217;être noté  —surtout en Allemagne—  sur le plan d&#8217;une clarification des idées, d&#8217;un alignement des positions, d&#8217;une reprise consciente de cette idée impériale qui, Steding l&#8217;a précisément montré, s&#8217;identifie à la réalité de la meilleure Europe»  (p. 156).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola"> Evola</a> avait déjà, dans un sens proche de la pensée de Steding, appelé à un dépassement de la conception neutre de la culture. Nous lisons, p. 25: «Est également combattu le mythe des valeurs &#8220;neutres&#8221;, qui tend à considérer toute valeur comme une entité autonome et abstraite, alors qu&#8217;elle est en premier lieu l&#8217;expression d&#8217;une race intérieure donnée et, en deuxième lieu, une force qu&#8217;il convient d&#8217;étudier à l&#8217;aune de ses effets concrets, non sur l&#8217;homme en général, mais sur les divers groupes humains, différenciés par la race. <em>Suum cuique</em>: à chacun sa &#8220;vérité&#8221;, son droit, son art, sa vision du monde, en certaines limites, sa science (dans le sens d&#8217;idéal de connaissance) et sa <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a>&#8230;».</p>
<p style="text-align: justify;">En évoquant le <em>suum cuique</em>,  principe de gouvernement de la Prusse frédéricienne, <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> se place dans une optique très ancrée dans la <a title="Révolution Conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">Révolution conservatrice</a>. En refusant l&#8217;autonomisation des valeurs, c&#8217;est-à-dire leur détachement du tout qu&#8217;est la trame historique du peuple ou de l&#8217;Empire, <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> est sur la même longueur d&#8217;onde que Steding, qui combat les mièvreries de la culture «neutre», psychologisante et dépolitisante, et que Bäumler qui voit, dans le mythe, la sublimation des expériences vécues d&#8217;un peuple, mais une sublimation qu&#8217;il attribue à l&#8217;action des valeurs telluriques/maternelles, contrairement à <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Archives de Synergies Europeennes </em>- 1991.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/mentions-de-christoph-steding-dans-evola.html' addthis:title='Les mentions de l&#8217;œuvre de Christoph Steding dans les écrits d&#8217;Evola ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>La contribution à Il Regime Fascista de Wilhelm Stapel</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Sep 2009 16:14:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Wilhelm Stapel (1882-1954) est l'une des figures-clé de la Révolution Conservatrice allemande]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/la-contribution-a-il-regime-fascista-de-wilhelm-stapel.html' addthis:title='La contribution à Il Regime Fascista de Wilhelm Stapel '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/evola48x48.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Julius Evola" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/rivoluzione-conservatrice.PNG" width="48" height="48" alt="" title="Rivoluzione conservatrice" /><br/><p style="text-align: justify;">Wilhelm Stapel (1882-1954) est l&#8217;une des figures-clé de la <a title="Révolution Conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">Révolution Conservatrice</a> allemande. Fils d&#8217;un horloger, assistant de librairie, Stapel termine en 1910/11 des études d&#8217;histoire de l&#8217;art. En 1911, il collabore au journal libéral de gauche <em>Der Beobachter</em> (Stuttgart). En 1911, il adhère au <em>Dürerbund</em> (Association Dürer). De 1912 à 1916, il est rédacteur à la revue <em>Kunstwart</em>.  