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	<title>Centro Studi La Runa &#187; Ludwig Ferdinand Clauss</title>
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		<title>Julius Evola, des théories de la race à la recherche d&#8217;une anthropologie aristocratique</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Sep 2011 16:35:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Giovanni Monastra</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous abordons ici l'un des aspects les plus brûlants de l'œuvre de Julius Evola, principal représentant, en Italie, de la pensée «traditionnelle»: sa conception du racisme. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/julius-evola-des-theories-de-la-race-a-la-recherche-dune-anthropologie-aristocratique.html' addthis:title='Julius Evola, des théories de la race à la recherche d&#8217;une anthropologie aristocratique '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/evola48x48.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Julius Evola" /><br/><div style="text-align: justify;">
<p><img class="size-full wp-image-8380 alignright" style="margin: 10px;" title="evola" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/evola1.jpeg" alt="" width="191" height="256" />Nous abordons ici l&#8217;un des aspects les plus brûlants de l&#8217;œuvre de <a title="Julius Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola/">Julius Evola</a>, principal représentant, en Italie, de la pensée «traditionnelle»: sa conception du racisme. Il faut préciser d&#8217;emblée qu&#8217;il serait extrêmement réducteur de définir Evola comme un auteur «raciste». Il s&#8217;intéressa en effet à de très nombreux problèmes &#8211; de la morphologie de l&#8217;histoire aux doctrines métaphysiques orientales, de la philosophie idéaliste à l&#8217;art d&#8217;avant-garde, de la politologie à la critique de la civilisation moderne et de ses mythes -, pour ne parler que des principales recherche du penseur italien. Evola traita tous ces domaines en suivant le fil conducteur de la conception «traditionnelle» du monde, conception tirée des textes sacrés de la pensée métaphysique orientale et occidentale, et passée au crible de sa sensibilité personnelle, qui a marqué cette conception d&#8217;une empreinte toute particulière et, parfois, sans nul doute discutable. Avec son approche très personnelle du «racisme», Evola eut l&#8217;ambition d&#8217;appliquer la vision traditionnelle du monde, telle qu&#8217;il la comprenait, à un aspect particulier de la réalité: les différences existant entre les êtres humains, considérés soit individuellement, soit collectivement.On ne trouve pas, chez Evola, l&#8217;obsession paranoïaque typique des racistes à plein temps, pour lesquels tout doit être subordonné au mythe de la race, ramené de surcroît aux horizons étroits d&#8217;une des nombreuses idéologies «modernes», dans leurs variantes rationalistes aussi bien qu&#8217;irrationalistes. On ne peut pas non plus affirmer que l&#8217;auteur de <em>Révolte contre le monde moderne</em>ne s&#8217;intéressa au racisme que parce que le fascisme italien avait adopté, en 1938, une série de «lois raciales», ce que firent en revanche un certain nombre d&#8217;«intellectuels» médiocres, lesquels se découvrirent à l&#8217;improviste une profonde vocation raciste, dictée en réalité par la servilité la plus méprisable.En effet, attentif à tous les ferments politiques et culturels qui agitaient alors l&#8217;Europe, Evola avait déjà eu l&#8217;occasion d&#8217;exprimer bien avant 1938 ses idées sur le problème de la race, notamment en se penchant sur le phénomène national-socialiste: il suffira de mentionner, par exemple, ses deux articles <em>Il &#8220;mito&#8221; del nuovo nazionalismo tedesco</em> (1), paru dans la revue <em>Vita Nova</em> (VI, 11, novembre 1930), et <em>La &#8220;mistica del sangue&#8221; nel nuovo nazionalismo tedesco</em>, paru dans la revue <em>Bilychnis</em> (XX, 1, janvier-février 1931). Toute la pensée évolienne sur la question de la race se trouve déjà en germe dans ces écrits; elle sera développée ensuite avec cohérence, si l&#8217;on excepte certaines «chutes de niveau», souvent explicables par des motifs contingents. Voyons donc quels sont les fondements de la conception d&#8217;Evola à ce sujet, tels qu&#8217;il les a exposés principalement dans <em>Sintesi di dottrina della razza</em> (Milan, 1941), et secondairement dans <em>Il mito del sangue</em> (Milan, 1937), <em>Tre aspetti del problema ebraico</em> (Rome, 1936), <em>Indirizzi per una educazione razziale</em> (Naples, 1941) (2), ainsi que dans des articles parus, pour la plupart d&#8217;entre eux, dans les revues <em>La Vita Italiana</em>, <em>La Difesa della razza</em> et <em>Bibliografia fascista</em>. Il convient d&#8217;ajouter à cette liste l&#8217;introduction qu&#8217;Evola écrivit pour la réédition, due à Giovanni Preziosi, de la version italienne des <em>Protocoles des Sages de Sion </em>(Rome 1938). Il faut tout d&#8217;abord préciser que, pour Evola, le mot «race» est synonyme de «qualité» (le langage courant dit volontiers d&#8217;une personne distinguée qu&#8217;elle est «racée»: c&#8217;est une signification semblable que reprend Evola). Nous sommes donc en présence d&#8217;un attribut qualifiant l&#8217;être humain, non d&#8217;une entité collective, biologique, qui s&#8217;imposerait au premier plan. La «forme», en tant qu&#8217;élément actif, dynamique, individuant, représente l&#8217;essence même du très particulier «racisme» évolien. Dans cette perspective, essentiellement aristocratique, ce qui différencie et qualifie vaut plus que ce qui égalise: pour Evola, en effet, il n&#8217;y a égalité que lorsque prévaut une dimension amorphe, indifférenciée, obscure, qui constitue un «moins» par rapport à ce qui s&#8217;élève, se distingue, émerge avec une configuration spécifique, un visage propre. C&#8217;est l&#8217;opposition du <em>chaos</em> et du <em>cosmos</em>, de la passivité et de l&#8217;activité, de la matière et de l&#8217;esprit. L&#8217;anthropologie aristocratique d&#8217;Evola se caractérise par son fondement métaphysique, sa structure rigoureusement verticale et, en même temps, organique. Pour le penseur italien, l&#8217;homme n&#8217;est pas simplement un animal chanceux, qui se serait affirmé tout au long du processus d&#8217;évolution, ni un «serviteur» du Dieu chrétien, croyant en une <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione/">religiosité</a> jugée par Evola suspecte et évanescente parce que souvent ennemie du monde (le royaume de l&#8217;orgueil et du péché). Pour Evola, qui s&#8217;appuie sur les doctrines traditionnelles non chrétiennes, l&#8217;homme véritable, intégral, concentre en lui plusieurs dimensions, c&#8217;est une structure unitaire qui s&#8217;exprime à trois niveaux: biologique, psychique, spirituel. Comme l&#8217;a écrit Elemire Zolla, «une fois qu&#8217;on a établi les topographies de l&#8217;homme intérieur typiques des diverses cultures, on s&#8217;aperçoit avec étonnement qu&#8217;elles sont superposables. L&#8217;intériorité apparaît subdivisée de manière identique dans toutes les traditions, selon un archétype permanent (&#8230;) L&#8217;homme (&#8230;) tend à se subdiviser en un corps, une âme et un esprit (&#8230;) Tout ce qui est extérieur à l&#8217;homme, ne vaut et n&#8217;a de force spirituelle qu&#8217;en tant que cela renvoie à ce qui lui est intérieur» (3). L&#8217;anthropologie évolienne n&#8217;est donc pas le produit d&#8217;une pensée «originale» au sens moderne, individualiste, mais se rattache à une sagesse universelle, qui transcende le temps et l&#8217;espace, puisqu&#8217;elle se situe dans une dimension archétypale, au sens platonicien du terme. C&#8217;est une pensée «originelle»: elle ne remonte pas en arrière dans le temps, elle s&#8217;élève verticalement hors du temps, en direction du noyau transcendant où s&#8217;enracinent tous les aspects des sociétés dites «traditionnelles», donc en direction de la véritable origine de celles-ci.<strong></strong></p>
<p><em><strong>Race et personnalité spirituelle</strong></em></p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2867140463/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2867140463" rel="nofollow" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-7833" style="margin: 10px;" title="essais-politiques" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/essais-politiques1.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Le problème qui se pose éventuellement, dans cette optique, est de savoir si Evola n&#8217;a pas parfois «forcé» la signification de certaines doctrines traditionnelles, pour en tirer des conclusions discutables et très subjectives. Il faudrait en effet vérifier si Evola adopta une attitude «prudente» ou si, inversement, il appliqua à notre époque, de manière illégitime, des préceptes valables pour un monde qualitativement différent. Nous reviendrons sur ce point. Pour le penseur italien, l&#8217;homme ne vaut pas d&#8217;abord pris en soi, à l&#8217;égal d&#8217;un atome, d&#8217;un nombre, mais doit être considéré en tant que «membre d&#8217;une communauté» (<em>Sintesi</em>, p. 16). Il ne se qualifie pas en tant qu&#8217;«individu», mais en tant que «personne», en tant que porteur et détenteur de rapports organiques, horizontaux et verticaux, en tant qu&#8217;héritier de traditions. A la conception bourgeoise et illuministe de la culture comme élément cérébral, qu&#8217;on peut apprendre à son gré, à condition simplement de le vouloir et de posséder les capacités intellectuelles requises, Evola oppose les dons comportementaux, réputés fondamentalement innés: courage, fidélité, volonté, sens de l&#8217;honneur, etc. Il affirme que lorsque tout cela fait défaut, une intelligence brillante et une culture immense ne valent pas grand chose: privées d&#8217;un contenu éthique et spirituel, elles relèvent avant tout de l&#8217;aspect instrumental et mécanique de la totalité «homme» et doivent être placées, étant donné leur valeur moindre, dans une position hiérarchiquement subordonnée. Dans sa version «traditionnelle», le racisme, anti-individualiste, se veut donc aussi antirationaliste, mais au nom de facteurs suprarationnels et non pas de facteurs instinctifs et naturalistes, typiques, au contraire, des conceptions racistes en vogue dans les années trente. La race n&#8217;est pas réductible au seul domaine culturel ou rationnel, ni au domaine biologico-naturel. Cet ordre d&#8217;idées, très spécifique, entre évidemment en conflit avec de nombreux mythes enracinés dans la mentalité moderne.</p>
