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	<title>Centro Studi La Runa &#187; archéologie</title>
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		<title>Les Indo-Européens dans la Chine antique</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Feb 2011 17:29:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Giovanni Monastra</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le bronze et d'autres acquisitions importantes ont été introduites directement par des tribus proto-iraniennes dans l'aire cul­turelle de la Chine antique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/les-indo-europeens-dans-la-chine-antique.html' addthis:title='Les Indo-Européens dans la Chine antique '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/labrys.png" width="48" height="48" alt="" title="Indoeuropei" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/storia-antica.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Storia antica" /><br/><p style="text-align: justify;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/117778095X?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=117778095X"><img class="alignright size-full wp-image-6722" title="essai-sur-linegalite-des-races-humaines" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/essai-sur-linegalite-des-races-humaines.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Dans le livre troisième de son fameux <a href="http://www.amazon.fr/gp/product/117778095X?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=117778095X"><em>Essai sur l&#8217;inégalité des races humaines</em></a>, publié dans les années 50 du 19ième siècle, Arthur de Gobineau décrivait les flux migratoires des <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">peuples indo-européens</a> en Orient et relevait que «vers l&#8217;année 177 av. J. C., on rencontrait de nombreuses nations blanches à cheveux clairs ou roux et aux yeux bleus, in­stal­lées sur les frontières occidentales de la Chine. Les scribes du Céleste Empire, auxquels nous devons de connaître ce fait, citent cinq de ces nations… Les deux plus connues sont le Yüeh-chi et les Wu-suen. Ces deux peuples habitaient au nord du Hwang-ho, aux confins du désert de Gobi… De mê­me, le Céleste Empire avaient pour sujets, au sein de ses provinces du Sud, des nations aryennes-hindoues, immi­grées au début de son histoire» (1).</p>
<p style="text-align: justify;">Arthur de Gobineau tirait ses informations des études de Ritter (Erdkunde, Asien) et de von Humboldt (Asie centra­le); tous deux se basaient sur les annales chinoises de la dynastie han, dont les premiers souverains ont commencé leur règne en 206 av. J. C. De fait, nous savons aujourd&#8217;hui que, dès le 4ième siècle avant J.C., les documents histo­riques du Céleste Empire évoquaient des peuples aux che­veux clairs, de mentalité guerrière, habitant sur les confins du territoire, dans ce que nous appelons aujourd&#8217;hui le Tur­kestan chinois ou le Xinjiang. Selon Gobineau, ces faits at­testaient de la puissance expansive et implicitement civi­lisatrice des populations &#8220;blanches&#8221;. Mais, au-delà des in­ter­prétations unilatérales et, en tant que telles, inac­cepta­bles de l&#8217;écrivain français, presque personne n&#8217;a pris en con­sidération la signification que ces informations auraient pu revêtir pour retracer l&#8217;histoire de la culture et des in­fluences culturelles, sur un mode moins banal et linéaire que celui qui était en vogue au 19ième siècle.</p>
<p style="text-align: justify;">On a plutôt eu tendance à rester incrédule quant à la fia­bilité des annales, parce qu&#8217;on était animé par un in­décrottable préjugé euro-centrique, selon lequel les peu­ples de couleurs étaient en somme des enfants un peu fan­tas­ques, incapables de saisir l&#8217;histoire dans sa concrétude. En outre, à l&#8217;époque, il était impossible de vérifier la pré­sence de ces populations &#8220;blanches&#8221;: même en admettant qu&#8217;elles aient existé, personne ne pouvait dire depuis com­bien de temps elles avaient disparu, noyées dans la mer mon­tante des populations asiatiques voisines. Cette zone géographique, jadis traversée par la légendaire &#8220;route de la soie&#8221; et devenue depuis longtemps en grande partie dé­sertique, était devenue inaccessible aux Européens, qui ne pouvaient évidemment pas y mener à bien des études ar­chéologiques sérieuses et approfondies.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/1159377855?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=1159377855" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-6743" style="margin: 10px;" title="ancien-peuples" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/ancien-peuples.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Latin, irlandais ancien et tokharien</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme l&#8217;a souligné Colin Renfrew, célèbre pour ses recher­ches sur les migrations <a title="indo-européennes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européennes</a>, ce n&#8217;est qu&#8217;au dé­but du 20ième siècle que les premiers érudits ont pu s&#8217;a­ven­turer dans la région, en particulier dans la dépression du Ta­rim et dans diverses zones avoisinantes (2). Ils ont trou­vé de nombreux matériaux, bien conservés grâce à l&#8217;ex­trême aridité du climat désertique qui règne là-bas. Il s&#8217;agit essen­tiellement de textes en deux langues, écrits dans une lan­gue jusqu&#8217;alors inconnue, qui utilisait cependant un al­pha­bet du Nord de l&#8217;Inde; à côté du texte en cette langue, fi­gurait le même texte en sanskrit. Ce qui a permis de la com­prendre et de l&#8217;étudier assez rapidement. Cette langue a été appelée par la suite le &#8220;tokharien&#8221;, dénomination que l&#8217;on peut juger aujourd&#8217;hui impropre. Elle se présentait sous deux formes légèrement différentes l&#8217;une de l&#8217;autre, qui ré­vélaient &#8220;diverses caractéristiques grammaticales les liant au groupe <a title="indo-européen" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européen</a>&#8221; (3). Notons le fait que les res­sem­blances les plus frappantes liaient cette langue au <a title="celtique" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/celti">cel­tique</a> et au germanique, plutôt qu&#8217;aux groupes plus proches de l&#8217;iranien et des autres langues aryennes d&#8217;Asie. A titre d&#8217;exemple, nous comparerons quelques mots fondamentaux que l&#8217;on retrouve respectivement en latin, en irlandais an­cien et en tokharien. &#8220;Père&#8221; se dit &#8220;<em>pater</em>&#8220;, &#8220;<em>athir</em>&#8221; et &#8220;<em>pa­cer</em>&#8220;; &#8220;Mère&#8221; se dit &#8220;<em>mater</em>&#8220;, &#8220;<em>mathir</em>&#8221; et &#8220;<em>macer</em>&#8220;; &#8220;&#8221;Frère&#8221; se dit &#8220;<em>frater</em>&#8220;, &#8220;<em>brathir</em>&#8221; et &#8220;<em>procer</em>&#8220;; &#8220;Sœur&#8221; se dit &#8220;<em>soror</em>&#8220;, &#8220;<em>siur</em>&#8221; et &#8220;<em>ser</em>&#8220;; &#8220;Chien&#8221; se dit &#8220;<em>canis</em>&#8220;, &#8220;<em>cu</em>&#8221; et &#8220;<em>ku</em>&#8221; (4). A titre de cu­riosité, signalons une autre correspondance: le nombre &#8220;trois&#8221; se dit &#8220;<em>tres</em>&#8221; en latin, &#8220;<em>tri</em>&#8221; en irlandais ancien et &#8220;<em>tre</em>&#8221; en tokharien.</p>
<p style="text-align: justify;">Les affinités sont donc plus qu&#8217;évidentes. «Les documents remontent aux 7ième et 8ième siècles après J. C. et com­pren­nent des correspondances et des comptes rendus émanant de monastères… Des deux versions de la langue tokharien­ne, la première, nommée le &#8220;tokharien A&#8221; se retrouve éga­lement dans des textes découverts dans les cités de Ka­rashar et de Tourfan, ce qui a amené certains savants à l&#8217;ap­peler le &#8220;tourfanien&#8221;. L&#8217;autre version, appelée &#8220;tokha­rien B&#8221;, se retrouve dans de nombreux documents et textes trouvés à Koucha et donc baptisée &#8220;kouchéen&#8221; (5).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Processus endogène ou influence exogène?</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/1143843029?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=1143843029" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-6745" style="margin: 10px;" title="dialectes-indo-europeens" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/dialectes-indo-europeens.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Aujourd&#8217;hui, on tend à penser que ces langues ont été par­lées par les Yüeh-chi (ou &#8220;Yü-chi&#8221;), le peuple mentionné dans les annales antiques, peuple qui avait entretenu des contacts prolongés avec le monde chinois. C&#8217;est là un point fondamental, qui est resté longtemps sans solution. En fait, sur la naissance de la civilisation chinoise, deux opinions s&#8217;affrontent: l&#8217;une entend privilégier un processus entiè­rement endogène, sans aucune influence extérieure d&#8217;au­tres peuples; l&#8217;autre, au contraire, met en évidence des apports importants, fondamentaux même, venus d&#8217;aires cul­turelles très différentes. La première thèse est na­tu­rellement la thèse officielle des Chinois, mais aussi celle de tous ceux qui s&#8217;opposent à toute conception de l&#8217;histoire qui pourrait donner lieu à des hypothèses &#8220;proto-colonialistes&#8221; vo­yant en l&#8217;Occident la matrice de tout progrès. Les dé­fenseurs les plus convaincants de la thèse &#8220;exogène&#8221; —c&#8217;est-à-dire Gobineau, déjà cité, mais aussi Spengler, Kossina, <a title="Gunther" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/hans-f.-k.-guenther/">Gün­ther</a>, Jettmar, <a title="Romualdi" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/adriano-romualdi">Romualdi</a>, etc.—  sont ceux qui souli­gnent, de manières très différentes, le rôle civilisateur des peuples <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européens</a> au cours de leurs migrations, par­ties de leur patrie primordiale, pour aboutir dans les con­trées lointaines auxquelles ils ont donné une impulsion bien spécifique. Bien sûr, dans certains cas, ces auteurs ont con­staté que l&#8217;apport culturel n&#8217;a pas été suffisamment fort pour &#8220;donner forme&#8221; à une nouvelle nation, vu le nombre réduit des nouveaux venus face aux populations indigènes; néanmoins, la simple présence d&#8217;une influence <a title="indo-européenne" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-euro­péenne</a> a suffit, pour ces auteurs, pour imprimer une im­pul­sion vivifiante et pour animer un développement chez ces peuples avec lesquels les migrants <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européens</a> en­traient en contact. Ce serait le cas de la Chine avec les Tokhariens.</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, Spengler (6) souligne l&#8217;importance capitale de l&#8217;introduction du char de guerre <a title="indo-européen" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européen</a> dans l&#8217;évolution de la société chinoise au temps de la dynastie Chou (1111-268 av. J. C.). D&#8217;autres auteurs, comme Hans Gün­ther, plusieurs dizaines d&#8217;années plus tard, avait avancé plusieurs hypothèses bien articulées et étayées de faits importants, attribuant à cette pénétration de peuples <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européens</a> l&#8217;introduction de l&#8217;agriculture parmi les tributs nomades d&#8217;Asie centrale, vers la moitié du deuxième millé­naire; il démontrait en outre comment l&#8217;agriculture s&#8217;était répandue en Asie centrale, parallèlement à l&#8217;expansion de populations de souche nordique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Bronze et chars de guerre</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">De même, l&#8217;introduction du bronze en Chine semble, elle aussi, remonter aux invasions <a title="indo-européennes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européennes</a>; ensuite, on peut supposer qu&#8217;aux débuts de l&#8217;histoire chinoise, il y a eu l&#8217;invasion d&#8217;un peuple équipé de chars de guerre, venu du lointain Occident. Par ailleurs, on peut dire que les sinologues actuels reconnaissent tous l&#8217;extrême importance du travail et du commerce du bronze dans le dévelop­pe­ment de la société en Chine antique (7). La même impor­tance est attribuée aujourd&#8217;hui, par de plus nombreux sino­logues, à l&#8217;introduction de certaines techniques agricoles et du char hippo-tracté.</p>