En 1919, il fonde la revue <em>Deutsches Volkstum</em> qu&#8217;il dirigera jusqu&#8217;en 1938. Pour Armin Mohler (in <em>Die konservative Revolution in Deutschland 1918-1932</em>,  Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, 3ième éd., 1989, pp. 410-411), Stapel est «un mélange curieux de systématiste et de polémiste; sa plume était l&#8217;une des plus craintes de la droite». Ses rapports avec les autorités du IIIième Reich ont été tendus. En 1938, il est mis au ban de l&#8217;univers journalistique; sa revue <em>Deutsches Volkstum</em> cesse de paraître. L&#8217;objectif de Stapel était de donner une ancrage théologique au conservatisme allemand. En témoigne son ouvrage principal: <em>Der christliche Staatsmann. Eine Theologie des Nationalismus</em> (Hanseatische Verlagsanstalt, Hambourg, 1932). Après la disparition de <em>Deutsches Volkstum</em>,  Stapel, contraint et forcé, a dû adopter un profil bas et faire toutes les concessions d&#8217;usage à la langue de bois nationale-socialiste. Malgré cela, son ouvrage principal, après 1938,<em> Die drei Stände. Versuch einer Morphologie des deutschen Volkes</em> (Hanseatische Verlagsanstalt, Hambourg, 1941), fait montre d&#8217;une originalité profonde. Comme l&#8217;indique le titre, Stapel tente de dresser une typologie du peuple allemand, distinguant trois strates majeures: les paysans, les bourgeois et les ouvriers.</p>
<p style="text-align: justify;">La contribution de Wilhelm Stapel à <em>Il Regime fascista</em>, intitulée «Nazione, Spirito, Impero» (16 mars 1934), est composée, presque dans sa totalité, d&#8217;extraits de <em>Der christliche Staatsmann</em>.  Ce qui laisse à penser que c&#8217;est <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> lui-même qui a choisi, peut-être sans autorisation, des extraits du livre et les a juxtaposés dans un ordre cohérent.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui intéressait <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> dans la théologie conservatrice de Stapel (baptisée «théologie du nationalisme» pour cadrer avec les circonstances), c&#8217;était sa condamnation du nationalisme bourgeois, de facture jacobine, étayé de références naturalistes. Ce qui ne signifie pas que Stapel rejette toutes les doctrines qui se donnent l&#8217;étiquette de «nationaliste». Dans son article d&#8217;<em>Il regime fascista</em>, Stapel admet l&#8217;existence des nationalités (nous dirions aujourd&#8217;hui des «ethnies»), dans la ligne de Herder et du jeune <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/johann-wolfgang-goethe" target="_blank">Goethe</a></span>. Il admet également la distinction, opérée par <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/johann-gottlieb-fichte" target="_blank">Fichte</a></span>, entre «peuples originaires» (les Germains et les Slaves), non mélangés, et «peuples mélangés», dont l&#8217;existentialité est un produit récent, impur, mal stabilisé (les peuples latins). Pour Stapel, <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/johann-gottlieb-fichte" target="_blank">Fichte</a></span>, en soulignant ce caractère «originaire», respecte la création de Dieu, qui a créé les uns et les autres de façon telle et non autre, et introduit un motif conservateur, c&#8217;est-à-dire métaphysique, dans le nationalisme, le rendant de la sorte acceptable. En clair, cela signifie que les nationalismes slaves et germaniques, à base ethnique, sont acceptables, tandis que les autres, qui sont l&#8217;œuvre des hommes et non de Dieu, sont inacceptables. Le nationalisme allemand, tel qu&#8217;il procède de <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/johann-gottlieb-fichte" target="_blank">Fichte</a></span>, «demeure étranger à la sécularisation vulgaire advenue dans le sillage du naturalisme et du rationalisme; ainsi, au lieu d&#8217;être la phase crépusculaire d&#8217;un cycle de pensée, ce nationalisme peut apparaître comme le principe d&#8217;une pensée nouvelle»  («Nazione, Spirito, Impero», art. cit.).