<p>La référence à la dimension transcendante conduit Evola à affirmer que les différences entre les hommes dérivent de causes intérieures, mais non dans un sens foncièrement naturaliste (même si l&#8217;aspect biologique doit être pris en compte à son niveau propre). Il faut par conséquent condamner toute conception scientiste qui substitue «à l&#8217;action mécanique du milieu (&#8230;) le fatalisme de l&#8217;hérédité» (<em>Sintesi</em>, p. 21). Il serait en effet dénué de sens de critiquer l&#8217;environnementalisme au nom d&#8217;une théorie qualitativement analogue, en restant prisonnier du déterminisme. Dans les deux cas, la personnalité ne serait guère plus qu&#8217;un simple mot, elle serait privée d&#8217;une véritable contrepartie dans la réalité. Le racisme entendu comme «matérialisme zoologique» ne marque donc pas un progrès par rapport à l&#8217;égalitarisme. Dans un article publié par <em>La Difesa della Razza</em> («Razza, eredità, personalità», 5 avril 1942) &#8211; le bimensuel dirigé par Telesio Interlandi, où furent parfois publiées des interventions vraiment ignobles, privées de toute dignité et de tout sérieux, destinées à dépeindre de façon aussi répugnante que possible les «ennemis de la race italienne» (<em>sic</em>), en particulier les Juifs -, Evola précisa très clairement sa pensée au sujet de la valeur de la personnalité dans une perspective raciale, contredisant notamment de nombreuses idées soutenues par le groupe dirigeant de la revue (composé, outre Interlandi, de Landra, Cipriani et Cogni). «L&#8217;hérédité raciale — écrivait Evola &#8211; peut (&#8230;) être comparée à un patrimoine réuni par les ancêtres et transmis à la descendance. Il n&#8217;y a pas de déterminisme, parce qu&#8217;est concédée à la descendance, à l&#8217;intérieur de certaines limites, une liberté d&#8217;usage à l&#8217;égard d&#8217;un tel patrimoine: on peut l&#8217;assumer, le renforcer, en tirer de telle ou telle façon le meilleur parti, tout comme on peut, inversement, le disperser et le détruire. De ce que lui a potentiellement transmis une hérédité aussi bien spirituelle que biologique, l&#8217;individu peut donc, dans la fidélité à sa race et à sa tradition, tirer la force pour atteindre une perfection personnelle et pour valoir comme une incarnation parfaite de l&#8217;idéal de toute une race ; ou bien il peut contaminer cet héritage, il peut le dissiper». A titre de conséquence, Evola souligne l&#8217;importance du rôle de la personnalité dans le domaine racial, donc la nécessité d&#8217;«éveiller un sens de la responsabilité bien précis chez l&#8217;individu». On a là un élément typique de la conception évolienne: le caractère fondamental, central, des choix de chaque être humain, le droit d&#8217;accepter ou de refuser, de dire oui ou non et, en même temps, le devoir de l&#8217;Etat de rendre l&#8217;individu conscient du sens de ses choix, mais sans les appels obsessionnels en faveur de mesures coercitives et violentes, appels si fréquents dans les argumentations des racistes de l&#8217;époque.</p>
<p>Ce que recherchait Evola, c&#8217;était principalement une révolution spirituelle radicale, une transformation des consciences. Il adoptait un antidéterminisme déclaré, se traduisant tant dans le refus de la conception mécaniciste de l&#8217;homme, qu&#8217;elle fût d&#8217;inspiration héréditariste ou environnementaliste, que dans le rejet du progressisme, entendu comme fatalisme optimiste appliqué à l&#8217;histoire, conception linéaire du devenir. Pour Evola, la doctrine de la race démolit l&#8217;idée d&#8217;un progrès continu de l&#8217;humanité, concept abstrait et fallacieux, et la remplace par une vision agonistique, polémologique (la lutte, l&#8217;ascension et le déclin des races), ouverte à l&#8217;influence de réalités transcendantes, «sur-naturelles». Evola oppose à la réduction de l&#8217;histoire à un seul sujet (l&#8217;humanité) et à un seul destin (le progrès), une conception plurielle; l&#8217;histoire est le fait de protagonistes irréductibles les uns aux autres (les grandes races), et elle est susceptible de connaître plusieurs issues, rien moins que prévisibles et évidentes (soit vers des cultures supérieures, soit vers la barbarie et le chaos). Evola oppose également à la moderne «idéologie économique», selon laquelle l&#8217;action humaine est déterminée, en dernière analyse, par des motivations utilitaires, mercantiles, un ensemble de luttes dont la racine la plus profonde réside dans la dimension spirituelle, dans des systèmes de valeurs antagonistes. Si la vérité, au niveau métaphysique pur, est une, pour Evola, quand elle se manifeste dans le monde sous diverses expressions formelles («différentes façons de concevoir les valeurs suprêmes»), elle assume les spécificités des races. Il s&#8217;ensuit qu&#8217;il faut sélectionner les contenus de la culture de chaque peuple et les «vérités» elles-mêmes (répétons-le: «vérités» dérivées, par adaptation aux lieux et aux temps de manifestation, de la Vérité une, d&#8217;ordre métaphysique, donc universelle et supra-raciale).</p>
<p>Selon Evola, il existe donc des «vérités» valables pour une race et non pour une autre. A ce sujet, Piero Di Vona, auteur de l&#8217;excellent essai <em>Evola e Guenon. Tradizione e civiltà</em> (Napoli 1985), voit dans la théorie évolienne une forme de «matérialisme masqué et transposé» (p. 19). A notre avis, on ne peut cependant parler que d&#8217;un relativisme des valeurs, d&#8217;ailleurs limité à la forme expressive de celles-ci. La critique évolienne de certaines formes ambiguës d&#8217;universalisme ne doit pas être confondue avec le refus de toute réalité supérieure qui transcende et unifie la multiplicité. Evola écrit: «Le vrai sens de la doctrine de la race, c&#8217;est en effet l&#8217;aversion pour ce qui est en dessous ou en deçà des différences, avec ses caractères d&#8217;indifférenciation, de généralité, de non-individuation; mais contre ce qui est effectivement au-dessus ou au-delà des différences, notre doctrine de la race ne peut avancer de sérieuses réserves» (<em>Sintesi</em>, p. 27). Dans <em>Eléments pour une éducation raciale</em>, Evola précise encore mieux sa pensée, mettant en évidence la limite qui s&#8217;impose à «la norme raciste de la &#8220;différence&#8221; et du déterminisme des valeurs de la race. Ce déterminisme est réel et décisif, même dans le domaine des manifestations spirituelles, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit des créations propres à un type &#8220;humaniste&#8221; de civilisation, c&#8217;est-à-dire de civilisations où l&#8217;homme s&#8217;est interdit toute possibilité de contact effectif avec le monde de la transcendance, a perdu toute véritable compréhension des connaissances relatives à un tel monde et propres à une tradition vraiment digne de ce nom. Lorsque, cependant, tel n&#8217;est pas le cas, lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de civilisations vraiment traditionnelles, l&#8217;efficience des &#8220;races de l&#8217;esprit&#8221; elle-même n&#8217;outrepasse pas certaines limites: elle ne concerne pas le contenu, mais uniquement les diverses formes d&#8217;expression qu&#8217;ont prises, chez tel ou tel peuple, dans tel ou tel cycle de civilisation, des expériences ou connaissances identiques et objectives en leur essence, parce que se rapportant effectivement à un plan supra-humain» (pp. 51-52). Il nous semble qu&#8217;il n&#8217;y a pas là trace de matérialisme, ni même de relativisme, de relativisme total s&#8217;entend. Pour Evola, les races ne constituent pas des monades fermées, mais présentent, du moins dans de nombreux cas, des interrelations qui excluent tout particularisme séparatiste, véritable transposition de l&#8217;individualisme au niveau des entités collectives.</p>
<p><em><strong>Esprit, âme, passions</strong></em></p>
<p>Voyons maintenant de façon plus détaillée la tripartition de l&#8217;être humain, qu&#8217;Evola emprunte à la pensée traditionnelle. L&#8217;esprit représente l&#8217;élément supra-rationnel et supra-individuel, l&#8217;âme la force vitale, l&#8217;ensemble des passions, les facultés de perception, le subconscient rattachant l&#8217;esprit au corps, qui est assujetti aux deux niveaux supérieurs. Evola définit comme suit le rapport existant entre les différents plans: «Tout en obéissant à des lois propres, qui doivent être respectées, ce qui dans l&#8217;homme est &#8220;nature&#8221; se prête à être l&#8217;organe et l&#8217;instrument d&#8217;expression et d&#8217;action de ce qui, en lui, est plus que &#8220;nature&#8221;» (<em>Sintesi</em>, p. 48). Dans la conception évolienne, la «race pure» n&#8217;est pas une réalité banalement biologique, comme dans la rhétorique nazie avec ses stéréotypes formés par les hommes blonds aux yeux bleus. Il y a «race pure» lorsqu&#8217;il y a transparence et harmonie parfaites entre le corps, l&#8217;âme et l&#8217;esprit, lorsque ce dernier a unifié et domine tout l&#8217;être humain. Evola situe au pôle opposé les «races de nature», dont le centre s&#8217;est déplacé, par dégénérescence, dans l&#8217;élément instinctuel-collectif, infra-personnel, devenu autonome et prépondérant. La forme religieuse de ces «races de nature» s&#8217;identifie au totémisme. Pour l&#8217;auteur traditionaliste, «dans le monde moderne, lorsque les peuples gardent encore, dans une large mesure, une certaine pureté raciale, c&#8217;est précisément dans cet état de demi-sommeil qu&#8217;elles se trouvent» (<em>Sintesi</em>, p. 54). Evola affirme qu&#8217;en dessous de ce niveau naturaliste, les races n&#8217;existent plus: il n&#8217;y a plus alors qu&#8217;un métissage indistinct et cosmopolite, anonyme, où même la «voix du sang» reste muette. Les «races de nature» semblent contredire parfois la conception involutive de l&#8217;histoire reprise par Evola, à savoir la doctrine des quatre âges. Nous venons de voir, en effet, que ces races sont considérées comme le fruit d&#8217;un processus de dégénérescence. A plusieurs reprises pourtant (cf. par exemple <em>Sintesi</em>, pp. 66-67), elles sont situées à l&#8217;origine, dans un lointain passé, dans une condition originelle, donc, en toute rigueur, qualitativement supérieure à la condition actuelle, du moins dans la perspective «traditionnelle». La pensée d&#8217;Evola reste étrangement confuse à ce sujet.</p>
<p>Au-delà des grandes races (blanche, jaune, etc.), Evola distingue six familles parmi les «Aryens»: les familles nordique, méditerranéenne, «falique», alpine, orientale, baltique, présentes, à des degrés divers, dans la composition des peuples de l&#8217;Europe contemporaine. Etant donné les connaissances de l&#8217;époque, on ne peut pas avancer d&#8217;objections sérieuses contre l&#8217;approche évolienne de la biologie et de l&#8217;anthropologie. Dans ses interventions sur ce sujet, Evola prouve qu&#8217;il possède une préparation théorique valable, tout en n&#8217;étant pas un spécialiste. Ses méprises ou ses erreurs proprement dites sont en effet très rares, et n&#8217;ont de toute façon pas d&#8217;incidence sur la logique de son discours. Naturellement, la pensée anthropologique moderne pourrait faire remarquer que la conception biologique des races reprise par Evola, a aujourd&#8217;hui été remplacée par une autre conception: une vision statistique des différences raciales s&#8217;est substituée à l&#8217;idée, trop étroite et rigide, des groupes humains propre à la culture scientifique de la première moitié du XXème siècle. Mais Evola n&#8217;est qu&#8217;accessoirement concerné par tout cela, qui excède la partie centrale de son discours «raciste».</p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2867140056/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2867140056" rel="nofollow" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-8376" style="margin: 10px;" title="julius-evola-lhomme-et-loeuvre" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/julius-evola-lhomme-et-loeuvre.