<p style="text-align: justify;">Les études de <a title="Guenther" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/hans-f.-k.-guenther/">Günther</a> sur le parallélisme entre la présence de peuples aux cheveux clairs et la diffusion de la culture <a title="indo-européenne" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européenne</a> en Asie ont d&#8217;abord été diabolisées et os­tracisées, mais, aujourd&#8217;hui, au regard des apports nou­veaux de l&#8217;archéologie, elles méritent une attention nou­velle, du moins pour les éléments de ces études qui de­meu­rent valables. Peu d&#8217;érudits se rappellent que, dans l&#8217;oasis de Tourfan, dans le Turkestan chinois, où vivaient les To­khariens, on peut encore voir des fresques sur lesquelles les ressortissants de ce peuple sont représentés avec des traits nettement nord-européens et des cheveux clairs (8). C&#8217;est une confirmation de la fiabilité des annales du Céleste Empire. On ne peut donc plus nier un certain enchaînement de faits, d&#8217;autant plus que l&#8217;on dispose depuis quelques années de preuves plus directes et convaincantes de cette in­stallation très ancienne d&#8217;éléments démographiques <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européens</a> dans la zone asiatique que nous venons d&#8217;évo­quer. Ces installations ont eu lieu à l&#8217;époque des grandes mi­grations aryennes vers l&#8217;Est (2ième millénaire avant J. C.), donc avant que ne se manifestent certains aspects de la ci­vilisation chinoise.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces preuves, disions-nous, nous n&#8217;en disposons que depuis quelques années…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em><a href="http://www.amazon.fr/gp/product/0500283729?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=19458&amp;creativeASIN=0500283729" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-6744" style="margin: 10px;" title="tarim-mummies" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/tarim-mummies.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Les traits europoïdes des momies d&#8217;Ürümtchi</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En 1987, Victor Mair, sinologue auprès de l&#8217;Université de Pennsylvanie, visite le musée de la ville d&#8217;Ürümtchi, capita­le de la région autonome du Xinjiang. Il y voit des choses qui provoquent chez lui un choc mémorable. Il s&#8217;agit des corps momifiés par cause naturelle de toute une famille: un homme, une femme et un garçonnet de deux ou trois ans. Ils se trouvaient dans une vitrine. On les avait dé­couverts en 1978 dans la dépression du Tarim, au sud du Tian Shan (les Montagnes Célestes) et, plus particu­lière­ment, dans le désert du Taklamakan (un pays peu hos­pi­ta­lier à en juger par la signification de son nom: &#8220;on y entre et on sort plus!&#8221;).</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs années plus tard, Mair déclare au rédacteur du men­­suel américain <em>Discover</em>: «Aujourd&#8217;hui encore, je res­sens un frisson en pensant à cette première rencontre. Les Chinois me disaient que ces corps avaient 3000 ans, mais ils semblaient avoir été enterrés hier» (9). Mais le véritable choc est venu quand le savant américain s&#8217;est mis à ob­ser­ver de plus près leurs traits. Ils contrastaient vraiment avec ceux des populations asiatiques de souche sino-mon­gole; ces corps momifiés présentaient des caractéristiques soma­tiques qui, à l&#8217;évidence, étaient de type européen et, plus précisément, nord-européen. En fait, Mair a noté que leurs cheveux étaient ondulés, blonds ou roux; leurs nez étaient longs et droits; ils n&#8217;avaient pas d&#8217;yeux bridés; leurs os é­taient longs (leur structure longiligne contrastait avec cel­le, trapue, des populations jaunes). La couleur de leur épi­derme —maintenu quasi intact pendant des millénaires, ce qui est à peine croyable—  était typique de celle des po­pu­lations blanches. L&#8217;homme avait une barbe épaisse et drue. Toutes ces caractéristiques sont absentes au sein des po­pulations jaunes d&#8217;Asie.</p>
<p style="text-align: justify;">Les trois &#8220;momies&#8221; (il serait plus exact de dire les trois corps desséchés par le climat extrêmement sec de la région et conservés par le haut taux de salinité du terrain, qui a empêché la croissance des bactéries nécrophages) consti­tuaient les exemplaires les plus représentatifs d&#8217;une série de corps —à peu près une centaine— que les Chinois avaient déterrés dans les zones voisines. Sur base des datations au radiocarbone (10), effectuées au cours des années précé­den­tes par des chercheurs locaux, on peut dire que ces corps avaient un âge variant entre 4000 et 2300 ans. Ce qui nous amène à penser que la population, dont ils étaient des ressortissants, avait vécu et prospéré pendant assez long­temps dans cette région, dont la géologie et le climat de­vaient être plus hospitaliers dans ce passé fort lointain (on y a d&#8217;ailleurs retrouvé de nombreux troncs d&#8217;arbre dessé­chés).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Spirales et tartans</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le matériel funéraire et les vêtements de ces &#8220;momies&#8221;, eux aussi, se sont révélés fort intéressants. Par exemple: la présence de <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> solaires, comme des spirales et des swastikas, représentés sur les harnais et la sellerie des chevaux, relie une fois de plus ces personnes aux Aryens de l&#8217;antiquité, sur le plan culturel.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;étoffe utilisée pour fabriquer leurs vêtements était la lai­ne, qui fut introduite en Orient par des peuples venus de l&#8217;Ouest. Le &#8220;peuple des momies&#8221; connaissait bien l&#8217;art du tis­sage: on peut l&#8217;affirmer non seulement parce que l&#8217;on a retrouvé de nombreuses roues de métier à tisser dans la ré­gion mais aussi parce que les tissus découverts sont d&#8217;une excellente facture. Pour attester des relations avec le Cé­leste Empire, on peut évoquer une donnée supplémentaire: la présence d&#8217;une petite composante de soie dans les effets les plus récents (postérieurs au 6ième siècle av. J. C.), qui ont de toute évidence été achetés aux Chinois. Les autres éléments vestimentaires, dans la majeure partie des cas, démontrent qu&#8217;il y avait des rapports étroits avec les cul­tu­res <a title="indo-européennes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européennes</a> occidentales; le lot comprend notamment des vestes ornées et doublées de fourrure et des pan­talons longs.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus révélateur encore: on a retrouvé dans une tombe un fragment de tissu quasi identique aux &#8220;tartans&#8221; <a title="celtes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/celti">celtes</a> (11) découverts au Danemark et dans l&#8217;aire culturelle de Hall­statt en Autriche, qui s&#8217;est développée après la moitié du 2ième millénaire avant J. C., donc à une époque contempo­rai­ne de celle de ces populations blanches du Xinjiang. Si l&#8217;on pose l&#8217;hypothèse que les <a title="celtes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/celti">Celtes</a> d&#8217;Europe furent les an­cêtres directs de ces Tokhariens (ou étaient les Tokhariens tout simplement), cette preuve archéologique s&#8217;accorde bien avec ce que nous disions plus haut à propos des simi­litudes entre la langue celtique et celle des <a title="Indo-Européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">Indo-Européens</a> du Turkestan chinois : les deux données, l&#8217;une linguistique, l&#8217;autre archéologique, se renforcent l&#8217;une l&#8217;autre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Chapeau à pointe et coquillages</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Autre élément intéressant: la découverte d&#8217;un couvre-chef à pointe, à larges bords, que l&#8217;on a défini, avec humour, comme un &#8220;chapeau de sorcière&#8221;; il était placé sur la tête de l&#8217;une des momies de sexe féminin, remontant à environ 4000 années. Ce chapeau ressemble très fort à certains cou­vre-chef utilisés par les Scythes, peuple guerrier de la steppe, et qu&#8217;on retrouve également dans la culture ira­nien­ne (on pense aux chapeaux des Mages). Ces populations étaient des populations d&#8217;agriculteurs, comme le prouve la présence de semences dans les bourses. Elles avaient également des rapports avec des populations vivant en bord de mer, vu que l&#8217;on a retrouvé près des momies ou sur elles de nombreux coquillages de mollusques marins.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;intérêt extrême de ces vestiges a conduit à procéder à quel­­ques études anthropologiques (principalement d&#8217;an­thropo­métrie classique), sous la direction de Han Kangxin de l&#8217;Académie Chinoise des Sciences Sociales (Beijing). Ces études ont confirmé ce que le premier coup d&#8217;œil déjà per­mettait d&#8217;entrevoir: dans de nombreux cas, les proportions des corps, des crânes et de la structure générale du sque­lette, ne correspondent pas à celles des populations asia­tiques jaunes, tandis qu&#8217;elles correspondent parfaitement à celles que l&#8217;on attribue habituellement aux Européens, sur­tout aux Européens du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">Par le truchement de l&#8217;archéologie génétique, on pourra obtenir des données encore plus précises, pour élucider ultérieurement les origines et la parenté de ce peuple my­stérieux. La technique, très récente, se base sur la comparaison de l&#8217;ADN mitochondrial (12) des diverses populations, que l&#8217;on veut comparer, afin d&#8217;en évaluer la distance gé­nétique. L&#8217;un des avantages de cette technique réside dans le fait que l&#8217;on peut aussi analyser l&#8217;ADN des individus dé­cé­dés depuis longtemps, tout en restant bien sûr très at­ten­tif, pour éviter d&#8217;éventuelles contaminations venues de l&#8217;en­vironnement (par exemple, les contaminations dues aux bactéries) ou provoquées par la manipulation des échan­tillons. L&#8217;archéologie génétique s&#8217;avère utile, de ce fait, quand on veut établir un lien, en partant des molécules, entre l&#8217;anthropologie physique et la génétique des popu­la­tions.</p>
<p style="text-align: justify;">Les premiers tests ont été effectués par un chercheur ita­lien, le Professeur Paolo Francalacci de l&#8217;Université de Sassari. Ils ont confirmé ultérieurement l&#8217;appartenance des in­dividus analysés aux populations de souche <a title="indo-européenne" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-euro­péenne</a>, dans la mesure où l&#8217;ADN mitochondrial, qui a été extrait et déterminé, appartient à un aplotype fréquent en Europe (apl. H) et pratiquement inexistant au sein des po­pulations mongoloïdes (13). Les autorités de Beijing n&#8217;ont autorisé l&#8217;analyse que d&#8217;un nombre réduit d&#8217;échantillons; beaucoup restent à étudier, en admettant que les autorisa­tions soient encore accordées dans l&#8217;avenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Traits somatiques des Ouïghours</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, il faut également signaler que les habitants actuels du Turkestan chinois, les Ouïghours, présentent des traits so­matiques mixtes, où les caractéristiques physiques euro­poï­des se mêlent aux asiatiques. On peut donc dire que nous nous trouvons face à une situation anthropologique où des ethnies de souches diverses se sont mélangées pour former, en ultime instance, un nouveau peuple. Ce n&#8217;est donc pas un hasard si les autorités de Beijing craignent que la démonstration scientifique de l&#8217;existence de tribus blan­ches parmi les ancêtres fondateurs de l&#8217;ethnie ouïghour con­tribue à renforcer leur identité culturelle et qu&#8217;au fil du temps débouche sur des aspirations indépendantistes, vio­lem­ment anti-chinoises, qui sont déjà présentes. Cette si­tua­tion explique pourquoi les Chinois boycottent quasi ou­ver­tement les recherches menées par Mair et ses colla­bo­ra­teurs.</p>
<p style="text-align: justify;">En conclusion, l&#8217;ampleur, la solidité et la cohérence des don­nées obtenues contribuent à confirmer les intuitions de tous les auteurs, longtemps ignorés, qui ont avancé l&#8217;hy­po­thèse d&#8217;une contribution extérieure à la formation de la civilisation chinoise. Cette contribution provient de tribus ar­yennes (ndlr: ou &#8220;proto-iraniennes&#8221;, selon la terminologie de Colin McEvedy que nous préférons utiliser), comme sem­ble l&#8217;attester les découvertes effectuées sur les &#8220;momies&#8221;, et permet d&#8217;émettre l&#8217;hypothèse que le bronze et d&#8217;autres acquisitions importantes ont été introduites directement, et non plus &#8220;médiatement&#8221;, par ces tribus dans l&#8217;aire cul­turelle de la Chine antique.</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple, Edward Pulleyblank a souligné récemment qu&#8217;il «existait des signes indubitables d&#8217;importations venues de l&#8217;Ouest : le blé et l&#8217;orge, donc tout ce qui relève de la cul­ture des céréales, et surtout le char hippo-tracté, …, sont plus que probablement des stimuli venus de l&#8217;Ouest, ayant eu une fonction importante dans la naissance de l&#8217;âge du bronze en Chine» (14).</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, cette découverte ne conteste nullement la for­midable originalité de la grande culture du Céleste Empire, mais se borne à mettre en évidence quelques aspects fon­damentaux dans sa genèse et dans son évolution ultérieure, tout en reconnaissant à juste titre le rôle joué par les no­ma­des antiques venus d&#8217;Europe.</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;">(Texte paru dans <em>Per­corsi</em>, anno III, 1999, n°23; trad. franç.: <a title="Robert Steuckers" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/robert-steuckers/">Robert Steuckers</a>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Notes :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">[1] Arthur de Gobineau, <em>Saggio sulla disuguaglianza delle razze umane</em>, Rizzoli, Milano 1997, p. 443.</p>
<p style="text-align: justify;">[2] Colin Renfrew, <em>Archeologia e linguaggio</em>, Laterza, Bari 1989, p. 77.</p>
<p style="text-align: justify;">[3] <em>ibidem</em>, p. 79.</p>
<p style="text-align: justify;">[4] Les Chinois, pour désigner le chien, utilisent le terme &#8220;kuan&#8221;, qui est quasiment le seul et unique mot de leur langue qui ressemble au latin &#8220;canis&#8221; ou à l&#8217;italien &#8220;cane&#8221;, sans doute parce que le chien domestique à été introduit dans leur société par des populations <a title="indo-européennes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européennes</a>, qui ont laissé une trace de cette transmission dans le nom de l&#8217;animal.</p>
<p style="text-align: justify;">[5] Colin Renfrew, <em>Archeologia ecc</em>. cit., pp. 78-9.</p>
<p style="text-align: justify;">[6] Oswald Spengler, <em>Reden und Aufsätze</em>, Monaco 1937, p. 151.</p>
<p style="text-align: justify;">[7] Jacques Genet, <em>La Cina Antica</em>, Luni, Milano 1994, pp. 33-4.</p>
<p style="text-align: justify;">[8] Luigi Luca Cavalli-Sforza, <em>Geni, Popoli e Lingue</em>, Adelphi, Milano 1996, p. 156.</p>
<p style="text-align: justify;">[9] <em>Discover</em>, 15, 4, 1994, p. 68.</p>
<p style="text-align: justify;">[10] La méthode du radiocarbone (14C) se base sur le fait que dans tout organe vivant, outre l&#8217;atome de carbone normal (12C), on trouve aussi une certaine quantité de son isotope, le radiocarbone, qui se réduit de manière constante, pour devenir un isotope de l&#8217;azote. Tandis que le rapport entre 14C et 12C reste stable quand l&#8217;organisme est en vie, cet équilibre cesse d&#8217;exister à partir du moment où il meurt; à partir de cette mort, on observe un déclin constant qui implique la disparition du radiocarbone, qui diminue de moitié tous les 5730 ans. De ce fait, il suffit, dans un échan­tillon, de connaître le rapport entre deux isotopes pour pouvoir calculer les années écoulées depuis la mort de l&#8217;organisme. La mé­thode connaît cependant une limite : elle ne peut pas s&#8217;utiliser pour des objets d&#8217;investigation de plus de 70.000 ans.</p>