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;homme étant incapable de connaître tous les paramètres de l&#8217;univers, il doit s&#8217;orienter dans le monde par l&#8217;intermédiaire de «formes figurées». Le monde de l&#8217;inconnu, de l&#8217;incommensurable, est voisin du nôtre; le Chrétien, écrit Stapel, le désigne du terme de «Règne de Dieu»; ce règne est un ordre qui domine le monde: Dieu en est le Seigneur. Etre chrétien, dans cette théologie de Stapel, procède d&#8217;une «prise de position métaphysique», comme d&#8217;ailleurs toute acceptation ou toute récusation. Opter pour Dieu, c&#8217;est évidemment accomplir un acte métaphysique, qui revient à dire: «je veux appartenir à ce Règne». «Et qu&#8217;est-ce que cela veut dire? Cela signifie que l&#8217;homme se subordonne au Seigneur des Troupes célestes. Il entre comme un combattant dans une armée métaphysique (&#8230;)  [Dans ce choix], l&#8217;élément &#8220;humain&#8221; ne varie pas mais dans la substance, s&#8217;opère une mutation. Celui qui a juré par le Dieu des Chrétiens, doit Lui être obéissant. Il doit faire peu de cas de sa propre vie humaine et de sa propre personnalité. Il doit obéir à Dieu et diriger, risquer, sa vie pour son honneur. Et cela ne signifie pas fidélité dans la joie d&#8217;accèder à la &#8220;sainteté&#8221;, qui peut déjà être momentanément goûtée, mais signifie plutôt obéissance et solidarité guerrière. Tout ce que Dieu, en tant que Seigneur, ordonne, il faut le faire. Cela transcende toute philosophie, toute convulsion sentimentale impure du «converti», toute préoccupation d&#8217;évolutionnisme moralisant. Le savoir  phraseur, le zèle moraliste, le sentimentalisme imbu de soi, tout cela est duperie à l&#8217;égard de soi-même. Décide-toi et laisse le reste à Dieu»  («Nazione, Spirito, Impero», art. cit.).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette théorisation radicale de l&#8217;engagement métaphysique pour le Règne de Dieu a séduit <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>, comme l&#8217;ont fasciné, sur le plan pratique, les mouvements du Roumain Codreanu, la Légion de l&#8217;Archange Michel et la Garde de Fer. La notion de «Milice de Dieu», également présente dans la Chevalerie médiévale et dans l&#8217;idée de Djihad en Islam, sont des éléments actifs et significatifs de la «Tradition Primordiale», selon <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>. Cette adhésion, cette milice, va toutefois au-delà des formes. De tradition luthérienne et prussienne, Stapel rejette le culte catholique des institutions et du formalisme; pour lui, la décision du sujet de devenir «milicien de Dieu», de Le servir dans l&#8217;obéissance, vient toute entière de l&#8217;intériorité; elle n&#8217;est en aucun cas une injonction dictée par un Etat ou un parti. Il est intéressant de noter que cette théologie de l&#8217;engagement total, qui séduit le traditionaliste <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>, vient en droite ligne d&#8217;une interprétation des écrits de Luther. Donc du protestantisme dans sa forme la plus pure et non d&#8217;un protestantisme de mouture anglo-saxonne, où l&#8217;éthique du service et de l&#8217;Etat est absente. Ceux qui, dans les pays latins, croient trouver en <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> une sorte de <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a> qui remplacerait leur catholicisme, ou qui ajoutent à leur catholicisme, caricatural ou ébranlé, des oripeaux évoliens, ne comprennent pas toute la pensée de leur maître: le protestantisme luthérien a sa place chez <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>. Le culte des institutions formelles est explicitement rejeté chez Stapel: «Il n&#8217;existe ni Etats chrétiens ni partis chrétiens. Mais il existe des Chrétiens.  [Les Chrétiens peuvent être citoyens ou membres de partis]. Ce qui les distingue des autres, n&#8217;est pas perceptible en tant que sagesse ou moralité ou douceur, etc., particulières mais réside dans l&#8217;imperceptible, dans la substance. Ils ont juré fidélité à leur Dieu. Ils sont sous les ordres du Seigneur des Troupes célestes. Pour cette raison, ils pensent et agissent dans un espace plus grand que les autres hommes. Pour eux, il n&#8217;existe pas seulement ce monde, mais un autre monde derrière celui-ci. Ils n&#8217;agissent pas seulement sur la terre mais toujours à la fois &#8220;dans le ciel et sur la terre&#8221;. C&#8217;est pourquoi leurs décisions