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Pour ce qui est du second niveau, l&#8217;âme, l&#8217;auteur italien reprend certaines observations et analyses du «raciologue» allemand Ludwig Ferdinand Clauss, un marginal de la culture nationale-socialiste qui eut à subir les foudres du régime hitlérien dans les dernières années d&#8217;existence de celui-ci. Pour Clauss (et pour Evola), les races ne se caractérisent pas tant, sur le plan psychologique, par la possession de dons spécifiques à chacune d&#8217;elles, que par la diversité d&#8217;expression de traits comportementaux, c&#8217;est-à-dire par la manifestation de styles différents. La fidélité et l&#8217;héroïsme, par exemple, ne sont pas l&#8217;apanage d&#8217;une race particulière, ils appartiennent à toutes les races. Mais ils s&#8217;expriment différemment chez les Nordiques et les Méditerranéens ou, à un niveau plus général, chez les Blancs et les Jaunes. Nous sommes donc loin d&#8217;un thème cher à de nombreux racistes: l&#8217;attribution de certaines qualités à une seule race, à l&#8217;exclusion des autres. «Selon l&#8217;enseignement traditionnel antique &#8211; écrit Evola -, l&#8217;âme ne se ramène pas à ce qu&#8217;elle est pour la psychologie moderne, à savoir un ensemble d&#8217;activités et de phénomènes &#8220;subjectifs&#8221;, reposant sur une base physiologique; pour cet enseignement, l&#8217;âme est en fait une espèce d&#8217;entité autonome (&#8230;) elle a une existence propre, ses forces réelles, ses lois, son hérédité propre, distincte de l&#8217;hérédité purement physico-biologique» (<em>Sintesi</em>, p. 120.) Il existe donc «deux courants distincts d&#8217;hérédité, l&#8217;un du corps et l&#8217;autre de l&#8217;âme» (<em>Sintesi</em>, p. 121), qui relèvent tous deux des dimensions horizontales de la réalité. L&#8217;un peut influencer l&#8217;autre; parfois, à des époques de décadence, les deux courants peuvent diverger et finir par s&#8217;opposer. Cependant, précise Evola, «l&#8217;unité des différents éléments ne se produit pas par hasard, ou sous l&#8217;effet de lois automatiques, mais en fonction de liaisons analogiques et électives» (<em>Sintesi</em>, p. 122). Il serait privé de sens de considérer ce rapport dans une optique mécaniciste et déterministe.</p>
<p>Au troisième niveau interviennent les «races de l&#8217;esprit». Evola complète ici les connaissances «traditionnelles» par la typologie qu&#8217;avait établie l&#8217;historien des <a title="religions" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione/">religions</a> de l&#8217;<a title="antiquité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/storia-antica/">Antiquité</a> Johann Jakob Bachofen; il distingue donc les «races de l&#8217;esprit» solaire, lunaire, dionysiaque, titanique, tellurique, amazonienne et aphrodisienne. L&#8217;élément spirituel, présent avec une pureté maximale dans la race solaire, caractérisée par un calme «olympien», un sentiment de «centralité» et de fermeté inébranlable, s&#8217;atténue peu à peu et devient de moins en moins central et limpide en passant aux autres races, pour atteindre son obscurcissement maximal chez les êtres telluriques et aphrodisiens, en dessous desquels se trouvent, dans la conception évolienne, les «races de nature», fermées à toute transcendance. Irrationalité, élémentarité aveugle, sensualité déréglée, fatalisme, passivité de l&#8217;esprit: tels sont les traits de la décadence intérieure, certains étant présents dans la race tellurique, d&#8217;autres dans la race aphrodisienne.</p>
<p>Ces composantes «raciales» constituent l&#8217;hérédité verticale de l&#8217;homme, qui tend à dominer en lui les deux autres courants d&#8217;hérédité, ceux de type horizontal: le courant de l&#8217;âme et le courant du corps. Au sujet de l&#8217;époque contemporaine, Evola souligne que les différentes «races de l&#8217;esprit» figurent toutes, à des degrés divers, chez les peuples «aryens». Parmi ces derniers, étant donné leur état d&#8217;extrême déchéance, seule une recherche attentive permet de découvrir des caractères «olympiens» ou spirituellement élevés. Il s&#8217;agit toujours, de toute manière, de cas particuliers, de personnalités hors du commun, appartenant même parfois aux couches sociales les plus modestes. Rien d&#8217;analogue ne saurait être établi au niveau collectif, où la situation se présente comme un mélange de «races de nature» et de chaos ethnique cosmopolite. Parlant de la spiritualité «aryenne» pure, non déchue, Evola fait référence à la doctrine hindoue des trois <em>gunas</em> (<em>sattva</em>, <em>rajas</em> et <em>tamas</em>), conditions de l&#8217;existence universelle auxquelles sont soumis tous les êtres manifestés et qui en déterminent les aspects qualitatifs les plus profonds. Mais l&#8217;exposé évolien de la doctrine traditionnelle devient ici tendancieux et inexact: la qualité <em>rajas</em>, par exemple, est dite «ascendante», alors que ce terme sanscrit connote en fait l&#8217;idée d&#8217;«expansion» dans un sens horizontal (cf. <em>Sintesi</em>, p. 179). L&#8217;objectif d&#8217;Evola consiste à poser une analogie entre les caractéristiques spirituelles supposées typiques des «Aryens» (calme, style sévère, clarté, maîtrise de soi, sens de la discipline, etc.) et la qualité <em>rajas</em>. Mais il nous semble qu&#8217;ici, tant en raison du malentendu signalé à propos du mot <em>rajas</em> que de certains rapprochements imprudents, exclusifs et arbitraires, le discours évolien est, du point de vue «traditionnel», très faible.</p>
<p>Beaucoup plus convaincante est la théorisation faite par Frithjof Schuon au terme d&#8217;une analyse mesurée et équilibrée des données traditionnelles (cf. <em>Castes et races</em>, 2ème éd., Archè, Milan 1979). Bien que se limitant aux grandes races (blanche, jaune et noire), cet auteur fait ressortir que celles-ci &#8211; placées dans un rapport d&#8217;analogie avec le feu, l&#8217;eau et la terre, donc avec des éléments qu&#8217;il faut entendre symboliquement &#8211; possèdent toutes un noyau de spiritualité pure, dès lors, du moins, qu&#8217;on considère ces races à l&#8217;état normal, non dans un état de déchéance et d&#8217;obscurcissement. A l&#8217;opposé de certaines formules simplistes d&#8217;Evola sur les Noirs, réputés «inférieurs», Schuon écrit: «L&#8217;élément &#8220;terre&#8221; a les deux aspects de pesanteur ou d&#8217;immobilité (<em>lamas</em>) et de fertilité (<em>rajas</em>), mais il s&#8217;y ajoute aussi, par les minéraux, une possibilité lumineuse, que nous pourrions appeler la &#8220;cristalléité&#8221; (<em>sattva</em>); la spiritualité des Noirs a volontiers une allure de pureté statique, elle met en valeur ce que la mentalité nègre a de stable, de simple et de concret» (<em>op. cit.</em>, p. 52). Dans cette perspective, il est évident que la hiérarchie posée par Evola entre les races aryennes «supérieures» et les races non aryennes «inférieures», fut à la fois influencée par les mythes de l&#8217;époque à laquelle il vécut et fortement «instrumentalisée». La Tradition n&#8217;y entre que pour bien peu.</p>
<p>Autre concession à l&#8217;esprit du temps, chez Evola: le fait de traduire, avec trop de sûreté, le terme <em>ârya</em> par «noble», sur la base de l&#8217;interprétation de vieilles inscriptions et de vieux textes, comme s&#8217;il n&#8217;était pas très courant de voir de nombreux peuples archaïques s&#8217;autodéfinir en termes élogieux! Sur ce point, la prudence adoptée par Benveniste paraît très justifiée; cet auteur opte d&#8217;ailleurs pour une traduction moins «tranchée», simplement destinée à indiquer le substrat ethnique commun (4).</p>
<p><em><strong>Contre l&#8217;illusion de la pureté raciale</strong></em></p>
<p>Il y eut en revanche un point sur lequel Evola soutint des thèses allant résolument à contre-courant: celui des croisements entre individus de races différentes, croisements qu&#8217;il jugea positifs dans certains cas, comme stimulant pour la manifestation des meilleures qualités innées de la personnalité. Contre l&#8217;illusion d&#8217;une pureté raciale spirituellement stérile, parce qu&#8217;analogue à l&#8217;élevage et au dressage de certaines espèces animales, Evola indique une perspective dynamique et ouverte aux croisements entre «races» ayant un commun dénominateur minimum en tant qu&#8217;elles appartiennent à la même «grande race» (blanche, jaune ou noire). Dans ce cas, on ne s&#8217;orienterait pas vers le chaos ethnique, mais vers la réintégration, dans la personne même, d&#8217;éléments positifs dispersés dans plusieurs «races» ou vers le réveil de qualités assoupies, que la présence de facteurs nouveaux pourrait en quelque sorte défier et mettre à l&#8217;épreuve. Il y a plus de possibilités d&#8217;élévation là où existent des tensions, fussent-elles dangereuses, que là où est en vigueur une condition d&#8217;opacité et de fermeture statique, spirituellement et psychologiquement néfastes. En définitive, pour Evola, ce qui ne cesse de prévaloir sur tous les autres plans, c&#8217;est la force plasmatrice de l&#8217;idée, entendue au sens platonicien, et relevant donc du domaine des «races de l&#8217;esprit».</p>
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<p>La crise spirituelle que traversèrent les Juifs donna lieu à une «décomposition» de leur tradition originelle, d&#8217;où dériva le judaïsme «moderne», dominé par un élément «infernal» (7). «Le sémitisme, de la sorte, finit par devenir synonyme de cet élément infernal, que toute grande culture &#8211; même la culture hébraïque dans sa très ancienne période royale &#8211; a soumis à sa volonté de se réaliser en tant que cosmos contre le chaos». (<em>Tre aspetti</em>, p. 29). Rappelons que si Evola fait remonter le début de la crise spirituelle du judaïsme à l&#8217;époque où la figure du «voyant» fut remplacée par celle du «prophète» &#8211; signe de l&#8217;apparition d&#8217;une spiritualité décomposée et suspecte -, René Guenon, pour sa part, reconnut dans le peuple juif la présence d&#8217;un aspect dissolvant et antitraditionnel, qui s&#8217;expliquerait selon lui par le «nomadisme dévié», lui-même indissociable de la destruction du Temple de Salomon. Après cet événement, la tradition hébraïque se retrouva irrémédiablement incomplète, privée de son centre normal, le Temple, seul susceptible d&#8217;entraver ce «nomadisme». S&#8217;inspirant visiblement de Weininger, Evola écrit qu&#8217;« on peut même faire abstraction de la référence à la race au sens strict, pour parler d&#8217;un sémitisme dans l&#8217;universel, c&#8217;est-à-dire d&#8217;un sémitisme comme attitude typique par rapport au monde spirituel» (<em>Tre aspetti</em>, pp. 27-28).</p>
<p><em><strong>Judaïté et «forma mentis»</strong></em></p>