<p style="text-align: justify;">[11] <em>Archaeology</em>, Marzo 1995, pp. 28-35. Le &#8220;tartan&#8221; est une étoffe typique du plaid écossais. Pour se documenter plus précisément sur les divers éléments liés aux textiles et aux vêtements de ce peuple, nous recommandons la lecture d&#8217;un ouvrage excellent et exhaustif, comprenant de nombreuses comparaisons avec les équivalents en zone européenne: Elizabeth Wayland Barber, <em>The Mummies of Ürümchi</em>, W. W. Norton &amp; Company, Inc., New York, 1999.</p>
<p style="text-align: justify;">[12] Les mitochondries sont des organites présents dans les cellules des eucaryotes (tous les organismes vivants, des champignons aux mammifères) à des dizainesde milliers d&#8217;exemplaires. Seules ces structures, mis à part le noyau cellulaire, contiennent de l&#8217;ADN, molécule base de la transmission héréditaire, mais leur ADN est de dimensions beaucoup plus réduites que celui du noyau (200.000 fois plus court): il sert uniquement pour la synthèse des protéines né­cessaires à ces organites. Il faut se rappeler qu&#8217;au moment de la fécondation, il semble que seule la mère transmet les mitochon­dries à sa progéniture.</p>
<p style="text-align: justify;">[13] <em>Journal of Indo-European Studies</em>, 23, 3 &amp; 4, 1995, pp. 385-398.</p>
<p style="text-align: justify;">[14] <em>International Rewiew of Chinese Linguistics</em>, I, 1, 1998, p. 12. Voir aussi: Elizabeth Wayland Barber, <em>The Mummies of Ürümchi</em>, op. cit.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/les-indo-europeens-dans-la-chine-antique.html' addthis:title='Les Indo-Européens dans la Chine antique ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;œuvre de Herman Wirth (1885-1981)</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Jan 2011 17:16:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Par Wirth les Nordiques ont pénétré en Europe par l'Ouest, en longeant les voies fluviales, en quittant leurs terres progressivement inondées par la fonte des glaces arctiques. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/oeuvre-de-herman-wirth.html' addthis:title='L&#8217;œuvre de Herman Wirth (1885-1981) '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/labrys.png" width="48" height="48" alt="" title="Indoeuropei" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/buddha.jpg" width="48" height="48" alt="" title="Religione" /><br/><p style="text-align: justify;"><img class="alignright" style="margin: 10px;" title="Herman Wirth" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/hermanwirth.jpg" alt="" width="151" height="184" />Né le 6 mai 1885 à Utrecht aux Pays-Bas, <a title="Herman Wirth" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/hermann-wirth/">Herman Wirth</a> étudie la philologie néerlandaise, la philologie germanique, l&#8217;ethnologie, l&#8217;histoire et la musicologie aux universités d&#8217;Utrecht, de Leipzig et de Bâle. Son premier poste universitaire est une chaire de philologie néerlandaise à Berlin qu&#8217;il occupe de 1909 à 1919. Il enseigne à Bruxelles en 1917/18 et y appuie l&#8217;activisme flamand germanophile. Séduit par le mouvement de jeunesse contestataire et anarchisant d&#8217;avant 1914, le célèbre Wandervogel,   il tente de lancer l&#8217;idée aux Pays-Bas à partir de 1920, sous l&#8217;appelation de Dietse Trekvogel  (Oiseaux migrateurs thiois). En 1921, il entame ses études sur les <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> et l&#8217;art populaire en traitant des uleborden, les poutres à décoration animalière des pignons des vieilles fermes frisonnes.</p>
<p style="text-align: justify;">Convaincu de la profonde signification symbolique des motifs décoratifs traditionnels ornant les pignons, façades, objets usuels, pains et pâtisseries, Wirth mène une enquête serrée, interrogeant les vieux paysans encore dépositaires des traditions orales. Il tire la conclusion que les <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> géométriques simples remontent à la préhistoire et constituent le premier langage graphique de l&#8217;homme, objet d&#8217;une science qu&#8217;il appelle à approfondir: la paléo-épigraphie. Le <a title="symbole" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symbole</a> est une trace plus sûre que le mythe car il demeure constant à travers les siècles et les millénaires, tandis que le mythe subit au fil des temps quantités de distorsions. En posant cette affirmation, Wirth énonce une thèse sur la naissance des alphabets. Les signes alphabétiques dérivent, selon Wirth, de <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> désignant les mouvements des astres. Vu leur configuration, ils seraient apparus en Europe du Nord, à une époque où le pôle se situait au Sud du Groenland, soit pendant l&#8217;ère glacière où le niveau de la mer était inférieur de 200 m, ce qui laisse supposer que l&#8217;étendue océanique actuelle, recouvrant l&#8217;espace sis entre la Galice et l&#8217;Irlande, aurait été une zone de toundras, idéale pour l&#8217;élevage du renne. La montée des eaux, due au réchauffement du climat et au basculement du pôle vers sa position actuelle, aurait provoqué un reflux des chasseurs-éleveurs de rennes vers le sud de la Gaule et les Asturies d&#8217;abord, vers le reste de l&#8217;Europe, en particulier la Scandinavie à peine libérée des glaces, ensuite. Une autre branche aurait rejoint les plaines d&#8217;Amérique du Nord, pour y rencontrer une population asiatique et créer, par mixage avec elle, une race nouvelle. De cette hypothèse sur l&#8217;origine des populations europides et amérindiennes, Wirth déduit la théorie d&#8217;un diffusionnisme racial/racisant, accompagné d&#8217;une thèse audacieuse sur le matriarchat originel, prenant le relais de celle de Bachofen.</p>
<p style="text-align: justify;">Wirth croyait qu&#8217;un manuscrit frison du <a title="Moyen Age" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo">Moyen-Age</a>, l&#8217;<em>Oera-Linda bok</em>, recopié à chaque génération depuis environ le Xième siècle jusqu&#8217;au XVIIIième, contenait in nuce  le récit de l&#8217;inondation des toundras atlantiques et de la zone du Dogger Bank. Cette affirmation de Wirth n&#8217;a guère été prise au sérieux et l&#8217;a mis au ban de la communauté scientifique. Toutefois, le débat sur l&#8217;<em>Oera-Linda bok</em> n&#8217;est pas encore clos aux Pays-Bas aujourd&#8217;hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Très en vogue parmi les ethnologues, les folkloristes et les «symbolologues» en Allemagne, en Flandre, aux Pays-Bas et en Scandinavie avant-guerre, Wirth a été oublié, en même temps que les théoriciens allemands et néerlandais de la race, compromis avec le IIIième Reich. Or Wirth ne peut être classé dans la même catégorie qu&#8217;eux: d&#8217;abord parce qu&#8217;il estimait que la recherche des racines de la germanité, objectif positif, était primordiale, et que l&#8217;antisémitisme, attitude négative, était «une perte de temps»; ensuite, en butte à l&#8217;hostilité de Rosenberg, il est interdit de publication. Il reçoit temporairement l&#8217;appui de Himmler mais rompt avec lui en 1938, jugeant que les prétoriens du IIIième Reich, les SS,  sont une incarnation moderne des <em>Männerbünde</em> (des associations masculines) qui ont éradiqué, par le truchement du wotanisme puis du christianisme, les cultes des mères, propres à la culture matricielle atlanto-arctique et à son matriarchat apaisant, remontant à la fin du pliocène. Arrêté par les Américains en 1945, il est rapidement relaché, les enquêteurs ayant conclu qu&#8217;il avait été un «naïf abusé». Infatigable, il poursuit après guerre ses travaux, notamment dans le site mégalithique des Externsteine dans le centre de l&#8217;Allemagne et organise pendant deux ans, de 1974 à 1976, une exposition sur les communautés préhistoriques d&#8217;Europe. Il meurt à Kusel dans le Palatinat le 16 février 1981. Sans corroborer toutes les thèses de Wirth, les recherches des Britanniques Renfrew et Hawkins et du Français Jean Deruelle ont permis de revaloriser les civilisations mégalithiques ouest-européennes et de démontrer, notamment grâce au carbone 14, leur antériorité par rapport aux civilisations égyptienne, crétoise et mésopotamienne.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>L&#8217;ascension de l&#8217;humanité (Der Aufgang der Menschheit), 1928</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-medium wp-image-6596" style="margin: 10px;" title="aufgang" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/aufgang-245x300.jpg" alt="" width="245" height="300" />Ouvrage majeur de Wirth, <em>Der Aufgang der Menschheit </em>se déploie à partir d&#8217;une volonté de reconnaître le divin dans le monde et de dépasser l&#8217;autorité de type augustinien, reposant sur la révélation d&#8217;un Dieu extérieur aux hommes. Wirth entend poursuivre le travail amorcé par la Réforme, pour qui l&#8217;homme a le droit de connaître les vérités éternelles car Dieu l&#8217;a voulu ainsi. Wirth procède à une typologie racisée/localisée des religiosités: celles qui acceptent la révélation sont méridionales et orientales; celles qui favorisent le déploiement à l&#8217;infini de la connaissance sont «nordiques». La tâche à parfaire, selon Wirth, c&#8217;est de dépasser l&#8217;irreligion contemporaine, produit de la mécanisation et de l&#8217;économisme, en se plongeant dans l&#8217;exploration de notre passé. Seule une connaissance du passé le plus lointain permet de susciter une vie intérieure fondée, de renouer avec une <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a> spécifique, sans abandonner la démarche scientifique de recherche et sans sombrer dans les religiosités superficielles de substitution (pour Wirth: le néo-catholicisme, la théosophie ou l&#8217;anthroposophie de Steiner). Les travaux archéologiques ont permis aux Européens de replonger dans leur passé et de reculer très loin dans le temps les débuts hypothétiques de l&#8217;histoire. Parmi les découvertes de l&#8217;archéologie: les signes symboliques abstraits des sites «préhistoriques» de Gourdan, La Madeleine, Rochebertier et Traz-os-Montes (Portugal), dans le Sud-Ouest européen atlantique. Pour la science universitaire officielle, l&#8217;alphabet phénicien était considéré comme le premier système d&#8217;écriture alphabétique d&#8217;où découlaient tous les autres. Les signes des sites atlantiques ibériques et aquitains n&#8217;étaient, dans l&#8217;optique des archéologues classiques, que des «griffonnages ludiques». L&#8217;œuvre de Wirth s&#8217;insurge contre cette position qui refuse de reconnaître le caractère d&#8217;abord symbolique du signe qui ne deviendra phonétique que bien ultérieurement. L&#8217;origine de l&#8217;écriture remonte donc au Magdalénien: l&#8217;alphabet servait alors de calendrier et indiquait, à l&#8217;aide de <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> graphiques abstraits, la position des astres. Vu la présence de cette écriture linéaire, indice de civilisation, la distinction entre «histoire» et «préhistoire» n&#8217;a plus aucun sens: notre chronologie doit être reculée de 10.000 années au moins, conclut Wirth. L&#8217;écriture linéaire des populations du Magdalénien atlantique d&#8217;Ibérie, d&#8217;Aquitaine et de l&#8217;Atlas constituerait de ce fait l&#8217;écriture primordiale et les systèmes égyptiens et sumériens en seraient des dégénérescences imagées, moins abstraites. Théorie qui inverse toutes les interprétations conventionnelles de l&#8217;histoire et de la «pré-histoire» (terme que conteste Wirth).</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Der Aufgang der Menschheit </em>commence par une «histoire de l&#8217;origine des races humaines» (<em>Zur Urgeschichte der Rassen</em>).  Celle-ci débute à la fin de l&#8217;ère tertiaire, quand le rameau humain se sépare des autres rameaux des primates et qu&#8217;apparaissent les différents groupes sanguins (pour Wirth, le groupe I, de la race originelle —<em>Urrasse</em>—  arctique-nordique, précédant la race nordique proprement dite, et le groupe III de la race originelle sud-asiatique). Ce processus de différenciation raciale s&#8217;opère pendant l&#8217;éocène, l&#8217;oligocène, le miocène et le pliocène. A la fin de ces ères tertiaires, s&#8217;opère un basculement du pôle arctique qui inaugure une ère glaciaire en Amérique du Nord (glaciation de Kansan). Au début du quaternaire, cette glaciation se poursuit (en Amérique: glaciations de Günz, de l&#8217;Illinois et de l&#8217;Iowa; en Europe, glaciation de Mindel). Ces glaciations sont contemporaines des premiers balbutiements du paléolithique (culture des éolithes) et, pour Wirth, des premières migrations de la race originelle arctique-nordique vers l&#8217;Amérique du Nord, l&#8217;Atlantique Nord et l&#8217;Asie septentrionale, ce qui donne en Europe les cultures «pré-historiques» du Strépyen et du Pré-Chelléen. Le réchauffement du climat, à l&#8217;ère chelléenne, permet aux éléphants, rhinocéros et hippopotames de vivre en Europe. L&#8217;Acheuléen inaugure un rafraîchissement du climat, qui fait disparaître cette faune; ensuite, à l&#8217;ère moustérienne, s&#8217;enclenche une nouvelle glaciation (dite de Riß ou de Würm; en Amérique, première glaciation du Wisconsin). Sur le plan racial, l&#8217;Europe est peuplée par la race de Néanderthal et les hommes du Moustier, de Spy, de la Chapelle-aux-Saints, de La Ferrasie, de La Quina et de Krapina. Lors d&#8217;un léger réchauffement du climat, apparaît la race d&#8217;Aurignac, influencée par des éléments de la race arctique-nordique-atlantique, porteuse des premiers signes graphiques symboliques. C&#8217;est l&#8217;époque des cultures préhistoriques de l&#8217;Europe du Sud-Ouest, de la zone franco-cantabrique (squelette de Cro-Magnon, type humain mélangé, où se croise le sang arctique nordique et celui des populations non nordiques de l&#8217;Europe), à l&#8217;ère dite du Magdalénien (I &amp; II). Epoque-charnière dans l&#8217;optique de Wirth, puisqu&#8217;apparaissent, sur les parois des cavernes, notamment celles de La Madeleine, de Gourdan et du Font de Gaume en France, d&#8217;Altamira en Espagne, les dessins rupestres et les premières signes symboliques. Vers 12.000 avant notre ère, le climat se réchauffe et le processus de mixage entre populations arctiques-atlantiques-nordiques et Pré-Finnois de l&#8217;aire baltique (culture de Maglemose au Danemark) ou éléments alpinoïdes continentaux se poursuit, formant les différentes sous-races européennes. La Mer du Nord n&#8217;existe pas encore et l&#8217;espace du Dogger Bank (pour Wirth, le Polsete-Land) est occupé par le