sont toujours déterminées autrement que les décisions des autres. Ils peuvent s&#8217;engager plus à fond, au-delà de tout ce qui est terrestre, également au-delà des moralités de ce monde, dans le sens où ils font ce que Dieu leur a donné mission de faire. Le Chrétien est mandaté par les faits de sa nature propre [<em>Geschaffenheit</em>,  dans le texte original; littéralement, cela signifie sa «créaturité»; <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>, ou le traducteur d'<em>Il Regime fascista</em>,  traduit par <em>natura propria</em>]  et de sa vocation. S&#8217;il a été créé Allemand, alors il devra mettre toutes ses énergies au service de sa germanité et de son Reich allemand. S&#8217;il a été créé Anglais, alors il devra mettre ses énergies au service de son peuple et de son Etat. Comme tout cela peut-il se concilier? Il faut qu&#8217;il laisse à Dieu le soin d&#8217;y veiller».</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au rôle de Luther, Stapel l&#8217;a définit dans un article de <em>Deutsches Volkstum</em> (1933, p. 181; «Das Reich. Ein Schlußwort»): «Quand l&#8217;Eglise est devenue inféconde et quand Dieu est entré en colère en s&#8217;apercevant de l&#8217;absence de sérieux de ses serviteurs, il a fait s&#8217;éveiller parmi les Allemands, peuple sérieux, un combattant et un prophète: Martin Luther. C&#8217;est ainsi que le Pneuma et l&#8217;Eglise ont été mis entre les mains des Allemands. A partir de ce moment, le Reich et l&#8217;Eglise, comme jadis chez les Romains, se retrouvaient entre les mains d&#8217;un seul peuple. Le Reich s&#8217;étendait alors sur tout le globe: dans le Reich de Charles-Quint, le soleil ne se couchait jamais. Mais chez Charles-Quint, le sang allemand de Maximilien s&#8217;était estompé et l&#8217;esprit allemand s&#8217;était éteint. L&#8217;Empereur n&#8217;est pas resté fidèle au peuple de son père. A l&#8217;heure où sonnait le destin du monde, il a failli. Au lieu de protéger et de laisser se développer l&#8217;Eglise de l&#8217;esprit, au lieu d&#8217;ordonner le monde selon les principes du Reich, il s&#8217;est enlisé dans des querelles d&#8217;intérêts. C&#8217;est ainsi qu&#8217;il a perdu et sa couronne et le Reich; le dernier véritable empereur s&#8217;est retiré, fatigué, dans un monastère, après avoir abandonné sa fonction. Ce n&#8217;est pas la Réforme qui est la cause de l&#8217;interrègne, mais l&#8217;infidélité et la négligence de Charles-Quint. Il n&#8217;a pas reconnu la véritable Eglise et a oublié [ce que signifiait] le Reich».  Plusieurs analystes de la «<a title="Révolution Conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">Révolution Conservatrice</a>» allemande, comme Martin Greiffenhagen (<em>Das Dilemma des Konservatismus in Deutschland</em>,  R. Piper Verlag, München, 1977), Kurt Sontheimer (<em>Antidemokratisches Denken in der Weimarer Republik</em>,  DTV, 3ième éd., 1978) ou Klaus Breuning (<em>Die Vision des Reiches. Deutscher Katholizismus zwischen Demokratie und Diktatur. 1929-1934</em>,  Hueber, München, 1969) ont mis en exergue l&#8217;importance capitale de l&#8217;œuvre et des articles polémiques de Stapel. Greiffenhagen, par exemple, montre qu&#8217;il n&#8217;y a aucune propension au «novisme» (à l&#8217;innovation pour l&#8217;innovation) chez Stapel, contrairement à tout ce qui est affirmé péremptoirement par le filon philosophique moderne; ce que les militants, ou les «miliciens de Dieu», doivent créer, parce que les circonstances l&#8217;exigent, n&#8217;est pas quelque chose de radicalement neuf, mais, au contraire, quelque chose d&#8217;original, de primordial, qu&#8217;il faut raviver, faire ré-advenir. Pour Stapel, c&#8217;est la notion de Reich qu&#8217;il faut rappeler à la vie. Dans <em>Der christliche Staatsmann. Eine Theologie des Nationalismus</em>,  il écrit (p. 7-8): «Le Reich n&#8217;est pas un rêve, un désir; ce n&#8217;est pas une fuite dans une quelconque illusion, mais c&#8217;est une réalité politique archétypale (uralt) de nature métaphysique, à laquelle nous sommes devenus infidèles [...]. Lorsqu&#8217;Israël s&#8217;est détourné de Yahvé, Dieu a puni Israël, comme nous pouvons le lire dans l&#8217;Ancien Testament. Et lorsque nous nous détournons du Reich, Dieu nous punit, comme nous le montre l&#8217;histoire allemande. C&#8217;est cela le Testament Allemand».</p>