<p>La judaïté étant élevée au rang de catégorie de l&#8217;esprit humain (comme lorsqu&#8217;on parle, par exemple, de la «mentalité bourgeoise», mais dans une acception bien plus superficielle), Evola estime qu&#8217;elle se caractérise par des facteurs comme le mysticisme imprégné de pathos, le messianisme, le sentiment de la «faute» et le besoin d&#8217;«expiation», l&#8217;humiliation de soi, l&#8217;intolérance religieuse des «serviteurs de Dieu», l&#8217;agitation fébrile et sombre. A ses yeux, le romantisme de l&#8217;âme moderne -névrotique, anarchique, activiste, vitaliste &#8211; est un exemple de «judaïsme de l&#8217;esprit». Si l&#8217;on se rappelle que l&#8217;Allemagne a été le berceau de ce phénomène, on imaginera sans peine combien certaines idées évoliennes étaient inassimilables par les nationaux-socialistes, fortement influencés par de nombreux aspects du romantisme. Tout en voyant dans le Juif complètement sécularisé un vecteur du matérialisme, de l&#8217;économisme et du rationalisme modernes, Evola n&#8217;en fit pas la cause de la décadence, mais un élément de celle-ci, lui-même victime, en dernière analyse, d&#8217;un très vaste processus de dissolution: donc un instrument aveugle et souvent inconscient. Pour le penseur italien, l&#8217;action du judaïsme sécularisé dans le monde moderne fait penser à « une substance, qui exprime une action négative de par sa nature même, c&#8217;est-à-dire sans précisément le vouloir, comme le fait de brûler est propre au feu (&#8230;) Loin de rapporter au peuple juif la direction consciente d&#8217;un plan mondial, comme le voudrait un mythe antisémite trop fantaisiste, nous avons tendance à voir, dans un certain instinct juif d&#8217;humiliation, de dégradation et de dissolution, la force qui, à certains moments historiques, a été utilisée pour la réalisation d&#8217;une trame bien plus vaste, dont les fils ultimes sont antérieurs aux événements apparents, ainsi qu&#8217;au niveau où entrent en jeu les énergies simplement ethniques» (<em>Tre aspetti</em>, pp. 43-44). Par conséquent, pour Evola, «ce qu&#8217;il faut vraiment combattre, ce n&#8217;est pas tant le Juif proprement dit qu&#8217;une <em>forma mentis</em> qu&#8217;on peut appeler par analogie, si l&#8217;on veut, &#8220;judaïque&#8221;, mais qui ne cesse pas d&#8217;être présente même là où il serait impossible de retrouver ne serait-ce qu&#8217;une goutte de sang sémite» (<em>Tre aspetti</em>, p. 57). On le voit une fois de plus: ce sont en fait les thèses de Weininger sur la judaïté comme «possibilité de l&#8217;âme» qui reviennent ici. Suivant avec cohérence cette façon de voir les choses, Evola ne souhaite pas des mesures violentes et coercitives, mais une action d&#8217;ordre spirituel pour que les peuples «aryens» reviennent à leur tradition la plus profonde et la plus rigoureuse; seule une révolution de ce genre aurait pu empêcher, selon Evola, d&#8217;autres écroulements dans le cadre d&#8217;une décadence de plus en plus grave.</p>
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<p><em><strong>«Il n&#8217;y a pas de déterminisme absolu»</strong></em></p>
<p>En dépit donc de quelques graves «chutes de niveau», qui obligent à poser un regard très critique sur certains aspects de la doctrine évolienne de la race, il n&#8217;en est pas moins vrai que celle-ci est sous-tendue par un fil conducteur d&#8217;une indiscutable dignité intellectuelle, qui peut être rapprochée de l&#8217;attitude de <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/rene-guenon/">Guénon</a></span>. Celui-ci, certes plus détaché qu&#8217;Evola, s&#8217;accordait cependant avec lui pour souligner que l&#8217;obsession de vouloir toujours personnifier, dans les Juifs ou d&#8217;autres agents physiquement identifiables, les forces de l&#8217;Antitradition, révélait combien la superstition de la «méthode historique», fondée sur des documents «concrets», seuls réputés crédibles, était également répandue dans les milieux antisémites (cf. la recension, par <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/rene-guenon/">Guénon</a></span>, de <em>I Protocolli dei Savi Anziani di Sion</em>, version italienne avec introduction de J. Evola, dans la revue <em>Etudes traditionnelles</em>, janvier 1938).</p>
<p><a href="://www.amazon.fr/gp/product/2825109762/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2825109762" rel="nofollow" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-8378" style="margin: 10px;" title="julius-evola-collectif" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/julius-evola-collectif.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Mais pour bien comprendre la pensée évolienne à ce sujet, il faut mettre en évidence un point important: on a vu qu&#8217;en matière d&#8217;«hérédité raciale», Evola insiste sur la responsabilité active de l&#8217;individu par rapport à cette hérédité, qui doit être assumée et, en cas de contradictions internes, développée de manière sélective. Il faut faire affleurer les meilleurs éléments, sous l&#8217;angle spirituel et psychologique, tout en adhérant au filon central de l&#8217;hérédité propre. Or, il semblerait que cet impératif disparaisse dans le cas des Juifs, qui agiraient dans l&#8217;histoire, du moins postérieurement à leur crise spirituelle entamée avec le prophétisme, dans un état d&#8217;inconscience médiumnique. Bien que singulière, cette exception au sein de la vision évolienne globale ne se ramène pas pour nous à une simple contradiction interne. Naturellement, on entre ici dans le domaine des hypothèses sur le contenu implicite des thèses d&#8217;Evola. Celui-ci a souligné qu&#8217;un peuple d&#8217;origine nordique, les Philistins, est entré dans la composition du peuple juif: détail qui paraît insignifiant, mais qui ne l&#8217;est pas si l&#8217;on considère que, pour Evola, les différents filons héréditaires sont ineffaçables, spécialement sur le plan spirituel et psychologique. Si l&#8217;on ajoute à cela l&#8217;impératif du choix de l&#8217;hérédité dans le mélange d&#8217;atavismes que la plupart des hommes modernes portent en eux, il semble bien que le penseur italien accorde au peuple juif une possibilité de «rachat». Il faut en effet le redire: il n&#8217;y a pas, pour Evola, de déterminisme absolu. Et en faisant collaborer le poète juif Karl Wolfskehl, qui avait appartenu au cercle de Stefan George, à sa page culturelle <em>Diorama filosofico</em>, Evola démontra concrètement l&#8217;existence, à ses yeux, de cette possibilité de «rachat».</p>
<p>La «dé-responsabilisation» joue donc ici un double rôle : d&#8217;une part, en accord avec une cosmohistoire réellement métaphysique, le niveau des responsabilités est situé en profondeur, sur un plan non humain, étant donné l&#8217;ampleur du phénomène de subversion antitraditionnelle; de l&#8217;autre, les Juifs font figure, en dernière analyse, de «victimes» plus que de «bourreaux», par opposition au discours antisémite fantasmatique, qui les a criminalisés en tant que tels dès les origines les plus reculées.</p>
<p>A ceux qui ont connu les démoniaques persécutions nazies, la position évolienne pourra sans doute apparaître comme également dangereuse et inacceptable. Si l&#8217;on tient compte du contexte culturel et historique de l&#8217;époque, cette position n&#8217;en mérite pas moins une considération bien supérieure à celle qu&#8217;on doit réserver aux autres conceptions racistes. Nous disons cela, en considérant non seulement le désintéressement profond et la transparence de l&#8217;œuvre évolienne qui, comme nous le verrons plus loin, resta isolée et souvent opposée à celles des autres racistes, mais aussi certains aspects proposi-tionnels de la pensée d&#8217;Evola, qui valent au-delà de tout contexte racial, discriminatoire ou hiérarchique, et qui ont pour seul objectif la réappropriation et la défense des identités ethnoculturelles.</p>
<p>Le cadre de l&#8217;anthropologie aristocratique formulée par le penseur traditionaliste ayant ainsi été précisé, voyons à présent quelles furent les relations d&#8217;Evola avec les autres courants racistes ou simplement antisémites de son temps: les païens «mystiques», les biologistes et les catholiques. A l&#8217;égard des premiers, Evola formula dès la seconde moitié des années trente de sérieuses réserves dans plusieurs articles bien documentés publiés, non seulement dans des publications que nous avons déjà citées, comme <em>Vita Nova</em> et <em>Bilychnis</em>, mais aussi dans d&#8217;autres revues comme <em>La Vita italiana</em> ou <em>Bibliografia fascista</em>. Comme on le sait, le mouvement païen à nuance mystique se développa au sein du national-socialisme principalement autour d&#8217;Alfred Rosenberg, auteur du très fantaisiste <em>Mythe du XXe siècle</em> (11). Les critiques formulées par Evola au sujet des idées de ce groupe sont, pour l&#8217;essentiel, au nombre de trois et visent à démasquer le fond moderniste implicite qui caractérise ce néopaganisme. Parmi les aspects les plus contradictoires de ce courant, Evola dénonce en premier lieu le nationalisme jacobin, niveleur et totalitaire, préconisé par Rosenberg et son entourage, puis son immanentisme naturaliste, aussi nébuleux qu&#8217;ambigu, et enfin son rationalisme scientiste. Dans un certain sens, le racisme néopaïen du national-socialisme a constitué une sorte d&#8217;avatar du totémisme propre à l&#8217;Europe du XXème siècle, une sorte de redéfinition «moderne» de ce totémisme sous la forme d&#8217;un «matérialisme divinisé». Ici, le rôle central revient au mythe du sang, entité apparemment biologique mais qui exprime en fait une trouble réalité mystico-collectiviste — d&#8217;où précisément la référence évolienne au totémisme. Dans ce racisme, écrit Evola, «nous avons une émergence du substrat prépersonnel, indifférencié, d&#8217;une souche qui, en tant qu&#8217;âme de la race, acquiert une auréole mystique, s&#8217;arroge un droit souverain et ne reconnaît de valeur à l&#8217;esprit, à l&#8217;intellectualité et à la culture, que dans la mesure où ceux-ci peuvent être transformés en instruments au service d&#8217;une entité politique temporelle» (12).</p>
<p><em><strong>L&#8217;involution du néopaganisme</strong></em></p>
<p>Dans cette conception néopaïenne, la personnalité se trouve dissoute, puisque toutes les capacités individuelles, même celles qui sont qualitativement supérieures, sont systématiquement rapportées à la race, entendue comme entité collective d&#8217;inspiration mystique. La personnalité devient ainsi un simple réceptacle, passif et subordonné — en fait un fantôme ou une marionnette. Pour Evola, une telle perspective était évidemment inadmissible. Aussi sa critique de l&#8217;irrationalisme et de l&#8217;instrumentalisation d&#8217;une telle idéologie raciste resta-t-elle toujours absolue, même à l&#8217;époque de l&#8217;Axe Rome-Berlin, sans la moindre hésitation, ambiguïté ni considération de contingence ou d&#8217;opportunité politique. En fait, pour le penseur italien, le racisme mystique allemand se borne à reprendre l&#8217;antique conception du monde et du sacré propre aux peuples européens préchrétiens en restant dans l&#8217;optique des déformations que lui fit subir l&#8217;apologétique chrétienne, laquelle créa précisément le terme péjoratif de «paganisme» et chercha à anéantir les <a title="religions" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione/">religions</a> auxquelles elle s&#8217;opposait en les dénigrant et en les confondant les unes avec les autres. Ainsi, le néopaganisme germanique est-il devenu une caricature des anciennes conceptions spirituelles, solaires et ouraniennes, propres au type <a title="indo-européen" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei/">indo-européen</a>, véhiculant, outre diverses superstitions «modernes», certaines déviations typiques de l&#8217;âme allemande (fatalisme profond, vitalisme, <em>pathos</em> romantique) qui, aux yeux d&#8217;Evola, témoignent d&#8217;un dangereux état d&#8217;involution. Typique à cet égard est le propos d&#8217;Ernst Bergmann, l&#8217;un des «théoriciens» de ce courant, lorsqu&#8217;il affirme que «la croyance en un monde supra-sensible, en un monde situé au-delà du sensible, relève de la schizophrénie, car seul le schizophrène voit double» (13). Mais ce néopaganisme altère aussi gravement la conception du droit, laquelle se dégrade pour devenir «un mélange de jusnaturalisme, de protestantisme et d&#8217;optimisme primitiviste. En son centre se trouve l&#8217;idée qu&#8217;une race est déjà à l&#8217;état de nature plus ou moins supra-naturelle, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elle inspire à tous ses membres, avec la spontanéité d&#8217;une sorte d&#8217;instinct animal, une perception directe et bien assurée d&#8217;un ordre de valeurs donné (&#8230;) La théorie des lumières naturelles de Rousseau rejoint donc ici la théorie luthérienne de l&#8217;expérience directe du divin pour annoncer comme un augure la vertu miraculeuse du sang pure» (14). Evola souligne également la «dépréciation raciste de l&#8217;idée d&#8217;Etat et de la valeur éthique et juridique de celui-ci, dépréciation qui découle d&#8217;ailleurs logiquement des prémices optimistes et naturalistes de la théorie, car la fonction d&#8217;organisation, d&#8217;éducation et de domination par le haut qui caractérise l&#8217;Etat ne peut être que plus ou moins rejetée dans un contexte où le peuple ou la race est posé comme un tout doté de rationalité et capable par lui-même d&#8217;une perception directe des valeurs éthiques et sociales» (15). Evola voit là comme un croisement, sur le plan politique, du racisme et du socialisme, qui ne peut qu&#8217;aboutir à un impérialisme pangermaniste de tendance collectiviste.</p>