peuple Tuatha, de souche arctique-nordique, qui conquiert, à l&#8217;Est, le Nord-Ouest de l&#8217;Europe et, à l&#8217;Ouest, l&#8217;Irlande, qu&#8217;il arrache aux tribus «sud-atlantiques», les Fomoriens. La Mer du Nord disparaît sous les flots et, selon la thèse très contestée de Wirth, les populations arctiques-nordiques émigrent par vagues successives pendant plusieurs millénaires dans toute l&#8217;Europe, le bassin méditerranéen et le Moyen-Orient, transmettant et amplifiant leur culture originelle, celle des mégalithes. En Europe orientale, elles fondent les cultures dites de Tripolje, Vinça et Tordos, détruisent les palais crétois vers 1400 avant notre ère, importent l&#8217;écriture linéaire dans l&#8217;espace sumérien et élamite, atteignent les frontières occidentales de la Chine, s&#8217;installent en Palestine (les Amourou du Pays de Canaan vers -3000 puis les Polasata et les Thakara vers -1300/-1200), donnent naissance à la culture phénicienne qui rationalise et fonctionnalise leurs signes symboliques en un alphabet utilitaire, introduisent les dolmens en Afrique du Nord et la première écriture linéaire pré-dynastique en Egypte (-3300), etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignright size-medium wp-image-6597" style="margin: 10px;" title="was-heisst-deutsch" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/was-heisst-deutsch-224x300.jpg" alt="" width="224" height="300" />Pour prouver l&#8217;existence d&#8217;une patrie originelle arctique, Wirth a recours aux théories de la dérive des continents de W. Köppen et A. Wegener (<em>Die Entstehung der Kontinente und Ozeane</em>, 1922) et aux résultats de l&#8217;exploration des fonds maritimes arctiques et des restes de flore qu&#8217;O. Heer y a découverts (<em>Flora fossilis artica</em>,  Zürich, 1868-1883). A la fin du tertiaire et aux débuts du quaternaire, les continents européen et américain étaient encore soudés l&#8217;un à l&#8217;autre. La dérive de l&#8217;Amérique vers l&#8217;ouest et vers le sud aurait commencé lors de la grande glaciation du pléistocène. Le Groenland, les Iles Spitzbergen, l&#8217;Islande et la Terre de Grinell, avec le plateau continental qui les entoure, seraient donc la terre originelle de la race arctique-nordique, selon Wirth. Le plateau continental, aujourd&#8217;hui submergé, s&#8217;étendant de l&#8217;Ecosse et l&#8217;Irlande aux côtes galiciennes et asturiennes serait, toujours selon Wirth, la seconde patrie d&#8217;origine de ces populations. Comme preuve supplémentaire de l&#8217;origine «circumpolaire» des populations arctiques-nordiques ultérieurement émigrées jusqu&#8217;aux confins de la Chine et aux Indes, Wirth cite l&#8217;<em>Avesta</em>, texte sacré de l&#8217;Iran ancien, qui parle de dix mois d&#8217;hiver et de deux mois d&#8217;été, d&#8217;un hiver si rigoureux qu&#8217;il ne permettait plus aux hommes et au bétail de survivre, d&#8217;inondations post-hivernales, etc. La tradition indienne, explorée par Bal Gangâdhar Tilak (<em>The Arctic Home in the Vedas</em>, 1903), parle, elle, d&#8217;une année qui compte un seul jour et une seule nuit, ce qui est le cas au niveau du pôle. Aucun squelette de type arctique-nordique n&#8217;a été retrouvé, ni en Ecosse ou en Irlande, zones arctiques non inondées, ni le long des routes des premières migrations (Dordogne/Aquitaine, Espagne, Atlas, etc. jusqu&#8217;en Indonésie), parce que les morts étaient d&#8217;abord enfouis six mois dans le giron de la Terre-mère pour être ensuite exhumés et exposés sur une dalle plate, un pré-dolmen, pour être offerts à la lumière, pour renaître et retourner à la lumière, comme l&#8217;atteste le <em>Vendidad </em>iranien, la tradition des Parses et les coutumes funéraires des Indiens d&#8217;Amérique du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;organisation sociale des premiers groupes de migrants arctiques-nordiques est purement matriarcale: les femmes y détiennent les rôles dominants et sont dépositaires de la sagesse.</p>
<p style="text-align: justify;">En posant cette série d&#8217;affirmations, difficiles à étayer par l&#8217;archéologie, Wirth lance un défi aux théories des indo-européanisants qui affirment l&#8217;origine européenne/continentale des «<a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">Indo-Européens</a>» nordiques (appelation que Wirth conteste parce qu&#8217;il juge qu&#8217;elle jette la confusion). La race nordique et, partant, les «<a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">Indo-Européens</a>» ne trouvent pas, pour Wirth, leur origine sur le continent européen ou asiatique. Il n&#8217;y aurait jamais eu, selon lui, d&#8217;<em>Urvolk </em><a title="indo-européen" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européen</a> en Europe car les nordiques apparaissent toujours mélangés sur cette terre; les populations originelles de l&#8217;Europe sont finno-asiatiques. Les Nordiques ont pénétré en Europe par l&#8217;Ouest, en longeant les voies fluviales, en quittant leurs terres progressivement inondées par la fonte des glaces arctiques. Cette migration a rencontré la vague des Cro-Magnons sud-atlantiques (légèrement métissés d&#8217;arcto-nordiques depuis l&#8217;époque des Aurignaciens) progressant vers l&#8217;Est. La culture centre-européenne du néolithique est donc le produit d&#8217;un vaste métissage de Sud-Atlantiques, de Nordiques et de Finno-asiatiques, que prouvent les études sérologiques et la présence des <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a>. Les <a title="Celtes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/celti">Celtes</a> procèdent de ce mélange et ont constitué une civilisation qui a progressé en inversant les routes migratoires et en revenant en Irlande et dans la zone franco-cantabrique, emmenant dans leur sillage des éléments raciaux finno-asiatiques. En longeant le Rhin, ils ont traversé la Mer du Nord et soumis en Irlande le peuple nordique des Tuatha, venu de la zone inondée du Dogger Bank (Polsete-Land) et évoqué dans les traditions mythologiques celto-irlandaises. L&#8217;irruption des <a title="Celtes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/celti">Celtes</a> met fin à la culture matriarcale et monothéiste des Tuatha de l&#8217;ère mégalithique pour la remplacer par le patriarcat polythéiste d&#8217;origine asiatique, organisé par une caste de chamans, les druides. Wirth se réfère à Ammien Marcellin (1. XV, c.9, §4) pour étayer sa thèse: celui-ci parle des trois races de l&#8217;Irlande: l&#8217;autochtone, celle venue des «îles lointaines» et celle venue du Rhin, soit la sud-atlantique fomorienne, les Tuatha arcto-nordiques et les <a title="Celtes" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/celti">Celtes</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <a title="symbolisme" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symbolisme</a> graphique abstrait, que nous ont laissé ces peuples arcto-nordiques, temoigne d&#8217;une <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a> cosmique, d&#8217;un regard jeté sur le divin cosmique, d&#8217;une <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a> basée sur l&#8217;expérience du «mystère sacré» de la lumière boréale, de la renaissance solaire au solstice d&#8217;hiver. Dans cette <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a>, les hommes sont imbriqués entièrement dans la grande loi qui préside aux mutations cosmiques, marquée par l&#8217;éternel retour. La mort est alors un re-devenir (<em>ein Wieder-Werden</em>). Le divin est père, <em>Weltgeist</em>, depuis toujours présent et duquel procèdent toutes choses. Il envoie son fils, porteur de la «lumière des terres», pour se révéler aux hommes. Les hiéroglyphes qui expriment la présence de ce dieu impersonnel, qui se révèle par le soleil, se réfèrent au cycle annuel, aux rotations de l&#8217;univers, aux mutations incessantes qui l&#8217;animent, au cosmos, au ciel et à la terre. L&#8217;étymologie de <em>tu-ath</em> (vieil-irl.), ou de ses équivalents lituanien (<em>ta-uta</em>), osque (<em>to-uto</em>), vieux-saxon (<em>thi-od</em>),  dérive des racines *<em>ti</em>, *<em>to</em>, *<em>tu </em>(dieu) et *<em>ot</em>, *<em>ut</em>, *<em>at </em>(vie, souffle, âme).</p>
<p style="text-align: justify;">Ce peuple, connaisseur du «souffle divin», soit du mouvement des astres, a élaboré un système de signes correspondant à la position des planètes et des étoiles. Les modifications de ces systèmes de signes astronomiques étaient entraînées par les mouvements des corps célestes. Toute la civilisation mégalithique, explique Wirth, avant Renfrew, Hawkins et Deruelle, procède d&#8217;une <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a> astronomique. Elle est née en Europe occidentale et septentrionale et a essaimé dans le monde entier: en Amérique du Nord, au Maghreb (les mégalithes de l&#8217;Atlas), en Egypte, en Mésopotamie et, vraisemblablement, jusqu&#8217;en Indonésie et peut-être en Nouvelle-Zélande (les Maoris).</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Bibliographie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour une bibliographie très complète, se référer au travail d&#8217;Eberhard Baumann, <em>Verzeichnis der Schriften von Herman Felix WIRTH Roeper Bosch von 1911 bis 1980 sowie die Schriften für, gegen, zu und über die Person und das Werk von Herman Wirth</em>, Gesellschaft für Europäische Urgemeinschaftskunde e.V., Kolbenmoor, 1988. Notre liste ci-dessous ne reprend que les ouvrages principaux: <em>Der Untergang des niederländischen Volksliedes</em>, La Haye, 1911; <em>Um die wissenschaftliche Erkenntnis und den nordischen Gedanken</em>, Berlin, 1929 (?); <em>Der Aufgang der Menschheit</em>,  Iéna, 1928 (2ième éd., 1934); <em>Die Heilige Urschrift der Menschheit</em>,  Leipzig, 1931-36; <em>Was heißt deutsch? Ein urgeistgeschichtlicher Rückblick zur Selbstbestimmung und Selbstbesinnung</em>,  Iéna, 1931 (2ième éd., 1934); <em>Führer durch die Erste urreligionsgeschichtliche Ausstellung &#8220;Der Heilbringer&#8221;. Von Thule bis Galiläa und von Galiläa bis Thule</em>, Berlin/Leipzig, 1933; <em>Die Ura-Linda-Chronik</em>,  Leipzig, 1933; <em>Die Ura-Linda-Chronik. Textausgabe </em>(texte de la Chronique d&#8217;Oera-Linda traduit par H.W.), Leipzig, 1933; <em>Um den Ursinn des Menschseins</em>,  Vienne, 1960; <em>Der neue Externsteine-Führer</em>, Marbourg, 1969; <em>Allmutter. Die Entdeckung der &#8220;altitalischen&#8221; Inschriften in der Pfalz und ihre Deutung</em>,  Marbourg, 1974; <em>Führer durch das Ur-Europa-Museum mit Einführung in die Ursymbolik und Urreligion</em>,  Marbourg, 1975; <em>Europäische Urreligion und die Externsteine</em>,  Vienne, 1980.</p>
<p style="text-align: justify;">- Sur Wirth: consulter la bibliographie complète de Eberhard Baumann (op. cit.); cf. également: Eberhard Baumann, <em>Der Aufgang und Untergang der frühen Hochkulturen in Nord- und Mitteleuropa als Ausdruck umfassender oder geringer Selbstverwirklung (oder Bewußtseinsentfaltung) dargestellt am Beispiel des Erforschers der Symbolgeschichte Professor Dr. Herman Felix Wirth</em>, Herborn-Schönbach, 1990 (disponible chez l&#8217;auteur: Dr. E. Baumann, Linzer Str. 12, D-8390 Passau). Cf. également: Walter Drees, <em>Herman Wirth bewies: die arktisch-atlantische Kulturgrundlage schuf die Frau</em>, Vlotho-Valdorf, chez l&#8217;auteur (Kleeweg 6, D-4973 Vlotho-Valdorf); Dr. A. Lambardt, <em>Ursymbole der Megalithkultur. Zeugnisse der Geistesurgeschichte</em>, Heitz u. Höffkes, Essen, s.d.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/oeuvre-de-herman-wirth.html' addthis:title='L&#8217;œuvre de Herman Wirth (1885-1981) ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>Homère dans la Baltique</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Jul 2010 14:29:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Felice Vinci</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Ce texte constitue l’introduction du livre de Felice Vinci, Omero nel Baltico [Homère dans la Baltique]. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/homere-dans-la-baltique.html' addthis:title='Homère dans la Baltique '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/labrys.png" width="48" height="48" alt="" title="Indoeuropei" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/storia-antica.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Storia antica" /><br/><p style="text-align: justify;">Depuis l’<a title="antiquité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/storia-antica">Antiquité</a>, la géographie homérique a donné lieu à des problèmes et à de l’incertitude. La conformité des villes, pays et îles, que le poète décrit souvent avec une abondance de détails, avec des sites méditerranéens traditionnels est habituellement seulement partielle ou même inexistante. Nous trouvons divers cas dans Strabon (le géographe et historien grec, 63 av. JC – 23 apr. JC), qui, par exemple, n’expliquent pas pourquoi l’île de Pharos, située juste en face du port d’Alexandrie, semble dans l’<em>Odyssée </em>se trouver inexplicablement à un jour de navigation de l’Egypte. Il y a aussi la question de la localisation d’Ithaque, qui, d’après des indications très précises trouvées dans l’Odyssée, est la plus à l’ouest dans un archipel qui comprend trois îles principales, Doulichion, Samé et Zacynthe. Cela ne correspond pas à la réalité géographique de l’Ithaque grecque dans la mer Ionienne, située au nord de Zacynthe, à l’est de Cephallenia et au sud de Leucas. Et ensuite, que faire du Péloponnèse, décrit comme une plaine dans les deux poèmes?</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, la géographie homérique est tout aussi problématique pour les spécialistes contemporains. Par ex., le Pr. Moses Finley affirme «la complète absence de contact entre la géographie mycénienne, telle que nous la connaissons d’après les tablettes et l’archéologie, et les récits d’Homère. Les tentatives qui ont été faites pour les réconcilier (…) ne sont pas convaincantes» (<em>The World of Odysseus</em>, App. II). A son tour, le Pr. Franco Montanari déclare que «concernant les correspondances entre la géographie homérique et la mycénienne, de nombreux pas en arrière ont été faits, dans la mesure où on insiste maintenant sur les divergences» (<em>Introduction to Homer</em>, Chap. 6).</p>
<p style="text-align: justify;">
<div id="attachment_5430" class="wp-caption alignright" style="width: 249px"><img class="size-full wp-image-5430" title="felice--vinci" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/felice-vinci.jpg" alt="Felice Vinci" width="239" height="339" /><p class="wp-caption-text">Felice Vinci</p></div>