<p style="text-align: justify;">Stapel et <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> se réfèrent donc tous deux à un archétype métaphysique, transcendant toute forme de «sécularité», et visent, comme l&#8217;écrit Stapel (<em>Der christliche Staatsmann</em>,  op. cit., p. 6), à forger un «front antiséculier». Front anti-séculier qui sera également porté par un anti-intellectualisme conséquent et radical: «La croissance de l&#8217;intellect s&#8217;est effectuée au détriment de la substance humaine, prise dans sa totalité. Le sentiment est devenu plus prosaïque et incolore (<em>nüchtern</em>); l&#8217;imagination terne et schématique; la passion a perdu son élan; l&#8217;instinct s&#8217;est amenuisé, n&#8217;est plus sûr de lui; la faculté de pressentir s&#8217;étiole. Mais, l&#8217;intellect croît et cherche, par le calcul, par la réflexion, par l&#8217;ébauche de belles idées, etc., à remplacer la source vive des sentiments, la fantaisie, l&#8217;instinct et le pressentiment. Tandis que l&#8217;homme croît et se développe toujours davantage dans l&#8217;orbite de l&#8217;intellect, les racines de son existentialité s&#8217;assèchent. A la place de réactions immédiates, inconscientes  —qui sont bonnes quand la substance est bonne, mauvaises quand la substance est mauvaise—  survient une éthique du cerveau» (<em>Der Christliche Staatsmann</em>,  op. cit., p. 195).</p>
<p style="text-align: justify;">Comme chez <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>, Rohan et Everling, nous trouvons, chez Stapel, une définition du chef, en tant qu&#8217;homme d&#8217;Etat: «Le véritable homme d&#8217;Etat unit en lui la &#8220;paternalité&#8221; (<em>Väterlichkeit</em>), l&#8217;esprit guerrier et le charisme. Paternellement, il règne sur le peuple qui lui a été confié. Lorsque son peuple croît en nombre, il lui fournit de l&#8217;espace pour vivre, en rassemblant ses forces guerrières. Dieu le bénit, lui donne bonheur et gloire, si bien que le peuple l&#8217;honore et lui fait confiance. L&#8217;homme d&#8217;Etat pèse et soupèse la guerre et la paix tout en conversant avec Dieu. Ses réflexions humaines deviennent prières, deviennent décisions. Sa décision n&#8217;est pas le produit d&#8217;un calcul, d&#8217;une soustraction, effectué(e) dans son entendement mais reflète la plénitude totale des forces historiques. Ses victoires et ses défaites ne sont pas des hasards dus à des facteurs humains, mais des dispositions de la Providence. Le véritable homme d&#8217;Etat est à la fois souverain, guerrier et prêtre» (<em>Der christliche&#8230;</em>, op. cit., p. 190). Si <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> manie l&#8217;opposition tellurique/ouranien ou matrilinéaire/patrilinéaire, Stapel, penseur luthérien et prussien, nomme «Romains», ceux qui ont, dans l&#8217;histoire, le sens de l&#8217;Etat, sont imperméables à toute forme de libéralisme, en dépit des formes républicaines ou impériales qu&#8217;ils peuvent défendre. Les négateurs de l&#8217;idée d&#8217;Etat sont, pour Stapel, les misérables «Graeculi», qui ne pensent ni n&#8217;agissent jamais de manière politique et ne réagissent que sous la dictée et l&#8217;emprise d&#8217;affects privés. Pour Stapel, la dichotomie directrice distingue donc les «Romains» des «Graeculi». Le parallèle avec Steding, qui opposait les défenseurs du Reich aux «neutres», est évident.</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Vouloir</em>, 119/121, juli-september, 1994, p. 37-38.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/la-contribution-a-il-regime-fascista-de-wilhelm-stapel.html' addthis:title='La contribution à Il Regime Fascista de Wilhelm Stapel ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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