<p><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2825111252/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2825111252" rel="nofollow" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-8379" style="margin: 10px;" title="julius-evola-lippi" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/julius-evola-lippi.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Evola n&#8217;épargne donc presque aucun aspect des théories néopaïennes, dont il critique d&#8217;ailleurs aussi les «grands précurseurs», comme Gobineau, Woltmann, Chamberlain ou Lapouge, en faisant apparaître le caractère inconsistant de leur critique de l&#8217;universalisme chrétien, critique fondée sur une confusion entre l&#8217;idée d&#8217;unité et celle d&#8217;uniformité, et en dénonçant l&#8217;absurdité d&#8217;un antichristianisme alimenté par des mythes progressistes (Renaissance, science, technologie) présentés avec exaltation comme autant d&#8217;expressions de l&#8217;«âme aryenne». De nombreux milieux nazis manifestèrent de leur côté la même aversion pour Evola, qu&#8217;ils regardèrent avec méfiance et dont ils boycottèrent l&#8217;influence culturelle en Allemagne, en voyant en lui un personnage obnubilé par des préjugés féodaux et réactionnaires bien éloignés du national-socialisme et du fascisme (16), ou bien encore un catholique, hostile à la théorie de l&#8217;évolution, dont la pensée était la preuve même de l&#8217;«infériorité» du niveau spirituel italien (17). Ceux qui, encore aujourd&#8217;hui, s&#8217;obstinent à rejeter Evola dans l&#8217;abîme des idéologies nationalistes totalitaires des années trente seraient bien inspirés de tenir compte de ces sévères condamnations émanant justement de représentants qualifiés desdites idéologies.</p>
<p>Evola a pareillement entretenu des rapports fort polémiques avec les tenants du racisme biologique, c&#8217;est-à-dire avec les scientifiques pour qui les races n&#8217;étaient qu&#8217;une affaire de gènes et de chromosomes. Dans ce cas, il ne s&#8217;agissait d&#8217;ailleurs pas seulement des auteurs allemands (Lenz, Fisher, etc.), mais aussi de chercheurs italiens, comme par exemple Guido Landra et Lidio Cipriani, qui avaient alors le soutien de personnages comme Giorgio Almirante — le futur secrétaire du Mouvement social italien (MSI) — ou comme Giulio Cogni, dont les «idées», mélange de racisme dur et d&#8217;idéalisme gentilien très caractéristique des confusions de l&#8217;époque, avaient été également critiquées par Evola (18). Dans ces «penseurs», Evola voit avant tout des matérialistes réductionnistes, enivrés par le mythe de la science et abreuvés de positivisme, et par conséquent incapables de comprendre correctement le rapport de «cause» à «effet» existant entre les différents éléments qui interviennent au niveau de la «race».</p>
<p>Pour sa part, Evola affirme avec force qu&#8217;on ne peut faire dériver le supérieur de l&#8217;inférieur, c&#8217;est-à-dire, en l&#8217;occurrence, expliquer les qualités spirituelles par le patrimoine génétique. Or, c&#8217;est de la science que se réclament les racistes «purs», qui ne supportent pas les remarques de ceux pour la biologie ne peut pas expliquer la totalité des faits humains: «Pour couper court aux critiques qui leur sont adressées d&#8217;un point de vue philosophique et spirituel, ils se retranchent avec arrogance dans le domaine de la science et des faits confirmés, alors même qu&#8217;ils ne retiennent que ce qu&#8217;ils veulent de cette science et ne considèrent, parmi les faits positifs, que ceux qui s&#8217;accordent avec leurs idées plus ou moins préconçues, substituant ainsi leurs propres mots d&#8217;ordre à ceux que pourrait leur suggérer la prudence scientifique» (19). «Les partisans du racisme scientifique, écrit encore Evola, voudraient que les lois de l&#8217;hérédité aient chez l&#8217;homme un caractère déterministe absolu et, en même temps, ils admettent des promesses qui en constituent l&#8217;exacte contradiction» (20) sans d&#8217;ailleurs même s&#8217;en rendre compte, étant donné leur tendance à une approche a priori des données expérimentales. Les «promesses» dont parle ici Evola sont notamment les mutations du patrimoine génétique, événements imprévisibles susceptibles d&#8217;affecter considérablement le phénotype individuel et de se transmettre par l&#8217;hérédité. La «contradiction», pour Evola, réside dans le fait que de telles mutations pourraient être parfois provoquées par des facteurs autres que ceux d&#8217;ordre physico-matériel, éventualité qui apparaît alors en nette opposition à tout schéma déterministe et mécaniciste fondé sur un casualisme linéaire et unidimensionnel. Certains souriront sans doute ici, jugeant l&#8217;hypothèse évolienne plutôt naïve et relevant même du miracle. Pourtant, il nous paraît difficile de nier la cohérence de cette hypothèse par rapport à un discours de type «traditionnel», dont les fondements ne sont certainement pas moins valables ni logiques que ceux qui sont à la base du discours scientiste. Dans le domaine des pures hypothèses, aucune de celles-ci ne peut d&#8217;ailleurs être écartée. Mais en fait, Evola n&#8217;avait pas tant l&#8217;intention de rejeter les apports de la recherche scientifique que de tenter de les insérer dans un cadre plus vaste. Pour lui, les lois de Mendel, l&#8217;anthropologie physique, la génétique sont insuffisantes pour traiter la question des races, laquelle doit avant tout relever d&#8217;une approche éthique et spirituelle afin de ne pas se réduire à une théorie de type zoologique. La biologie doit donc être mise au service de finalités et de projets de grande ampleur qui la dépassent, malgré les limitations que lui imposent, à quelques exceptions près, d&#8217;inspiration orga-niciste et aristotélicienne (Driesch, Dacqué, etc.), le préjugé évolutionniste et le mécanicisme physica-liste. Lors de la polémique qui l&#8217;a opposé de façon plus ou moins directe à Guido Landra et ses semblables, Evola écrivait: «L&#8217;esprit, pour nous, ne signifie ni divagation philosophique, ni théosophie, ni évasion mystique ou dévote, mais simplement ce qu&#8217;en d&#8217;autres époques toute personne bien née a toujours compris en parlant de race, c&#8217;est-à-dire la droiture, l&#8217;unité intérieure, le caractère, la dignité, la virilité, la sensibilité immédiate et directe vis-à-vis des valeurs qui sont à la base de toute grandeur humaine et qui dominent en le dépassant le plan de toute réalité contingente et matérielle. Quant à la race qui n&#8217;est en fait qu&#8217;une construction scientiste, une figure de musée anthropologique, nous l&#8217;abandonnons à cette partie de la bourgeoisie pseudointellectuelle qui est encore l&#8217;esclave des idoles positivistes du XIXe siècle» (21).</p>
<p>Aux critiques d&#8217;Evola, Guido Landra répondit par un article dont le ton oscillait entre le <em>pathos</em>, la surprise et l&#8217;indignation, et dans lequel il reprochait au théoricien du «racisme tripartite» de s&#8217;attaquer injustement aux «pauvres racistes de la première heure», coupables de soutenir des idées trop orthodoxes (22). Landra qualifiait de «puérile» et de ne méritant que la risée la critique dirigée par Evola contre les théories biologistes. Après quoi il contre-attaquait en affirmant que «des biologistes ne peuvent que rester perplexes quand ils entendent parler de races du corps, de l&#8217;âme et de l&#8217;esprit, qui se manifesteraient indépendamment les unes des autres». Et de conclure: «Si pour les spiritualistes les termes de biologisme et de scientisme ont une signification péjorative, nous leur répondrons que ce sera désormais pour nous un grand honneur d&#8217;être qualifiés de racistes biologistes et de scientistes». C&#8217;était évidemment un dialogue de sourds. Evola, toutefois, ne chercha nullement à se dérober et répondit à Landra par un autre article, dans lequel il l&#8217;accusait à nouveau de simplisme et de réductionnisme, erreurs découlant selon lui d&#8217;une mentalité de laboratoire ou d&#8217;éleveur appliquée à l&#8217;homme, y compris pour ce qui concerne les aspects les plus importants de son existence en communauté, comme par exemple le problème de la sélection des aristocraties (23).</p>
<p>Cette polémique publique entre les partisans de l&#8217;une et l&#8217;autre conception &#8211; au cours de laquelle Almirante intervint en faveur de Landra (24) -s&#8217;acheva par le constat réciproque d&#8217;une incompatibilité s&#8217;étendant jusqu&#8217;à la terminologie, qui avait déjà contraint Evola à interrompre depuis plusieurs mois sa collaboration à la revue <em>La difesa della razza</em>. Il est intéressant, à ce propos, de noter que ce n&#8217;est pas seulement Landra, mais bien d&#8217;autres «intellectuels» fascistes orthodoxes qui, à cette occasion, manifestèrent leur hostilité au «racisme tripartite» d&#8217;orientation traditionnelle. Parmi ces tenant d&#8217;un racisme «pur et dur», on trouve notamment Ugoberto Alfassio Grimaldi, qui deviendra communiste après la guerre et qui n&#8217;hésitait pas alors à déclarer que «le racisme de Julius Evola aboutit, après bien des efforts en sens contraire, à une forme singulière d&#8217;antiracisme» (25) — une erreur assurément singulière pour un auteur exposé dans l&#8217;Italie antifasciste à une accusation exactement inverse! Evola répondit d&#8217;ailleurs de façon précise et très argumentée à Alfassio Grimaldi (26).</p>
<p><em><strong>Elucider le sens et le contenu des concepts</strong></em></p>