<p style="text-align: justify;">En d’autres mots, la géographie homérique se réfère à un contexte avec une topographie qui nous est familière, mais qui, si on la compare à la disposition physique réelle du monde grec, révèle des anomalies flagrantes, qui sont difficiles à expliquer, ne serait-ce qu’en raison de leur cohérence tout au long des deux poèmes. Par exemple, le Péloponnèse apparaît comme une plaine non pas sporadiquement mais régulièrement, et Doulichion, la «longue île» (en grec «dolichos» signifie «long») située près d’Ithaque, est mentionnée à de nombreuses reprises non seulement dans l’<em>Odyssée</em> mais aussi dans l’<em>Iliade</em>, mais ne fut jamais retrouvée dans la Méditerranée. Nous sommes ainsi confrontés à un monde qui semble réellement proche et inaccessible, en-dehors de quelques convergences occasionnelles, bien que les noms soient familiers (cela tend cependant à être plus trompeur qu’autre chose pour résoudre le problème).</p>
<p style="text-align: justify;">Une clé possible pour pénétrer finalement ce monde mystérieux est fournie par Plutarque (46-120 apr. JC). Dans son ouvrage <em>De facie quae in orbe lunae apparet </em>(«Le visage qui apparaît dans le cercle de la lune»), il fait une affirmation surprenante: l’île d’Ogygie, où Calypso retient Ulysse avant de lui permettre de retourner à Ithaque, est située dans l’Océan Atlantique Nord, «à cinq jours de navigation de la [Grande]-Bretagne».</p>
<p style="text-align: justify;">Les indications de Plutarque nous conduisent à identifier Ogygie avec l’une des îles Féroé (où nous tombons aussi sur une île avec un nom à la consonance grecque: Mykines). En partant de là, la route vers l’est, que suit Ulysse (Livre V de l’<em>Odyssée</em>) dans son voyage d’Ogygie à Schérie nous permet de localiser cette dernière, c’est-à-dire le pays des Phéaciens, sur la côte sud de la Norvège, dans une région cadrant parfaitement avec le récit de son arrivée, où les traces archéologiques de l’Age du Bronze sont abondantes. De plus, alors que d’une part «sker» en vieux norrois signifie «rocher dans la mer», d’autre part, dans le récit de l’arrivée d’Ulysse, Homère décrit l’inversion du courant de la rivière, qui est inconnue dans le monde méditerranéen mais qui est typique des estuaires atlantiques pendant la marée haute.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.libriefilm.com/omero-nel-baltico-2/3929" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-5431" style="margin: 10px;" title="omero-nel-baltico" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/omero-nel-baltico.jpeg" alt="" width="200" height="276" /></a>De là les Phéaciens emmènent Ulysse à Ithaque, située à l’extrémité d’un archipel, que Homère décrit dans les moindres détails. A ce moment, une série de parallèles précis rend possible l’identification d’un groupe d’îles danoises, au sud de la mer Baltique, qui correspondent exactement à toutes les indications d’Homère. En fait, l’archipel des Fyn du Sud comprend trois îles principales: Langeland (la «longue île»; qui résout finalement l’énigme de la mystérieuse île de Doulichion), Aerö (qui correspond parfaitement à la Samé homérique) et Täsinge (l’ancienne Zacynthe). La dernière île de l’archipel, située à l’ouest, «face à la nuit», est l’Ithaque d’Ulysse, aujourd’hui connue sous le nom de Lyö. Il est stupéfiant de voir à quel point cela coïncide étroitement avec les indications du poète, non seulement par la position, mais aussi par ses traits topographiques et morphologiques. Et ici, parmi ce groupe d’îles, nous pouvons aussi identifier la petite île «dans le détroit entre Ithaque et Samé», où les soupirants de Pénélope tentèrent de piéger Télémaque.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, l’Elis, c’est-à-dire l’une des régions du Péloponnèse, est décrite comme se trouvant en face de Doulichion. On peut facilement l’identifier avec une partie de la grande île danoise de Seeland. Par conséquent, cette dernière est le «Péloponnèse» d’origine, c’est-à-dire «l’île de Pélops», dans le vrai sens du mot «île» («nêsos» en grec). D’autre part, le Péloponnèse grec (qui se trouve dans une position similaire dans la mer Egée, c’est-à-dire sur son coté sud-ouest) n’est pas une île, malgré son nom. En outre, les détails rapportés dans l’<em>Odyssée</em> concernant le rapide voyage de Télémaque en chariot de Pylos à Lacédémone, à travers une «plaine où pousse le blé», ainsi que la guerre entre les Pyliens et les Epéens, telle qu’elle est racontée dans le Livre XI de l’<em>Iliade</em>, ont toujours été considérés comme incohérents par rapport à la géographie accidentée de la Grèce, alors qu’ils cadrent parfaitement avec l’île plate de Seeland.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, le long de la côte et des îles de la mer de Norvège – qui est traversée par une branche du Gulf Stream, identifiable avec le mythique «Fleuve Océan» – on peut trouver de nombreuses similarités suggestives avec les célèbres aventures d’Ulysse, qui ont leurs racines dans les histoires de marins et dans le folklore local et qui furent transformées par l’imagination du poète avant d’être transposées dans un contexte totalement différent, où elles devinrent méconnaissables. Ces aventures peuvent être considérées comme des souvenirs des routes maritimes de l’Age de Bronze: les références géographiques d’Homère nous permettent de les reconstruire dans les moindres détails. Plus encore, un certain nombre de phénomènes qui paraissent incompréhensibles, comme le chant des Sirènes, le tourbillon de Charybde et les danses de l’aurore sur l’île de Circé, trouvent immédiatement une explication dès qu’ils sont ramenés dans leur environnement atlantique d’origine. Adieu la Grèce, adieu la Méditerranée!</p>
<p style="text-align: justify;">Quant à Ulysse, Homère mentionne ses «cheveux clairs», et Tacite affirme qu’il navigua dans les mers nordiques (<em>Germanie</em>, 3, 2). De plus, de remarquables similarités existent entre lui et Ull, un archer et guerrier de la mythologie nordique. D’autre part, Pindare mentionne les «Danaens aux cheveux clairs» dans sa <em>Neuvième Néméenne</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2070409120?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2070409120" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-5432" style="margin: 10px;" title="odyssee" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/odyssee.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Cela ne devrait pas être trop surprenant: en fait, nous ne devrions pas oublier ce que le Pr. Stuart Pigott, un savant très distingué, déclare au sujet du monde d’Homère: «La noblesse des hexamètres [homériques] ne devrait pas nous tromper, nous conduisant à croire que l’<em>Iliade</em> et l’<em>Odyssée</em> sont quelque chose de différent des poèmes de l’Europe largement barbare de l’Age de Bronze et du début de l’Age de Fer» (<em>Ancient Europe</em>, Chap. IV). Un peu plus loin, il cite une déclaration extrêmement significative de Rhys Carpenter: «Aucun sang minoen ou asiatique ne coule dans les veines des Muses grecques: elles sont très éloignées du monde crétois-mycénien. Elles sont plutôt en contact avec les éléments européens de la culture et de la langue grecques (…). Derrière la Grèce mycénienne … s’étend l’Europe».</p>
<p style="text-align: justify;">Regardons maintenant la région de Troie. Dans l’<em>Iliade </em>elle est située le long de la mer de l’Hellespont, qui est systématiquement décrit comme étant «vaste» ou même «sans limites». Nous pouvons donc exclure qu’il se réfère au détroit des Dardanelles, où se trouve la cité découverte par Schliemann. L’identification de cette cité avec la Troie d’Homère soulève toujours de sérieux doutes: il nous suffit de penser à la critique effectuée par Finley dans <em>The World of Odysseus</em>. Elle coïncide avec la localisation de la Troie gréco-romaine, mais Strabon affirme clairement que cette dernière ne coïncide pas avec la cité homérique. D’autre part, l’historien médiéval danois Saxo Grammaticus, dans sa <em>Gesta Danorum</em>, mentionne souvent une population connue comme les «Hellespontiens» et une région appelée Hellespont, qui, assez curieusement, semble être située dans l’est de la mer Baltique. Pourrait-il s’agir de l’Hellespont d’Homère? Nous pouvons l’identifier avec le golfe de Finlande, qui est la contrepartie géographique des Dardanelles (puisque tous deux se trouvent au nord-est de leurs bassins respectifs). Puisque Troie, d’après l’<em>Iliade</em>, se trouve au nord-est de la mer (une raison de plus pour contester la localisation de Schliemann), alors il semble raisonnable, dans l’esprit de cette recherche, de regarder vers une région de la Finlande du Sud, où le golfe de Finlande rejoint la mer Baltique. Dans cette région, à l’ouest d’Helsinki, nous trouvons un certain nombre de noms de lieux qui ressemblent étonnamment à ceux mentionnés dans l’<em>Iliade </em>et, en particulier, à ceux donnés aux alliés des Troyens: Askainen (Ascanius), Reso (Rhesus), Karjaa (Caria), Nästi (Nastes, le chef des Cariens), Lyökki (Lycie), Tenala (Ténédos), Kiila (Scylla), Kiikoinen (Ciconiens), etc. Il y a aussi une Padva, qui nous rappelle la Padoue [Padua] italienne, qui fut fondée, d’après la tradition, par le Troyen Antênor et qui se trouve en Vénétie (les «Eneti» ou «Veneti» étaient des alliés des Troyens). Encore plus, les noms de lieux Tanttala et Sipilä (le mythique roi Tantale, célèbre pour ses supplices, fut enterré sur le mont Sipylus) indiquent que cette question n’est pas limitée à la géographie homérique, mais semble s’étendre à tout le monde de la mythologie grecque.</p>
<p style="text-align: justify;">Et pour Troie? Juste au milieu de cette région, à mi-chemin entre Helsinki et Turku, nous découvrons que la cité du roi Priam a survécu au pillage et à l’incendie des Achéens. Ses caractéristiques correspondent exactement à celles qu’Homère nous a transmises: la région accidentée qui domine la vallée avec ses deux rivières, la plaine qui descend vers la côte, et les régions montagneuses en arrière-plan. Elle a même conservé son propre nom presque inchangé après tout ce temps. Aujourd’hui, «Toija» est un paisible village finlandais, inconscient de son passé glorieux et tragique.</p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs visites dans ces lieux, à partir du 11 juillet 1992, ont confirmé la correspondance extraordinaire entre les descriptions de l’<em>Iliade </em>et la région entourant Toija. De plus, nous tombons ici sur de nombreuses traces significatives de l’Age du Bronze. Incroyable, mais en direction de la mer nous trouvons un endroit appelé Aijala, qui rappelle la «plage» («aigialos») où, d’après Homère, les Achéens firent accoster leurs bateaux (II. XIV, 34). En outre, le nom de la Halikonjoki, c’est-à-dire la «rivière Haliko», qui coule à 20 km de Toija, est identique à l’ancien nom grec, «Halikos», de l’actuelle rivière Platani, au sud-ouest de la Sicile, qui s’écoule dans la mer dans une région extrêmement riche en vestiges archéologiques et en souvenirs mythiques de l’ancienne Grèce.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2080810855?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2080810855" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-5433" style="margin: 10px;" title="finley-grece" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/finley-grece.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>La correspondance s’étend aux régions voisines. Par exemple, le long de la côte suédoise faisant face à la Finlande du Sud, à 70 km au nord de Stockholm, la longue et relativement étroite baie de Norrtälje rappelle l’Aulis homérique, d’où la flotte achéenne partit vers Troie. De nos jours, des ferries partent d’ici pour la Finlande, suivant la même route ancienne. Ils dépassent l’île de Lemland, dont le nom nous rappelle l’ancienne Lemnos, où les Achéens firent halte et abandonnèrent le héros Philoctète. Près de là se trouve Äland, la plus grande île de l’archipel du même nom, qui coïncide probablement avec Samothrace, le site mythique des mystères du travail des métaux. Le golfe de Botnie adjacent est facilement identifiable avec la mer Thracienne d’Homère, et avec l’ancienne Thrace, que le poète place au nord-ouest de Troie sur le bord opposé de la mer, probablement située le long de la côte nord de la Suède et de son arrière-pays (il est remarquable qu’une saga nordique identifie la Thrace avec la résidence du dieu Thor). Plus au sud, en-dehors du golfe de Finlande, l’île de Hiiumaa, située à l’opposé de la côte estonienne, correspond exactement à la Chios d’Homère, qui, d’après l’<em>Odyssée</em>, se trouve sur le chemin du retour de la flotte achéenne après la guerre.</p>