<p>Pour finir, nous mentionnerons encore une critique de fond formulée par le penseur traditionaliste à l&#8217;encontre de tout l&#8217;édifice théorique du «racisme» fasciste officiel, critique qui s&#8217;en prenait cette fois à la notion absurde d&#8217;une fantomatique «race italienne». En effet, remarquait Evola, «une nation uniquement composée d&#8217;éléments purs d&#8217;une seule race», cela n&#8217;existe pas: «Différentes races sont présentes dans toutes les nations existantes aujourd&#8217;hui (&#8230;) Il faut considérer les nations en tant qu&#8217;entités mixtes, en tant que lieux d&#8217;interférence de plusieurs races, non seulement du corps mais aussi de l&#8217;esprit, races qui se révèlent dans la diversité des flux culturels et civilisationnels intervenus au cours de leur formation» (27). L&#8217;identification du peuple et de la race, théorisée notamment par Giacomo Acerbo, n&#8217;est donc pour Evola qu&#8217;un nouvel avatar des vieilles idées historicistes du XIXe siècle, qui voient dans la nation une structure unitaire au lieu de la comprendre, de façon plus réaliste, comme un ensemble composite, réalisé au cours de l&#8217;histoire, de mouvements autonomes et souvent contradictoires au sein desquels on peut seulement discerner, en faisant une rigoureuse sélection des hérédités, des traditions profondes.</p>
<p>Dans cette bataille visant à élucider, non seulement le sens des concepts, mais également leur contenu, Evola ne s&#8217;en savait pas moins extrêmement isolé, puisqu&#8217;il pouvait constater que les catholiques eux-mêmes étaient d&#8217;ardents partisans de l&#8217;identité de la race et de la nation, pour des raisons d&#8217;ordre pratique d&#8217;ailleurs différentes de celles des autres défenseurs de cette théorie fantaisiste. Si l&#8217;on considère l&#8217;influence culturelle que le christianisme pouvait encore exercer il y a un demi-siècle en Italie, on peut alors imaginer l&#8217;inégalité de la lutte entreprise par Evola. Nous en arrivons là au dernier aspect dont nous voulions traiter, c&#8217;est-à-dire aux rapports entretenus par Evola avec le monde culturel catholique, lequel — même si son thème le plus cher était en fait l&#8217;antisémitisme — intervint maintes fois, et sous différentes formes, dans le débat sur le «racisme». On redira ici ce que l&#8217;on a déjà précisé plus haut, à savoir qu&#8217;Evola, contrairement aux catholiques ennemis du peuple d&#8217;Israël, refusa toujours la théorie infantile du «complot juif» et qu&#8217;il n&#8217;attribuait pas non plus aux Juifs de responsabilité directe dans le processus de subversion mondiale. De même, on ne trouve pas dans ses textes de trace de l&#8217;accusation de «déicide» classiquement lancée contre les Juifs dans les milieux «religieux», thématique qui lui a toujours paru totalement dénuée d&#8217;importance et d&#8217;intérêt. (Une lecture parallèle de deux différentes introductions aux <em>Protocoles des Sages de Sion</em>, l&#8217;une de l&#8217;antisémite chrétien Nilus, l&#8217;autre d&#8217;Evola, est à cet égard révélatrice). Le «racisme de l&#8217;esprit», enfin, ne pouvait que poser de nombreux problèmes théologiques aux catholiques. Et quant à la pratique, les différences n&#8217;étaient pas moins profondes. Pour les antisémites chrétiens, qui voient dans la Synagogue le centre d&#8217;un «complot» antichrétien, les Juifs doivent être combattus s&#8217;ils restent fidèles à leur <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione/">religion</a>, mais en revanche, s&#8217;ils se convertissent à la «vraie foi», il n&#8217;y a plus de raison de les persécuter ou de leur faire subir la moindre discrimination. Or, pour Evola, ce sont au contraire les Juifs qui continuent de se rattacher à leur tradition primordiale la plus pure qui cessent de représenter un élément négatif et de désagrégation. Ainsi peut-on concrètement opposer, d&#8217;un côté la façon dont Julius Evola propose au peuple juif de se réenraciner dans sa dimension la plus sacrale et la plus authentique, c&#8217;est-à-dire dans sa dimension originelle, et de l&#8217;autre les antisémites nazis, partisans d&#8217;un anéantissement physique du peuple juif, aussi bien que les catholiques, partisans de sa conversion, soit deux formes différentes mais comparables, et auxquelles Evola resta toujours étranger, de déracinement et de destruction d&#8217;une même réalité ethnoculturelle.</p>
<p>Dans la grande solitude qui fut la sienne, Evola resta finalement, comme l&#8217;a bien noté l&#8217;historien antifasciste <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/renzo-de-felice" target="_blank">Renzo De Felice</a></span>, parmi «ceux qui, s&#8217;étant engagés dans la voie qui leur était propre, surent la parcourir avec dignité et même avec sérieux, contrairement à beaucoup d&#8217;autres, qui choisirent celle du mensonge, de l&#8217;insulte ou de l&#8217;obscurcissement total de toute valeur culturelle et morale» (28). Quant à sa problématique anthropologique aristocratique, elle demeure une tentative complexe et audacieuse pour faire réapparaître et pour réactiver une dimension spirituelle liée à la personnalité, dimension enracinée dans un passé perçu, non comme accumulation de fragments historiques dépassés par le devenir, mais comme témoin d&#8217;archétypes éternels — presque une réminiscence platonicienne du meilleur héritage spirituel.</p>
<p>* * *</p>
<p>Article paru dans la revue <em>Nouvelle Ecole</em>, n°47 <em>Tradition </em>(1995) p. 43-57.</p>
<p><strong>Note</strong></p>
<p>(1) Trad. fr.: <em>Le &#8220;mythe&#8221; du nouveau nationalisme allemand</em>, in Julius Evola, <a title="Essais politiques" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2867140463/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2867140463" target="_blank"><em>Essais politiques</em></a>, Pardès, Puiseaux 1988, pp. 255-264 (N. du T.).<br />
(2) Trad. fr.: <em>Eléments pour une éducation raciale</em>, Pardès, Puiseaux 1988 (N. du T.).<br />
(3) Elemire Zolla, <em>Le potenze dell&#8217;anima</em>, Bompiani, Milano 1968, pp. 46-47.<br />
(4) Cf. Emile Benveniste, <em><a title="Le vocabulaire des institutions indo-euroéennes" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2707300500/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=2707300500" target="_blank">Le vocabulaire des institutions indo-européennes, vol. 1: Economie, parenté, société</a>,</em> Minuit, 1969, pp. 369 ff.<br />
(5) <em>Geschlecht und Charakter</em>, Wien 1903; trad. fr.: <a title="Sexe et caractère" href="http://www.amazon.fr/gp/product/B0000E7PXU/ref=as_li_ss_tl?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=B0000E7PXU" target="_blank"><em>Sexe et caractère</em></a>, L&#8217;Age d&#8217;homme, Lausanne 1975, pp. 246-247 (souligné par l&#8217;auteur).<br />
(6) <em>Ibid</em>., p. 248 (souligné par l&#8217;auteur).<br />
(7) «Infero» dans le texte. Cet adjectif, qui dérive du latin inferus, n&#8217;a pas d&#8217;équivalent exact en français: «infernal» est une traduction approximative, et «inférieur» le serait aussi. La racine d&#8217;<em>infero</em> indique la disposition basse et enterrée de certains lieux; son sens dérivé renvoie à des réalités (personnes, pensées, impulsions, actions) obscures, troubles, insidieuses, néfastes. Le lecteur voudra bien se souvenir de cette ambiguïté sémantique, qui a ici son importance (N. du T.).<br />
(8) Cf. Julius Evola, <em>La civiltà occidentale e l&#8217;intelligenza ebraica</em>, in A. Luchini, J. Evola, P. Pellicano et G. Preziosi, <em>Gli Ebrei hanno voluto questa guerra</em>, La Vita italiana, Roma 1942, p. 19.<br />
(9) <em>Introduzione ai Protocolli</em>, in Claudio Mutti (éd.), <em>Ebraicità ed ebraismo</em>, Ed. di Ar, Padova 1976, p. 56.<br />
(10) <em>Ebraismo ed occultismo</em>, in <em>La Vita italiana</em>, XXVIII, 331, octobre 1940; texte repris dans <a title="Claudio Mutti" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/claudio-mutti/" target="_blank">Claudio Mutti</a> (éd.), <em>op. cit.</em>, p. 203.<br />
(11) Cf. Alfred Rosenberg, <em>Il Mito del XX secolo</em>, Alkaest, Genoa 1981 ; trad. fr.: <em>Le Mythe du XXe siècle. Bilan des combats culturels et spirituels de notre temps</em>, Avalon, 1986.<br />
(12) <em>Osservazioni critiche sul &#8220;razzismo&#8221; nazionalsocialista</em>, in <em>La Vita italiana</em>, XXI, 248, novembre 1933.<br />
(13) Cité par Evola, <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, op. cit., p. 204.<br />
(14) Julius Evola, <em>Il mito del sangue</em>, Hoepli, Milano 1937, p. 222<br />
(15) <em>Ibid.</em>, p. 227.<br />
(16) Cf. les documents cités par N. Cospito, <em>Julius Evola e il nazionalsocialismo</em>, in <em>Intervento</em>, 80-81, janvier-juillet 1987.<br />
(17) Cf. N. Cospiro et H.W. Neulen (éd.), <em>Julius Evola nei documenti segreti del Terzo Reich</em>, Europa, Roma 1986, pp. 130-131.<br />
(18) Cf. Julius Evola, <em>Un razzista italiano</em>, in <em>Bibliografia fascista</em>, XI, II, novembre 1937. De Giulio Cogni, on peut citer les pamphlets <em>Il razzismo</em>, Bocca, Milano 1937, et <em>I valori della stirpe italiana</em>, De Bocca, Milano 1937.<br />
(19) <em>Il mito del sangue</em>, op. cit., p. 102.<br />
(20) <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, op. cit., p. 77.<br />
(21) <em>L&#8217;equivoco del razzismo scientifico</em>, in <em>La Vita Italiana</em>, XXX, 354, septembre 1942.<br />
(22) Guido Landra, <em>Razzismo biologico e scientismo</em>, in <em>La Difesa della razza</em>, VI, 1, 5 février 1942.<br />
(23) <em>Scienza, razza e scientismo</em>, in <em>La Vita Italiana</em>, XXX, 357, décembre 1942.<br />
(24) Giorgio Almirante, <em>&#8220;Chè la diritta via era smarrita&#8230;&#8221;,</em> in <em>La Difesa della razza</em>, V, 13, 5 mai 1942.<br />
(25) U. Alfassio Grimaldi, recension de <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, in <em>Civiltà fascista</em>, IX, 4, février 1942. Du même auteur, cf. aussi <em>Razza e nazione</em>, in <em>Civiltà fascista</em>, X, 4, février 1943.<br />
(26) <em>Spunti di polemica razziale</em>, in <em>La Vita italiana</em>, XXX, 351, juin 1942.<br />
(27) <em>Sui rapporti tra razza e nazione e sulla storia patria</em>, in <em>La Vita italiana</em>, XXIX, 339, juin 1941.<br />
(28) <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/renzo-de-felice" target="_blank">Renzo De Felice</a></span>, <em>Storia degli Ebrei italiani sotto il fascismo</em>, Mondadori, Milano 1977, p. 470.</p>
</div>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/julius-evola-des-theories-de-la-race-a-la-recherche-dune-anthropologie-aristocratique.html' addthis:title='Julius Evola, des théories de la race à la recherche d&#8217;une anthropologie aristocratique ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>Introduction à l&#8217;œuvre de Ludwig Ferdinand Clauss  (1892-1974)</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Apr 2008 15:30:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L'œuvre de l'anthropologue Ludwig Ferdinand Clauss, un des raciologues et des islamologues les plus réputés de l'entre-deux-guerres]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/introduction-clauss.html' addthis:title='Introduction à l&#8217;œuvre de Ludwig Ferdinand Clauss  (1892-1974) '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/rivoluzione-conservatrice.PNG" width="48" height="48" alt="" title="Rivoluzione conservatrice" /><br/><div id="attachment_1867" class="wp-caption alignleft" style="width: 165px"><img class="size-medium wp-image-1867" title="Ludwig Ferdinand Clauss (1892-1974)" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/ludwig_ferdinand_clauss.jpg" alt="Ludwig Ferdinand Clauss (1892-1974)" width="155" height="200" /><p class="wp-caption-text">Ludwig Ferdinand Clauss (1892-1974)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Né le 8 février 1892 à Offenburg dans la région du Taunus, l&#8217;anthropologue Ludwig Ferdinand Clauss est rapidement devenu l&#8217;un des raciologues et des islamologues les plus réputés de l&#8217;entre-deux-guerres, cumulant dans son œuvre une approche spirituelle et caractérielle des diverses composantes raciales de la population européenne, d&#8217;une part, et une étude approfondie de la psyché bédouine, après de longs séjours au sein des tribus de la Transjordanie. L&#8217;originalité de sa méthode d&#8217;investigation raciologique a été de renoncer à tous les zoologismes des théories raciales conventionnelles, nées dans la foulée du darwinisme, où l&#8217;homme est simplement un animal plus évolué que les autres. Clauss renonce aux comparaisons trop faciles entre l&#8217;homme et l&#8217;animal et focalise ses recherches sur les expressions du visage et du corps qui sont spécifiquement humaines ainsi que sur l&#8217;âme et le caractère.</p>
<p style="text-align: justify;">Il exploite donc les différents aspects de la phénoménologie pour élaborer une raciologie psychologisante (ou une «psycho-raciologie») qui conduit à comprendre l&#8217;autre sans jamais le haïr. Dans une telle optique, admettre la différence, insurmontable et incontournable, de l&#8217;Autre, c&#8217;est accepter la pluralité des données humaines, la variété des façons d&#8217;être-homme, et refuser toute logique d&#8217;homologation et de centralisation coercitive.</p>
<p style="text-align: justify;">Ludwig Ferdinand Clauss était un disciple du grand philosophe et phénoménologue Edmund Husserl. Il a également été influencé par Ewald Banse (1883-1953), un géographe qui avait étudié avant lui les impacts du paysage sur la psychologie, de l&#8217;écologie sur le mental. Ses théories cadraient mal avec celles, biologisantes, du national-socialisme. Les adversaires de Clauss considéraient qu&#8217;il réhabilitait le dualisme corps/âme, cher aux doctrines religieuses chrétiennes, parce que, contrairement aux darwiniens <em>stricto sensu</em>, il considérait que les dimensions psychiques et spirituelles de l&#8217;homme appartenaient à un niveau différent de celui de leurs caractéristiques corporelles, somatiques et biologiques. Clauss, en effet, démontrait que les corps, donc les traits raciaux, étaient le mode et le terrain d&#8217;expression d&#8217;une réalité spirituelle/psychique. En dernière instance, ce sont donc l&#8217;esprit (<em>Geist</em>)  et l&#8217;âme (<em>Seele</em>)  qui donnent forme au corps et sont primordiaux. D&#8217;après les théories post-phénoménologiques de Clauss, une race qui nous est étrangère, différente, doit être évaluée, non pas au départ de son extériorité corporelle, de ses traits raciaux somatiques, mais de son intériorité psychique. L&#8217;anthropologue doit dès lors vivre dans l&#8217;environnement naturel et immédiat de la race qu&#8217;il étudie. Raison pour laquelle Clauss, influencé par l&#8217;air du temps en Allemagne, commence par étudier l&#8217;élément nordique de la population allemande dans son propre biotope, constatant que cette composante ethnique germano-scandinave est une &#8220;race tendue vers l&#8217;action&#8221; concrète, avec un élan froid et un souci des résultats tangibles. Le milieu géographique premier de la race nordique est la Forêt (<em>hercynienne</em>), qui recouvrait l&#8217;Europe centrale dans la proto-histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grande Forêt hercynienne a marqué les Européens de souche nordique comme le désert a marqué les Arabes et les Bédouins. La trace littéraire la plus significative qui atteste de cette nostalgie de la Forêt primordiale chez les Germains se trouve dans le premier livre évoquant le récit de l&#8217;Evangile en langue germanique, rédigé sous l&#8217;ordre de Louis le Pieux. Cet ouvrage, intitulé le <em>Heliand </em>(= Le Sauveur), conte, sur un mode épique très prisé des Germains de l&#8217;<a title="antiquité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/storia-antica" target="_self">antiquité</a> tardive et du haut <a title="moyen age" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo" target="_self">moyen âge</a>, les épisodes de la vie de Jésus, qui y a non pas les traits d&#8217;un prophète proche-oriental mais ceux d&#8217;un sage itinérant doté de qualités guerrières et d&#8217;un charisme lumineux, capable d&#8217;entraîner dans son sillage une phalange de disciples solides et vigoureux. Pour traduire les passages relatifs à la retraite de quarante jours que fit Jésus dans le désert, le traducteur du haut <a title="medioevo" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo" target="_self">moyen âge</a> ne parle pas du désert en utilisant un vocable germanique qui traduirait et désignerait une vaste étendue de sable et de roches, désolée et infertile, sans végétation ni ombre. Il écrit <em>sinweldi</em>, ce qui signifie la «forêt sans fin», touffue et impénétrable, couverte d&#8217;une grande variété d&#8217;essences, abritant d&#8217;innombrables formes de vie. Ainsi, pour méditer, pour se retrouver seul, face à Dieu, face à la virginité inconditionnée des éléments, le Germain retourne, non pas au désert, qu&#8217;il ne connaît pas, mais à la grande forêt primordiale. La forêt est protectrice et en sortir équivaut à retourner dans un &#8220;espace non protégé&#8221; (voir la légende du noble saxon Robin des Bois et la fascination qu&#8217;elle continue à exercer sur l&#8217;imaginaire des enfants et des adolescents).</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée de forêt protectrice est fondamentalement différente de celle du désert qui donne accès à l&#8217;Absolu: elle implique une vision du monde plus plurielle, vénérant une assez grande multiplicité de formes de vie végétale et animale, coordonnée en un tout organique, englobant et protecteur.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;<em>homo europeus</em> ou <em>germanicus</em> n&#8217;a toutefois pas eu le temps de forger et de codifier une spiritualité complète et absolue de la forêt et, aujourd&#8217;hui, lui qui ne connaît pas le désert de l&#8217;intérieur, au contraire du Bédouin et de l&#8217;Arabe, n&#8217;a plus de forêt pour entrer en contact avec l&#8217;Inconditionné. Et quand <a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger" target="_self">Ernst Jünger</a> parle de &#8220;recourir à la forêt&#8221;, d&#8217;adopter la démarche du <em>Waldgänger</em>, il formule une abstraction, une belle abstraction, mais rien qu&#8217;une abstraction puisque la forêt n&#8217;est plus, si ce n&#8217;est dans de lointains souvenirs ataviques et refoulés. Les descendants des hommes de la forêt ont inventé la technique, la mécanique (L. F. Clauss dit la  <em>Mechanei</em>), qui se veut un ersatz de la nature, un palliatif censé résoudre tous les problèmes de la vie, mais qui, finalement, n&#8217;est jamais qu&#8217;une construction et non pas une germination, dotée d&#8217;une mémoire intérieure (d&#8217;un code génétique). Leurs ancêtres, les Croisés retranchés dans le krak des Chevaliers, avaient fléchi devant le désert et devant son implacabilité. Preuve que les psychés humaines ne sont pas transposables arbitrairement, qu&#8217;un homme de la Forêt ne devient pas un homme du Désert et vice-versa, au gré de ses pérégrinations sur la surface de la Terre.</p>
<p style="text-align: justify;">A terme, la spiritualité du Bédouin développe un &#8220;style prophétique&#8221; (<em>Offenbarungsstil</em>), parfaitement adapté au paysage désertique, et à la notion d&#8217;absolu qu&#8217;il éveille en l&#8217;âme, mais qui n&#8217;est pas exportable dans d&#8217;autres territoires. Le télescopage entre ce prophétisme d&#8217;origine arabe, sémitique, bédouine et l&#8217;esprit européen, plus sédentaire, provoque un déséquilibre religieux, voire une certaine angoisse existentielle, exprimée dans les diverses formes de christianisme en Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">Clauss a donc appliqué concrètement -et personnellement-  sa méthode de psycho-raciologie en allant vivre parmi les Bédouins du désert du Néguev, en se convertissant à l&#8217;Islam et en adoptant leur mode de vie. Il a tiré de cette expérience une vision intérieure de l&#8217;arabité et une compréhension directe des bases psychologiques de l&#8217;Islam, bases qui révèlent l&#8217;origine désertique de cette <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione" target="_self">religion </a>universelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous le IIIième Reich, Clauss a tenté de faire passer sa méthodologie et sa théorie des caractères dans les instances officielles. En vain. Il a perdu sa position à l&#8217;université parce qu&#8217;il a refusé de rompre ses relations avec son amie et collaboratrice Margarete Landé, de confession israélite, et l&#8217;a cachée jusqu&#8217;à la fin de la guerre. Pour cette raison, les autorités israéliennes ont fait planter un arbre en son honneur à Yad Vashem en 1979. L&#8217;amitié qui liait Clauss à Margarete Landé ne l&#8217;a toutefois pas empêché de servir fidèlement son pays en étant attaché au Département VI C 13 du RSHA (<em>Reichssicherheitshauptamt</em>), en tant que spécialiste que Moyen-Orient.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la chute du IIIième Reich, Clauss rédige plusieurs romans ayant pour thèmes le désert et le monde arabe, remet ses travaux à jour et publie une étude très approfondie sur l&#8217;Islam, qu&#8217;il est un des rares Allemands à connaître de l&#8217;intérieur. La mystique arabe/bédouine du désert débouche sur une adoration de l&#8217;Inconditionné, sur une soumission du croyant à cet Inconditionné. Pour le Bédouin, c&#8217;est-à-dire l&#8217;Arabe le plus authentique, l&#8217;idéal de perfection pour l&#8217;homme, c&#8217;est de se libérer des &#8220;conditionnements&#8221; qui l&#8217;entravent dans son élan vers l&#8217;Absolu. L&#8217;homme parfait est celui qui se montre capable de dépasser ses passions, ses émotions, ses intérêts. L&#8217;élément fondamental du divin, dans cette optique, est l&#8217; istignâ, l&#8217;absence totale de besoins. Car Dieu, qui est l&#8217;Inconditionné, n&#8217;a pas de besoins, il ne doit rien à personne. Seule la créature est redevable: elle est responsable de façonner sa vie, reçue de Dieu, de façon à ce qu&#8217;elle plaise à Dieu. Ce travail de façonnage constant se dirige contre les incompétences, le laisser-aller, la négligence, auxquels l&#8217;homme succombe trop souvent, perdant l&#8217;humilité et la conscience de son indigence ontologique. C&#8217;est contre ceux qui veulent persister dans cette erreur et cette prétention que l&#8217;Islam appelle à la Jihad. Le croyant veut se soumettre à l&#8217;ordre immuable et généreux que Dieu a créé pour l&#8217;homme et doit lutter contre les fabrications des &#8220;associateurs&#8221;, qui composent des arguments qui vont dans le sens de leurs intérêts, de leurs passions mal dominées. La domination des &#8220;associateurs&#8221; conduit au chaos et au déclin. Réflexions importantes à l&#8217;heure où les diasporas musulmanes sont sollicitées de l&#8217;intérieur et de l&#8217;extérieur par toutes sortes de manipulateurs idéologiques et médiatiques et finissent pas excuser ici chez les leurs ce qu&#8217;ils ne leur pardonneraient pas là-bas chez elles. Clauss a été fasciné par cette exigence éthique, incompatible avec les modes de fonctionnement de la politicaille européenne conventionnelle. C&#8217;est sans doute ce qu&#8217;on ne lui a pas pardonné.