<p style="text-align: justify;">Bref, à part les traits morphologiques de cette région, la position géographique de la Troas finlandaise s’adapte comme un gant aux indications mythologiques. En fait, cela explique pourquoi un «épais brouillard» tombe souvent sur les combats dans la plaine troyenne, et pourquoi la mer d’Ulysse n’est jamais aussi brillante que celle des îles grecques, mais toujours «grise» et «brumeuse». Quand nous voyageons dans le monde d’Homère, nous rencontrons le mauvais temps qui est typique du monde nordique. Partout dans les deux poèmes, le temps, avec du brouillard, du vent, de la pluie, des températures froides et de la neige (qui tombe sur les plaines et même jusqu’en mer), a peu en commun avec le climat méditerranéen; de plus, le soleil et les chaudes températures ne sont presque jamais mentionnées. En un mot, le plus souvent le temps est troublé, à tel point que les combattants revêtus de bronze implorent un ciel sans nuages pendant la bataille. Nous sommes bien loin des plaines torrides de l’Anatolie. La manière dont les personnages d’Homère sont vêtus est en parfait accord avec ce genre de climat. Ils portent des tuniques et d’«épais et lourds manteaux» qu’ils n’enlèvent jamais, pas même durant les banquets. Cette tenue correspond exactement aux restes de vêtements trouvés dans les tombes danoises de l’Age de Bronze, jusqu’à des détails comme la broche de métal qui attachait le manteau à l’épaule.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette localisation nordique explique aussi l’énorme anomalie de la grande bataille qui occupe les livres centraux de l’<em>Iliade</em>. La bataille continue pendant deux jours et une nuit. Le fait que l’obscurité ne mette pas fin au combat est incompréhensible dans le monde méditerranéen, mais il devient clair dans le cadre baltique. Ce qui permet aux renforts de Patrocle de poursuivre le combat jusqu’au lendemain, sans interruption, est une légère lumière nocturne, qui est typique des hautes latitudes durant le solstice d’été. Cette interprétation – corroborée par la submersion du Scamander pendant la bataille suivante (dans les régions nordiques cela survient en mai ou en juin du fait du dégel) – nous permet de reconstruire les étapes de toute la bataille d’une manière cohérente, dissipant les interrogations et les interprétations forcées d’aujourd’hui. De plus, nous arrivons même à tirer d’un passage de l’<em>Iliade</em> le mot grec utilisé pour nommer les nuits claires typiques des régions situées près du Cercle Arctique: la «<em>nix amphilyke</em>» est un véritable fossile linguistique qui, grâce à l’épopée homérique, a survécu à la migration des Achéens vers l’Europe du Sud.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2012793428?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2012793428" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-5434" style="margin: 10px;" title="on-a-perdu-la-guerre-de-troie" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/uploads/on-a-perdu-la-guerre-de-troie.jpg" alt="" width="300" height="300" /></a>Il est aussi important de noter que les murs de Troie, tels qu’ils sont décrits par Homère, apparaissent comme une sorte de palissade rustique faite de bois et de pierre, similaire aux archaïques palissades nordiques en bois (comme les murs du Kremlin jusqu’au 15ème siècle) bien plus qu’aux puissantes forteresses des civilisations égéennes.</p>
<p style="text-align: justify;">Examinons maintenant le dénommé <em>Catalogue des Navires </em>du Livre II de l’<em>Iliade</em>, qui énumère les vingt-neuf flottes achéennes qui prennent part à la guerre de Troie, avec les noms de leurs capitaines et lieux d’origine. Cette liste se déroule dans le sens contraire aux aiguilles d’une montre, partant de la Suède centrale, continuant le long des côtes baltiques et finissant en Finlande. Si nous combinons cela avec les données contenues dans les deux poèmes et dans le reste de la mythologie grecque, nous pouvons complètement reconstruire le monde achéen autour de la mer Baltique, où, comme l’archéologie le confirme, l’Age du Bronze s’épanouissait au second millénaire av. JC, favorisé par un climat plus chaud que celui d’aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce nouveau contexte géographique, tout l’univers appartenant à Homère et à la mythologie grecque se dévoile finalement avec une cohérence stupéfiante. Par exemple, en suivant la séquence du <em>Catalogue</em>, nous localisons immédiatement la Béotie (correspondant à la région autour de Stockholm). Ici il est facile d’identifier la Thèbes d’Œdipe et le mythique mont Nysa (qui ne fut jamais retrouvé dans le monde grec), où les Hyades élevèrent le bébé Dionysos. L’Eubée d’Homère coïncide avec l’actuelle île de Öland, située au large de la côte suédoise dans une position similaire à celle de sa contrepartie méditerranéenne. L’Athènes mythique, pays natal de Thésée, se trouve dans la région de l’actuelle Karlskrona au sud de la Suède (cela explique pourquoi Platon, dans son dialogue du <em>Critias</em>, en parle comme d’une plaine onduleuse remplie de rivières, qui est totalement étrangère à la rude morphologie de la Grèce). Les traits d’autres cités achéennes, comme Mycènes ou Calydon, telles qu’elles sont décrites par Homère, semblent être aussi complètement différentes de celles de leurs homonymes sur le sol grec. En particulier, Mycènes se trouve dans le site de l’actuelle Copenhague, où l’île d’Amager peut rappeler son ancien nom et peut expliquer pourquoi il était au pluriel. Ici, sur l’île plate de Seeland (c’est-à-dire le «Péloponnèse» homérique), nous pouvons facilement identifier les royaumes d’Agamemnon et de Ménélas, l’Arcadie, le fleuve Alphée, et en particulier la Pylos du roi Nestor, dont la localisation était considérée comme un mystère même par les anciens Grecs. En situant les poèmes d’Homère dans la Baltique, cette énigme immémoriale est aussi résolue immédiatement. De plus, il est également facile de résoudre le problème de l’étrange frontière entre Argos et Pylos, qui est mentionnée dans l’<em>Iliade</em> mais qui est «impossible» dans le monde grec. Après le Péloponnèse, le Catalogue mentionne Doulichion et continue avec l’archipel d’Ithaque, qui était déjà identifié grâce aux indications fournies par l’<em>Odyssée</em>. Nous pouvons ainsi vérifier la cohérence de l’information contenue dans les deux poèmes ainsi que leur concordance avec la géographie baltique.</p>
<p style="text-align: justify;">Après Ithaque, la liste continue avec les Etoliens, qui rappellent les anciens Jutes. Ils donnèrent leur nom au Jutland, qui se trouve en fait près des îles des Fyn du Sud. Homère mentionne Pylène dans les cités étoliennes, qui correspond à l’actuelle Plön, en Allemagne du Nord, non loin du Jutland. A l’opposé de cette région, dans la mer du Nord, le nom d’Héligoland, l’une des îles Frisonnes du Nord, rappelle Helike, un sanctuaire du dieu Poséidon mentionné dans l’<em>Iliade</em>.</p>
<p style="text-align: justify;">Que dire de la Crète, le «vaste pays» aux «cent cités» et aux nombreuses rivières, qui n’est jamais décrite comme une île par Homère? Elle correspond à la région de Poméranie de la région sud-baltique, qui s’étend de la côte allemande à la côte polonaise. Cela explique pourquoi dans les riches productions picturales de la civilisation minoenne, qui s’épanouit dans la Crète égéenne, nous ne trouvons aucune allusion à la mythologie grecque, et pourquoi les bateaux sont si rarement représentés. Il serait aussi tentant de supposer une relation entre le nom «Polska» et les Pélasges, les habitants de la Crète homérique. A cet endroit, il est aussi facile d’identifier Naxos (où Thésée laisse Ariane lors de son voyage de retour de la Crète à Athènes) avec l’île de Bornholm, située entre la Pologne et la Suède, où la ville de Neksö rappelle encore l’ancien nom de l’île. De même, nous découvrons que le «Fleuve Egypte» de l’Odyssée coïncide probablement avec la Vistule actuelle, révélant ainsi la véritable origine du nom que les Grecs donnèrent au pays des Pharaons, connu comme «Kem» dans la langue locale. Cela explique la position incongrue de la Thèbes égyptienne homérique, qui, selon l’<em>Odyssée</em>, est bizarrement située près de la mer. Manifestement la capitale égyptienne, qui se trouve au contraire à des centaines de kilomètres du delta du Nil et qui était connue à l’origine sous le nom de Wö’se, fut renommée par les Achéens d’après le nom d’une cité baltique, après leur arrivée en Méditerranée. La véritable Thèbes était probablement l’actuelle Tczew, dans le delta de la Vistule. Au nord de ce dernier, au centre de la mer baltique, l’île de Färö rappelle la Pharos homérique, qui se trouve d’après l’<em>Odyssée</em> au milieu de la mer à un jour de navigation de l’«Egypte» (alors que la Pharos méditerranéenne n’est qu’à un kilomètre du port d’Alexandrie). En outre, le nom d’une population barbare qui vivait près de l’embouchure de la Vistule jusqu’au 3ème siècle après JC, les «Gépides», rappelle le nom «Aigyptos»: cela corrobore l’idée que l’Egypte homérique se trouvait autour du delta de la Vistule.</p>
<p style="text-align: justify;">Le <em>Catalogue des Navires </em>touche maintenant les Républiques baltes. L’Hellade se trouve sur la côte de l’actuelle Estonie, et donc proche de l’Hellespont homérique (c’est-à-dire la «mer de Helle»), le golfe de Finlande d’aujourd’hui. Dans cette région, les spécialistes ont trouvé des légendes qui présentent des parallèles remarquables avec la mythologie grecque. Phthie, la patrie d’Achille, se trouve dans les collines fertiles de l’Estonie du sud-est, le long de la frontière avec la Lettonie et la Russie, s’étendant jusqu’à la rivière russe Velikaja et au lac de Pskov. Les Myrmidons et les Phthiens vivaient ici, gouvernés par Achille et Protesilée (le premier capitaine achéen qui tomba dans la guerre de Troie) respectivement.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, en suivant la séquence, nous atteignons la côte finlandaise, face au golfe de Botnie, où nous trouvons Jolkka, qui nous rappelle Iolcos, la cité mythique de Jason. Plus au nord, nous pouvons aussi identifier la région de l’Olympe, du Styx et de la Piérie en Laponie finlandaise (qui rappelle à son tour les Lapithes homériques, c’est-à-dire les ennemis jurés des Centaures qui vivaient aussi dans cette région). Cette localisation de la Piérie au nord du cercle arctique est confirmée par une anomalie astronomique apparente, liée au cycle de la lune, qui se trouve dans l’<em>Hymne à Hermès </em>d’Homère: elle ne peut être expliquée que par la haute latitude. La «demeure d’Hadès» était encore plus au nord, sur les côtes glacées de la Carélie russe: ici arriva Ulysse, ses voyages représentant le dernier vestige des routes préhistoriques durant une ère qui était caractérisée par un climat très différent de celui d’aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant au climat, la période durant laquelle les poèmes d’Homère furent composés doit avoir été proche de la fin d’une période exceptionnellement chaude qui avait duré plusieurs milliers d’années. Il est largement accepté que l’«optimum climatique post-glaciaire», quand les températures en Europe du nord étaient beaucoup plus élevées qu’aujourd’hui, atteignit son apogée vers 2500 av. JC et commença à décliner vers 2000 av. JC. Par conséquent, il est hautement probable que les Achéens furent obligés de descendre vers la Méditerranée pour cette raison. La civilisation mycénienne, qui n’était pas originaire de Grèce, naquit ainsi et continua à s’épanouir à partir du 16ème siècle av. JC, comme l’affirment les spécialistes.</p>
<p style="text-align: justify;">A cet endroit, on peut se demander où cette recherche se situe par rapport aux acquis de la science d’aujourd’hui. Nous avons déjà noté que la géographie homérique, après avoir donné beaucoup de mal aux anciens savants, cause aussi des difficultés à ceux d’aujourd’hui. En fait, quand le décodage de l’écriture mycénienne «Linéaire B» permit de comparer le monde mycénien au monde homérique, les résultats furent énigmatiques. A coté des contradictions susmentionnées entre Homère et la géographie mycénienne, les spécialistes notèrent, ainsi que l’affirme le Pr. Montanari, «les relations problématiques entre Homère et le monde mycénien ainsi qu’avec le <a title="Moyen Age" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo">Moyen Age</a> hellénique» (<em>Introduction to Homer</em>, Chap. 6; incidemment, ce «<a title="Moyen Age" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo">Moyen Age</a>» est la période entre l’effondrement de la civilisation mycénienne, au 12ème siècle av. JC, et le commencement de l’histoire grecque, autour du 8ème siècle).</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, il y a des preuves que la civilisation mycénienne était venue du nord. En particulier, le distingué savant suédois, le Pr. Martin P. Nilsson, rapporte dans ses travaux des traces archéologiques considérables découvertes dans les sites mycéniens en Grèce, confirmant leur origine nordique. Quelques exemples sont: l’existence d’une grande quantité d’ambre baltique dans les plus anciennes tombes mycéniennes en Grèce (qui ne venait pas du commerce, parce que l’ambre est très rare dans les tombes minoennes contemporaines en Crète ainsi que dans les tombes plus récentes sur le continent); les traits typiquement nordiques de leur architecture (le mégaron mycénien «est identique au hall des anciens rois scandinaves»); la «similarité frappante» de deux dalles de pierre trouvées dans une tombe de Dendra «avec les menhirs de l’Age de Bronze en Europe centrale»; les crânes de type nordique trouvés dans la nécropole de Kalkani, etc. (<em>Homer and Mycenae</em>, II, 3).</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, des archéologues comme Geoffrey Bibby (<em>Four Thousand Years Ago</em>, Chap. 13) et des philosophes comme Bertrand Russell (<em>History of Western Philosophy</em>, Chap. 1) pensent qu’il est probable que la civilisation mycénienne venait d’envahisseurs nordiques aux cheveux clairs apportant la langue grecque avec eux.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autre part, le Pr. Klavs Randsborg souligne que l’art égéen et certains vestiges scandinaves datant de l’Age du Bronze – par exemple, les figures gravées sur la tombe de Kivik en Suède – présentent des affinités remarquables, à tel point qu’un savant du 19ème siècle suggéra que le monument avait été construit par les Phéniciens (<em>Kivik archeology and iconography</em>, Chap. 10).</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre signe de la présence achéenne dans le monde nordique dans un passé très éloigné est un graffiti mycénien découvert dans le complexe mégalithique de Stonehenge dans le sud de l’Angleterre. D’autres vestiges révélant l’influence mycénienne furent trouvés dans la même région («culture de Wessex»), qui datent d’une période antérieure à la civilisation mycénienne en Grèce.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela cadre avec le fait que la datation au radiocarbone, corrigée avec la dendrochronologie, c’est-à-dire le calibrage des troncs d’arbres, a récemment contredit l’idée d’une origine orientale de la civilisation européenne. Le Pr. Colin Renfrew décrit les conséquences pour la chronologie traditionnelle: «Ces changements apportent avec eux toute une série d’inversions alarmantes dans les relations chronologiques. Les tombes mégalithiques de l’Europe occidentale deviennent maintenant plus anciennes que les pyramides ou les tombes rondes de Crète, leurs prédécesseurs supposés. Les premières cultures balkaniques utilisant le métal précèdent Troie et les premiers Egéens de l’Age de Bronze, dont ils étaient supposés dériver. Et en Grande-Bretagne, la structure finale de Stonehenge, autrefois considérée comme inspirée par la connaissance architecturale mycénienne, était terminée bien avant le début de la civilisation mycénienne» (<em>Before Civilization, The Radiocarbon Revolution and Prehistoric Europe</em>, Chap. 4).</p>