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Ludwig Ferdinand Clauss meurt le 13 janvier 1974 à Huppert dans le Taunus. Considéré par les Musulmans comme un des leurs, par les Européens enracinés comme l&#8217;homme qui a le mieux explicité les caractères des ethnies de base de l&#8217;Europe, par les Juifs comme un Juste à qui on rend un hommage sobre et touchant en Israël, a récemment été vilipendé par des journalistes qui se piquent d&#8217;anti-fascisme à Paris, dont René Schérer, qui utilise le pseudonyme de «René Monzat». Pour ce Schérer-Monzat, Clauss, raciologue, aurait été tout bonnement un fanatique nazi, puisque les préoccupations d&#8217;ordre raciologique ne seraient que le fait des seuls tenants de cette idéologie, vaincue en 1945. Schérer-Monzat s&#8217;avère l&#8217;une de ces pitoyables victimes du manichéisme et de l&#8217;inculture contemporains, où la <em>reductio ad Hitlerum</em> devient une manie lassante. Au contraire, Clauss, bien davantage que tous les petits écrivaillons qui se piquent d&#8217;anti-fascisme, est le penseur du respect de l&#8217;Autre, respect qui ne peut se concrétiser qu&#8217;en replaçant cet Autre dans son contexte primordial, qu&#8217;en allant à l&#8217;Autre en fusionnant avec son milieu originel. Edicter des fusions, brasser dans le désordre, vouloir expérimenter des mélanges impossibles, n&#8217;est pas une preuve de respect de l&#8217;altérité des cultures qui nous sont étrangères.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;"><strong>* * *</strong></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Bibliographie:</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Die nordische Seele. Artung. Prägung.</em> <em>Ausdruck</em>, 1923; <em>Fremde Schönheit. Eine Betrachtung seelischer Stilgesetze</em>, 1928; <em>Rasse und Seele. Eine Einführung in die Gegenwart</em>, 1926;<em> Rasse und Seele. Eine Einführung in den Sinn der leiblichen Gestalt</em>, 1937; <em>Als Beduine unter Beduine</em>, 1931; <em>Die nordische Seele</em>, 1932; <em>Die nordische Seele. Eine Einführung in die Rassenseelenkunde</em>, 1940 (édition complétée de la précédente); <em>Rassenseelenforschung im täglichen Leben</em>, 1934; <em>Vorschule der Rassenkunde auf der Grundlage praktischer Menschenbeobachtung</em>,  1934 (en collaboration avec Arthur Hoffmann); <em>Rasse und Charakter, Erster Teil: Das lebendige Antlitz</em>, 1936 (la deuxième partie n&#8217;est pas parue); <em>Rasse ist Gestalt</em>, 1937; <em>Semiten der Wüste unter sich. Miterlebnisse eines Rassenforschers</em>, 1937; <em>Rassenseele und Einzelmensch</em>, 1938; <em>König und Kerl</em>, 1948 (œuvre dramatique); Thuruja,  1950 (roman); <em>Verhüllte Häupter</em>, 1955 (roman); <em>Die Wüste frei machen</em>, 1956 (roman); <em>Flucht in die Wüste</em>, 1960-63 (version pour la jeunesse de Verhüllte Häupter); <em>Die Seele des Andern. Wege zum Verstehen im Abend- und Morgenland</em>, 1958; <em>Die Weltstunde des Islams</em>, 1963.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Sur Ludwig Ferdinand Clauss:<br />
<a title="Julius Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola" target="_self"> Julius Evola</a>, <em>Il mito del sangue</em>,  Ar, Padoue, 1978 (trad.franç., <em>Le mythe du sang</em>, Editions de l&#8217;Homme Libre, Paris, 1999); <a title="Julius Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola" target="_self">Julius Evola</a>, <em>«F. L. Clauss: Rasse und Charakter»</em>, recension dans <em>Bibliografia fascista</em>, Anno 1936-XI (repris dans <a title="Julius Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola" target="_self">Julius Evola</a>, <em>Esplorazioni e disamine. Gli scritti di &#8220;Bibliografia fascista&#8221;</em>, Volume I, 1934-IX &#8211; 1939-XIV, Edizioni all&#8217;Insegna del Veltro, Parma, 1994);  Léon Poliakov/Joseph Wulf, <em>Das Dritte Reich und seine Denker. Dokumente und Berichte</em>, Fourier, Wiesbaden, 1989 (2ième éd.) (Poliakov et Wulf reproduisent un document émanant du Dr. Walter Gross et datant du 28 mars 1941, où il est question de mettre Clauss à l&#8217;écart et de passer ses œuvres sous silence parce qu&#8217;il n&#8217;adhère pas au matérialisme biologique, parce qu&#8217;il est «vaniteux» et qu&#8217;il a une maîtresse juive); Robert Steuckers, <em>«L&#8217;Islam dans les travaux de Ludwig Ferdinand Clauss»</em>, in Vouloir, n°89/92, juillet 1992.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong></strong><span style="font-size: small;"><span style="font-family: Times;"><br />
</span></span></p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/introduction-clauss.html' addthis:title='Introduction à l&#8217;œuvre de Ludwig Ferdinand Clauss  (1892-1974) ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>Teoria tradizionale delle razze: Julius Evola</title>
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		<pubDate>Sat, 01 Jan 2000 21:00:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Silvano Lorenzoni</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Una breve introduzione al razzismo evoliano e ai suoi fondamenti]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/teoriarazzeevola.html' addthis:title='Teoria tradizionale delle razze: Julius Evola '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/evola48x48.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Julius Evola" /><br/><p style="text-align: justify;">Avendo menzionato il fatto che la razza è un fatto non solo biologico ma anche e soprattutto metabiologico, è il caso di dare un&#8217;idea estremamente schematica della teoria tradizionale delle razze, che diverrà della massima importanza per quel che segue di questo libro, in particolare i Capp. 1 e 3 della III parte.</p>
<p style="text-align: justify;">Questa teoria (1), il cui sviluppo è dovuto quasi esclusivamente a <a href="http://www.centrostudilaruna.it/evola.html">Julius Evola</a>, è basata sull&#8217;assegnazione di caratteri razziali propri a ognuna delle tre componenti che, tradizionalmente, costituiscono il &#8216;composto umano&#8217;: corpo, anima e spirito (2). Il corpo viene a essere la manifestazione tangibile e visibile dell&#8217;individuo &#8211; umano e non-umano -, mentre lo spirito ne è il &#8216;pricipio informatore&#8217; metafisico, posto fuori dal tempo, che ne dirige la prassi e il pensiero in senso anagogico o catagogico. L&#8217;anima, o psiche, &#8220;è connessa a ogni forma vitale così come a ogni forma percettiva e a ogni passionalità. Con le sue diramazioni inconsce stabilisce la connessione fra spirito e corpo&#8221; (3). Essa, come il corpo, è peritura, ed è il fattore determinante per lo stile della persona &#8211; per il modo in cui essa affronta ogni compito, ma senza alcun riferimento al valore etico del compito stesso. &#8220;Gli uomini sono diversi non solo nel corpo ma anche nell&#8217;anima e nello spirito &#8230; la dottrina della razza deve articolarsi in tre gradi &#8221; (4). Quindi: c&#8217;è una razza del corpo, una dell&#8217;anima e una dello spirito, ognuna delle quali è suscettibile di classificazione, e questo <a href="http://www.centrostudilaruna.it/evola.html">Julius Evola</a> lo ha affrontato nella sua <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, mentre una versione semplificata fu da egli esposta in un suo libretto didattico, <em>Indirizzi per un&#8217;educazione razziale </em>(5). Per quel che riguarda le razze del corpo e dell&#8217;anima, <a href="http://www.centrostudilaruna.it/evola.html">Julius Evola</a> si appoggiava ai lavori degli antropologi seri dei suoi tempi &#8211; in particolare modo <a title="Hans Friedrich Karl Guenther" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/hans-f.-k.-guenther/">Hans F. K. Günther</a>, un autore sul quale si avrà occasione di ritornare nella III parte, e Ludwig Ferdinand Clauss (6) -, che però si occupavano essenzialmente delle differenze esistenti fra i diversi tipi umani riscontrabili in Europa o al massimo nel Medio Oriente. Egli invece propose, in via del tutto indipendente, una classificazione delle razze dello spirito &#8211; in riguardo il lettore è riferito ai testi originali.</p>
<p style="text-align: justify;">Per quel che riguarda il nostro assunto, di fondamentale importanza è che &#8220;l&#8217;un elemento cerca di trovare, nello spazio libero che le leggi dell&#8217;elemento a esso immediatamente inferiore gli lasciano, una espressione massimamente conforme (&#8230;) non semplice riflesso, ma azione a suo modo creativa, plasmatrice, determinante&#8221; (7). In altre parole, le razze dell&#8217;anima e dello spirito che intervengono in ogni composto umano abbisognano di un &#8216;supporto adeguato&#8217; a livello immediatamente inferiore. Ben difficilmente una razza dello spirito di &#8216;prima qualità&#8217; potrà tovare spazio accanto a un&#8217;anima che non le sia strumento adeguato per manifestarsi; e lo stesso dicasi per la razza dell&#8217;anima rispetto a quella del corpo.</p>
<p style="text-align: justify;">Questo tipo di considerazioni danno adito anche ad altri sviluppi, adombrati dallo stesso <a href="http://www.centrostudilaruna.it/evola.html">Julius Evola</a>, che sono gravidi di conseguenze per le problematiche qui sotto esame. &#8220;Una idea, dato che agisca con sufficiente intensità e continuità in un determinato clima storico e in una data collettività finisce con il dare luogo a una &#8216;razza dell&#8217;anima&#8217; e, con il persistere dell&#8217;azione, fa apparire nelle generazioni che immediatamente seguono un tipo fisico comune nuovo da considerarsi &#8230; una razza nuova&#8221; (8). Cioé: il cambiamento nella &#8216;qualità psichica&#8217; di una determinata popolazione può innescare cambiamenti anche morfologici. Questo ragionamento, portato alle sue ultime conseguenze, adombra un possibile effetto a catena. In una popolazione nella quale lo spirito, magari per qualche imperscrutabile ragione, si sia spento o capovolto, si produrranno prima fenomeni degenerativi di tipo psicologico che poi, alla lunga, non mancheranno di rifletttersi anche nel soma (su di questo argomento si riverrà nella III parte).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>* * *</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) Di questa teoria, un riassunto molto schematico è dato da Silvio Waldner, <em>La deformazione della natura</em>, Edizioni di Ar, Padova, 1997.<br />
(2) Sulla dottrina tradizionale del composto umano cfr. Julius Evola, <em>Maschera e volto dello spiritualismo contemporaneo</em>, Mediterranee, Roma, 1971 e anche <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, Ar, Padova, 1994 (originale 1941). Un sunto di questa dottrina è dato anche da Silvano Lorenzoni, <em>Chronos, saggio sulla metafisica del tempo</em>, Carpe Librum, Nove, 2001.<br />
(3) Julius Evola, <em>Sintesi</em>, cit.<br />
(4) Julius Evola, <em>Sintesi</em>, cit.<br />
(5) Julius Evola, <em>Indirizzi per un&#8217;educazione razziale</em>, Conte, Napoli, 1941.<br />
(6) Ludwig Ferdinand Clauss, <em>Rasse und Seele</em>, Lehmann, München, 1941.<br />
(7) Julius Evola, <em>Sintesi</em>, cit.<br />
(8) Julius Evola, <em>Sintesi</em>, cit.</p>
<p style="text-align: justify;">Il presente saggio costituisce il paragrafo 1, capitolo 1 del libro di S. Lorenzoni <em>Involuzione. Il selvaggio come decaduto</em>, di prossima pubblicazione da parte delle Edizioni Ghénos di Ferrara.</p>
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