<p style="text-align: justify;">En tous cas, les études réalisées sur la civilisation mycénienne et son origine, loin de clarifier sa relation avec les poèmes homériques, mettent en lumière une image complexe, où «les relations problématiques entre Homère et le monde mycénien», «la complète absence de contact entre la géographie mycénienne et les récits d’Homère», les liens de ces derniers avec «l’Europe largement barbare de l’Age de Bronze», les traces de l’origine nordique des Mycéniens, la similarité entre les vestiges égéens et nordiques coexistent sans aucune analyse bien-fondée ni interprétation solide.</p>
<p style="text-align: justify;">Au vu de cette énigmatique mosaïque, ce qui pourrait la rendre compréhensible serait de vérifier que la géographie homérique cadre avec le monde nordique d’où les Mycéniens partirent probablement vers la Grèce. Cette hypothèse peut être déduite de l’image susmentionnée, est parfaitement cohérente avec elle, et peut donner un sens à toutes les données rassemblées par les spécialistes. En un mot, elle s’adapte naturellement au cadre de la connaissance actuelle. De plus, elle peut expliquer beaucoup d’autres choses, telles que les traces mycéniennes trouvées dans le sud de l’Angleterre. A ce sujet, l’<em>Odyssée</em> mentionne un marché du bronze situé outre-mer, dans un pays étranger, nommé «Témésé», jamais retrouvé dans la région méditerranéenne. Comme le bronze est un alliage de cuivre et d’étain, qui dans le Nord ne se trouve qu’en Cornouailles, il est très probable que la mystérieuse Témésé correspond à la Tamise, nommée «Tamesis» ou «Tamensim» dans les temps anciens. Ainsi, en suivant Homère, nous apprenons que pendant l’Age de Bronze, les anciens Scandinaves avaient l’habitude de se rendre à Témésé-Tamise, «situé outre-mer dans un pays étranger», pour se fournir en bronze.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette hypothèse explique aussi pourquoi le monde d’Homère était nettement plus archaïque que la civilisation mycénienne, telle qu’elle apparaît d’après les tablettes en Linéaire B, qui datent de quelques siècles après son établissement en Grèce. Manifestement, le contact des Mycéniens avec les cultures raffinées méditerranéennes et orientales favorisa leur évolution rapide, considérant aussi leur penchant marqué pour le commerce et la navigation, qui imprègne non seulement les poèmes homériques, mais aussi toute la mythologie grecque. De fait, les archéologues ont trouvé leurs comptoirs commerciaux dispersés sur les côtes méditerranéennes. Cela est difficile à expliquer avec les hypothèses actuelles sur l’origine continentale des <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">Indo-Européens</a>, alors que les vestiges trouvés en Angleterre cadrent très bien avec l’idée d’une patrie côtière antérieure (en ajoutant cela aux traits typiquement nordiques de leur architecture, ainsi que l’affirment de nombreux spécialistes, nous supprimons tous les doutes quant à leur lieu d’origine). Cela explique aussi pourquoi toute information fiable concernant l’auteur ou les auteurs des poèmes a été perdue avant les temps antiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Une vérification préliminaire de cette hypothèse montre immédiatement deux types de preuves: les traits distinctement nordiques de toute la météorologie homérique, et la poursuite nocturne d’une bataille dans l’<em>Iliade</em>. En ajoutant l’indication de Plutarque sur la position nordique d’Ogygie – qui nous donne la clé du monde d’Homère – et l’image globale qui en résulte, dont la cohérence avec le <em>Catalogue des Navires</em> et avec toute la mythologie grecque est stupéfiante, il est très improbable que cet immense nombre de parallèles géographiques, climatiques, toponymiques et morphologiques puisse être attribué au simple hasard, en gardant aussi à l’esprit les contradictions flagrantes surgissant de la localisation méditerranéenne.</p>
<p style="text-align: justify;">Par conséquent, la guerre de Troie et les autres événements transmis par la mythologie grecque n’eurent pas lieu dans la région méditerranéenne, mais dans la région baltique, c’est-à-dire la patrie d’origine des blonds Achéens aux «longs cheveux». Ces événements datent probablement du début du second millénaire av. JC, c’est-à-dire près de la fin d’une période exceptionnellement chaude qui avait duré plusieurs milliers d’années. Nous faisons référence à l’«optimum climatique post-glaciaire» durant lequel, d’après les spécialistes, les températures en Europe du Nord étaient beaucoup plus élevées qu’aujourd’hui, qui atteignit son apogée vers 2500 av. JC et commença à décliner vers 2000 av. JC. Par conséquent, il est hautement probable que les Achéens furent obligés de descendre vers la Méditerranée pour cette raison. Ils suivirent probablement le fleuve Dniepr jusqu’à la mer Noire, comme les Vikings (dont la culture est, à de nombreux égards, très similaire) le firent de nombreuses années plus tard.</p>
<p style="text-align: justify;">Les migrants emportèrent leurs épopées et leur géographie avec eux et attribuèrent les noms qu’ils avaient laissés dans leur patrie perdue aux différents lieux où ils s’installèrent finalement. Cet héritage fut immortalisé par les poèmes d’Homère et la mythologie grecque. Cette dernière présente d’une part de nombreux parallèles avec la mythologie nordique, mais d’autre part perdit probablement le souvenir de la grande migration à partir du Nord après l’effondrement de la civilisation mycénienne, vers le 12ème siècle av. JC; néanmoins, la <a title="littérature" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/letteratura">littérature</a> grecque fait souvent allusion à des contacts amicaux avec les Hyperboréens, le mythique peuple du Nord.</p>
<p style="text-align: justify;">De plus, ils renommèrent avec des noms baltiques non seulement les nouveaux pays où ils s’établirent, mais aussi d’autres régions méditerranéennes, comme la Libye, la Crète et l’Egypte, créant ainsi un énorme malentendu géographique qui a duré jusqu’à aujourd’hui.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces transpositions furent encouragées, sinon suggérées, par une certaine similarité (que les Mycéniens remarquèrent grâce à leur penchant pour la navigation) entre la géographie baltique et celle de la géographie égéenne. Il nous suffit de penser à l’analogie Öland-Eubée ou Seeland-Péloponnèse (auquel ils furent obligés d’appliquer le concept d’île pour maintenir l’image originelle). La présence croissante de populations de langue grecque dans le bassin méditerranéen, avec leur suprématie culturelle et commerciale, consolida plus tard ce phénomène, depuis le temps de la civilisation mycénienne jusqu’à la période hellénistique-romaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Maintenant que nous avons dépeint une image globale de la thèse – pour permettre au lecteur de suivre plus facilement ses développements innovateurs –, dans les chapitres suivants nous examinerons chaque point en détail. Cela sera une vérification de sa validité, en-dehors d’investigations futures de la part des spécialistes dans les différents domaines affectés par cette question.</p>
<p style="text-align: justify;">Quant aux noms de lieux, ils n’ont pas des origines récentes, mais il est très difficile d’établir précisément leur âge exact. Malheureusement tous les documents écrits finlandais et scandinaves, y compris les plus anciens, sont relativement trop proches de notre époque, puisqu’ils ne sont pas antérieurs à l’an 1000 après JC. Avant cette date, à la différence du monde méditerranéen, il n’existe pas de preuve écrite disponible pour reconstruire l’évolutions des noms de lieux. Ils sont significatifs lorsqu’on les trouve en groupes, ce qui rend une ressemblance accidentelle très improbable, ou lorsqu’ils peuvent être liés à des entités géographiques, morphologiques et mythologiques. Cependant, nous soulignons que cette théorie utilise les noms de lieux principalement comme des traces ou des indices, mais qu’elle est essentiellement basée sur les étonnants parallèles géographiques, morphologiques, descriptifs et climatiques existant entre le monde homérique et le monde baltique, vers lequel Plutarque nous a orientés.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est important de remarquer ici que ce travail est essentiellement géographique et non historiographique. Loin de supposer qu’il soit de peu d’utilité pour les historiens, nous suggérons qu’il pourrait aider à résoudre des problèmes qui sont parfois vieux de milliers d’années, en considérant aussi qu’il répond non seulement aux questions des anciens écrivains sur la géographie homérique, mais qu’il cadre aussi avec l’image complexe des études actuelles sur Homère, le monde mycénien et leur relation, où il peut contribuer à expliquer quelques points qui sont encore obscurs.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>* * *</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte constitue l’introduction du livre de <a title="Felice Vinci" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/felice-vinci/">Felice Vinci</a>, <em>Omero nel Baltico</em> [Homère dans la Baltique]. Le livre peut être commandé en italien ou en traduction anglaise.</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Felice Vinci" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/felice-vinci/">Felice Vinci</a>, né en 1946 à Rome, ingénieur nucléaire, fonctionnaire de la «Société nationale de l’électricité», a dès sa jeunesse, été passionné par Homère et la mythologie grecque. Après de longues recherches, qui l’ont conduit plusieurs fois en Scandinavie et en Finlande, il a fait paraître en 1993 son premier essai sur ce sujet, «Homericus Nuncius» («Annonce concernant Homère»), suivi en 1995 par la première édition de «Omero nel Baltico» (Editions Fratelli Palombi, Rome) et en 1998 par la deuxième édition du même livre, édition présentée par Mme Rosa Calzecchi Onesti (célèbre spécialiste et traductrice des deux poèmes), avec une introduction de Mr. Franco Cuomo, autre spécialiste. Mr. Vinci pense que sa théorie pourrait être à la base d&#8217;une nouvelle perspective culturelle quant à l’unité de l’Europe.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/homere-dans-la-baltique.html' addthis:title='Homère dans la Baltique ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>De la religion des Romains</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Dec 2009 10:17:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ivo Ramnes</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Analyse de: Renato dal Ponte, La religion des Romains. La religion et le sacré dans la Rome ancienne]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/de-la-religion-des-romains.html' addthis:title='De la religion des Romains '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/buddha.jpg" width="48" height="48" alt="" title="Religione" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/storia-antica.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Storia antica" /><br/><p style="text-align: justify;"><img class="alignleft size-full wp-image-3639" style="margin: 10px;" title="Perseo_e_Andromeda" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/Perseo_e_Andromeda.jpg" alt="" width="247" height="300" />Au cours de ces dernières années, on a assisté indubitablement à un intérêt accru pour le monde romain, grâce surtout à la nouvelle école archéologique italienne, qui a su «jeter les bases d&#8217;une confrontation entre les données de la tradition littéraire (reconsidérées systématiquement) et la situation topographique et archéologique, réexaminée pour obtenir des contextes chronologiquement et fonctionnellement homogènes» (F. Coarelli, <em>Il Foro Romano, periodo arcaico</em>, Rome, 1983, p. 9). Un effort analogue pour une coordination interdisciplinaire, peaufiné par la méthode traditionnelle, sollicité à plusieurs reprises par <a title="Julius Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Julius Evola</a> lui-même, imprègne le livre du Professeur <a title="Renato Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Renato Del Ponte</a>, paru il y a six ans chez Rusconi. Ce livre ranime l&#8217;intérêt parmi les spécialistes, les amateurs ou tout simplement parmi tous ceux qui ont le sentiment que leurs racines n&#8217;ont pas été définitivement coupées.</p>
<p style="text-align: justify;">Après le considérable succès obtenu par <em>Dei e miti italici</em> (<em>Dieux et mythes italiques</em>, 1985, réédité une première fois en 1986, remis à jour et amplifié en 1988), où l&#8217;auteur sondait les origines du monde religieux italique; après la <em>Relazione sull&#8217;altare della Vittoria di Simmaco </em>(<em>Essai sur l&#8217;autel de la Victoire de Symmaque</em>, éditions Il Basilico, Gênes, 1986), où l&#8217;auteur se penchait sur une des périodes historiques les plus tourmentées et les plus riches en conséquences pour Rome, pour l&#8217;Italie et pour tout l&#8217;Occident, voici donc un livre qui nous parle de la «Ville des Dieux». Il est rare de découvrir une œuvre qui, comme celle-ci, est capable d&#8217;affronter le monde religieux romain de façon très rigoureuse, aussi bien pour ce qui est de la recherche documentaire que sur le plan déductif, libérée d&#8217;une certaine mentalité académique qui, aujourd&#8217;hui, du moins en Italie, paraît vide, approximative et même grevée de “déjà-vu”.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2228892971?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2228892971" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-3636" style="margin: 10px;" title="religione-romaine-arcaique" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/religione-romaine-arcaique.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a>C&#8217;est un livre qui s&#8217;adresse à un public averti, pas tellement pour le style, toujours élégant et agréable, mais plutôt pour l&#8217;originalité de la thématique qui, comme l&#8217;auteur le suggère, implique un changement de mentalité, un “changement intérieur, une sensibilité spécifique pour pouvoir capter et comprendre les constantes du monde religieux romain”. Les sources classiques prédominent, car elles sont clairement incontestées, mais l&#8217;auteur consacre un espace important aux études les plus récentes, surtout dans le champ archéologique et philologique; il les confronte toujours ad fontes, n&#8217;épargnant pas les critiques, les distinctions subtiles et les précisions, même face à des savant de la taille d&#8217;un Georges Dumézil, mais<em> amicus Plato, sed magis amica veritas</em>!</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Une intuition de Fustel de Coulanges</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le livre jouit d&#8217;une excellente présentation éditoriale (en jaquette, une photo inédite d&#8217;un des Dioscures de Pompei), garnie d&#8217;illustrations souvent très rares; il contient cinq chapitres, quatre tables et deux annexes (avec, par exemple, les listes des Souverains Pontifes connus), en plus d&#8217;une bibliographie générale et de cinq index de recherche aussi minutieux que précieux. Une indispensable introduction (“Les Origines”) sur la préhistoire des populations latines de souche romaine et sur les printemps sacrés, bien retracés dans le tableau récapitulatif en tant que mises en scène ritualisées des anciennes migrations des peuples <a title="indo-européens" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/indoeuropei">indo-européens</a> qui, par la suite, s&#8217;installèrent en Italie. Cette réminiscence des “printemps sacrés” nous emmène à envisager l&#8217;éventualité d&#8217;un printemps sacré primordial, où une tribu est partie de la mythique “Alba” pour aller former les premières implantations dans les sites où, plus tard, naîtra Rome. Quant à la formation de l&#8217;Urbs, l&#8217;auteur, très opportunément, insiste sur l&#8217;acte juridique religieux (<em>La ville qui surgit en un jour</em>);  cette option pour l&#8217;acte juridique-religieux constitue une polémique contre les tenants de l&#8217;école positiviste/évolutionniste, enfermés dans leur conservatisme obtus. <a title="Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Del Ponte</a> se réfère ainsi partiellement aux heureuses intuitions d&#8217;un Fustel de Coulanges (1), qui sont confirmées par les toutes dernières découvertes archéologiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><a title="Renato Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/"></a><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2081223902?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2081223902" target="_blank"><img class="alignleft size-full wp-image-3637" style="margin: 10px;" title="cité-antique" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/cité-antique.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a>Del Ponte fait allusion à la découverte, dans l&#8217;aire sud-occidentale du mont Palatin, pendant les fouilles dirigées par le Prof. Pensabene, du lieu exact où la Tradition situait la casa Romuli  —la maison de Romulus—  qui, à l&#8217;époque historique, avait la forme d&#8217;un petit sanctuaire (probablement un <em>sacellum</em>)  près duquel on a trouvé les traces (Cass. Dio XLVIII, 43, 4) d&#8217;un sacrifice consommé par les pontifes en l&#8217;année 716 de Rome (38 av. J. C.), à la veille de la restauration d&#8217;Auguste. Le fait que la résidence d&#8217;Auguste fut toute proche de ce lieu vénérable n&#8217;est pas un hasard. Naturellement aucune publicité tapageuse n&#8217;a accompagné la nouvelle de cette découverte extraordinaire qui, paradoxalement, a été signalée en avant-première par le <em>New York Times</em>.  Plus tard seulement, et probablement de façon détournée, la presse nationale italienne a signalé l&#8217;événement sans tambours ni trompettes.</p>
<p style="text-align: justify;">Evidemment, pour certains, il est plus rassurant de réduire tout ce qui se réfère à Rome à un simple mythe, au point de refuser même la réalité des données archéologiques et de leur préférer la position arbitraire d&#8217;un Momigliano (2), qui semble vouloir faire de l&#8217;archéologie romaine “anti-fasciste” dont anti-romaine puisque le fascisme s&#8217;est réclamé de Rome. Pourtant Momigliano est un archéologue patenté, il ne peut bénéficier de circonstances atténuantes. Il va jusqu&#8217;à définir comme “tristement notoire”  (<em>sic </em>!!!) l&#8217;inscription de Tor Tignosa en hommage à Enée (cfr. A. Momigliano, <em>Essais d&#8217;histoire de la religion romaine</em>, édit. Morcelliana, Brescia 1988, p. 173). Qu&#8217;y a-t-il de triste ou d&#8217;affligeant dans une trace archéologique antique, rendant hommage à Enée?</p>
<p style="text-align: justify;">Une remarque au passage: alors que, dans le cas de Rome, nous possédons des certitudes substantielles quant à l&#8217;existance de son empire, même si elles sont parfois résolument ignorées par bon nombre de savants, dans le cas d&#8217;autres traditions  —par ailleurs tout à fait respectables, comme celles qui directement ou indirectement proviennent de la <em>Bible</em>—  on assiste à une démarche contraire: pensons seulement à l&#8217;Empire  de David et de Salomon, pour lequel il n&#8217;existe que très peu de documents archéologiques, d&#8217;aucune nature que ce soit, et qu&#8217;aucun des quarante rois, depuis Saul jusqu&#8217;à Sédécias, n&#8217;a laissé la moindre trace tangible (voir à ce sujet l&#8217;excellente et très digne de foi  —même pour le Vatican—  <em>Histoire et idéologie dans l&#8217;ancien Israël</em>, de Giovanni Gabrini, édit. Paideia, Brescia, 1986).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Lares et Penates</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/2228892130?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=2228892130" target="_blank"><img class="alignright size-full wp-image-3638" style="margin: 10px;" title="religion-romaine" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/religion-romaine.jpg" alt="" width="240" height="240" /></a>La connexion entre feu-ancêtres-Lares  et le culte public et privé constitue la thématique très intéressante du deuxième chapitre de l&#8217;ouvrage de <a title="Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Del Ponte</a>, où l&#8217;auteur nous démontre qu&#8217;il est un détective sage et attentif, capable de recueillir des finesses qui ne sont pas toujours perceptibles de premier abord. Lares et Penates, que l&#8217;on a confondu dans le passé sur le plan conceptuel, y compris chez des auteurs éminents trouvent, dans l&#8217;analyse détaillée de <a title="Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Del Ponte</a>, une définition meilleure et plus exacte, tant du point de vue rituel que théologique. L&#8217;auteur repère dans les dieux Lares  «l&#8217;essence spirituelle du foyer domestique», correspondant à la «mémoire religieuse des ancêtres», ces derniers étant perçus aussi comme «l&#8217;influence spirituelle» des habitants antérieurs d&#8217;un lieu et, par conséquent, comme les «gardiens de la Terre des Pères» (pp. 62-63); dans les Pénates, véritables divinités, il faut par contre reconnaître une nature essentiellement céleste  et propice à un groupe familial au cœur duquel on transmettait le culte de père en fils, tant et si bien qu&#8217;ils étaient considérés comme «les dieux vénérés par les pères ou les ancêtres».</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre chapitre extrêmement intéressant, qui nous aide à mieux comprendre la sensibilité religieuse des Romains et leur approche du domaine du surnaturel, est consacré aux <em>indigitamenta</em>:  il s&#8217;agit de listes consignées dans les livres pontificaux “contenant les noms des dieux et leurs explications”. Noms de dieux qui, comme l&#8217;observe à juste titre l&#8217;auteur, “se réfèrent aux grands moments, ou rites de passage  (&#8230;),  indispensables à tout homme et à toute femme au cours de la vie et qui, justement à cause de leur complexité, nécessitent un instrument divin particulier. Ces moments de la vie sont: a) la naissance, avec les moments critiques qui la précèdent et qui la suivent; b) la puberté, avec tout ce qui précède et qui suit; c) le mariage; d) la mort” (pp. 78-79).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette “sacralisation de chaque manifestation de la vie” est aussi une source de vie pour l&#8217;Etat romain et il est donc assez significatif de noter que le livre explicite deux idées-guide:</p>
<p style="text-align: justify;">1) la <em>pax deorum </em>(c&#8217;est-à-dire le rapport qui s&#8217;est créé avec les dieux au moment précis de la fondation de Rome, avec le pacte conclu par Romulus et pleinement approuvé par Numa Pompilius, pacte impliquant un équilibre subtil, condition indispensable à la réalisation de l&#8217;imperium sine fine promis par Jupiter à Enée et ses successeurs) et</p>
<p style="text-align: justify;">2) l&#8217;identification des constantes dans les vicissitudes millénaires et sacrées de Rome.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces deux idées-guide viennent inévitablement se fondre avec précision dans l&#8217;étude sur le Collège Pontifical, et en particulier sur la figure “antithétique” du Souverain Pontife.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le rôle de Vettius Agorius Pretestatus</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est vraiment très captivant de reparcourir l&#8217;histoire de ces prêtres qui voulaient, savamment et avec prévoyance, lire dans le futur en défendant et en gardant jalousement, depuis les temps immémoriaux de Numa à ceux extrêmes de Symmaque, les anciens rites, sans jamais les déformer et en adaptant, en l&#8217;occurrence, les nouveautés à travers l&#8217;intervention régulatrice du Collège des Quindecemvirs, afin qu&#8217;elles ne vinssent pas perturber la pax deorum,  en portant atteinte à l&#8217;Etat. Elles représentent donc des fonctions vitales, développées par le Collège, mais qui dérivent très probablement, affirme justement <a title="Renato Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Del Ponte</a>, “des stratégies religieuses et politiques qui débouchèrent sur des transformations radicales de l&#8217;Etat romain au Ier siècle de la République” (pp. 153-154); des stratégies conçues et mises en pratique par des groupes de l&#8217;ancienne aristocratie qui furent, plus tard, constamment présents (aussi parmi les Augustes) au fil des siècles, tant et si bien que même quand le grand pontificat fut assumé par un homme nouveau, issu de la plèbe (T. Coruncanius), la très haute qualification de cette éminente figure sacerdotale ne fit pas défaut.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce sens, nous nous permettons d&#8217;articuler l&#8217;hypothèse suivante: l&#8217;intervention du pontife et quindecemvir Vettius Agorius Pretestatus  —qui eut un rôle de modérateur lors des événements tragiques qui déterminèrent l&#8217;élection du Pape Damase I—  était dictée, outre les exigences d&#8217;ordre publique, par ses propres prérogatives, qui lui permettaient de réglementer un culte étranger (chrétien en l&#8217;occurrence) qui n&#8217;était plus considéré comme illicite. Très vraisemblablement, à cette époque (IVième-Vième siècle après JC) les bases furent jetées, qui acceptaient et organisait, sous une autre forme, la survie de l&#8217;<em>antiqua pietas</em>. Aujourd&#8217;hui nous ne pouvons plus percevoir le mode d&#8217;expression de cette <em>antiqua pietas</em>.  Les bases établies par Vettius Agorius Pretastatus remplissaient une fois de plus le devoir primordial, sacré et institutionnel, confié au pontificat par l&#8217;auctor  Numa Pompilius, dès l&#8217;aurore de l&#8217;histoire de Rome.</p>
<p style="text-align: justify;">La fonte de la statue de la déesse Virtus, évoquée par <a title="Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Del Ponte</a> dans la conclusion de son livre, nous conduit à une considération amère: Rome ne connaîtra plus ni courage ni honneurs; seul un visionnaire pourrait imaginer l&#8217;existence, encore aujourd&#8217;hui parmi ses contemporains, de la semence de ces hommes antiques, pratiquant au quotidien ces anciennes coutumes qui firent la grandeur de Rome. Mais à l&#8217;approche du 1600ième anniversaire de la funeste bataille du fleuve Frigidus (près d&#8217;Aquilée), à l&#8217;extrémité du limes  nord-oriental d&#8217;Italie, par laquelle se terminait l&#8217;histoire militaire de la Rome ancienne, et, où, pour la dernière fois, les images des dieux silencieux s&#8217;élevèrent sur le sommet des montagnes. Nous ne pouvons que retenir comme signe des temps,  le travail d&#8217;un homme d&#8217;aujourd&#8217;hui, qui écrit sur la vie de nos Pères, sur leurs Coutumes et sur leurs Dieux. Pères, Coutumes et Dieux qui furent les artisans de tant de puissance.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Notes:</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">(1) FUSTEL de COULANGES, <em>Numa-Denis </em>(Paris 1830, Massy, 1889) Historien français, professeur aux Universités de Strasbourg et de la Sorbonne. Il étudia les principes et les règles qui régissaient la société greco-romaine en les ramenant au culte originaire des ancêtres et du foyer familial. La ville ancienne (cf. <em>La cité antique</em>, 1864) est une sorte d&#8217;association sacrée, ouverte exclusivement aux membres des familles patriciennes. Parmi les autres œuvres de Fustel de Coulanges, rappelons l&#8217;<em>Histoire des anciennes institutions politiques de l&#8217;ancienne France</em>, 1875-79, et les <em>Leçons à l&#8217;impératrice sur les origines de la civilisation française</em>, posthume, 1930. Outre leur valeur historique, ces travaux ont assure à Fustel de Coulanges une place dans l&#8217;histoire de la littérature pour la clarté et la puissance du style (<em>ndt</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">(2) MOMIGLIANO Arnaldo (Caraglio, Cuneo, 1908), historien italien. Après avoir enseigné aux universités de Rome et Turin, il est, depuis 1951, titulalre de la chaire d&#8217;histoire ancienne à l&#8217;University College de Londres. Parmi ses plus importantes études citons: <em>Philippe de Macédoine</em> (1934), <em>Le conflit entre paganisme et christianisme au IVièmùe siècle </em>(1933), <em>Introduction bibliographique à l&#8217;histoire grecque jusqu&#8217;à Socrate</em>, les essais publiés après 1955 sous le titre de <em>Contributions à l&#8217;histoire des études classiques</em>, et le volume <em>Sagesse étrangère</em>, 1975 (<em>ndt</em>).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Analyse: <a title="Renato Del Ponte" href="http://www.centrostudilaruna.it/autore/renato-del-ponte/">Renato del Ponte</a>, <em>La religion des Romains. La religion et le sacré dans la Rome ancienne</em>, Editions Rusconi, Milan 1992, 304 pages, 12 illustrations, Lit. 34.000.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">(texte issu d&#8217;Orion, trad. franç.: LD).</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/de-la-religion-des-romains.html' addthis:title='De la religion des Romains ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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