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	<title>Centro Studi La Runa &#187; Allemagne</title>
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		<title>L&#8217;itinéraire d&#8217;Edgar Julius Jung</title>
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		<pubDate>Sat, 06 Feb 2010 15:06:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le destin de Jung montre l'impossiblité de mener à bien une révolution conservatrice/traditionaliste à l'âge des masses]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/litineraire-dedgar-julius-jung.html' addthis:title='L&#8217;itinéraire d&#8217;Edgar Julius Jung '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/rivoluzione-conservatrice.PNG" width="48" height="48" alt="" title="Rivoluzione conservatrice" /><br/><div id="attachment_3838" class="wp-caption alignright" style="width: 238px"><a href="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/edgar-julius-jung.jpg"><img class="size-medium wp-image-3838" title="edgar-julius-jung" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/edgar-julius-jung-228x300.jpg" alt="" width="228" height="300" /></a><p class="wp-caption-text">Edgar Julius Jung (6.3.1894-1.7.1934)</p></div>
<p style="text-align: justify;">Né le 6 mars 1894 à Ludwigshafen, fils d&#8217;un professeur de Gymnasium, Edgar Julius Jung entame, à la veille de la première guerre mondiale, des études de droit à Lausanne, où il suit les cours de Vilfredo Pareto. Quand la guerre éclate, Jung se porte volontaire dans les armées impériales et acquiert le grade de lieutenant. A sa démobilisation, il reprend ses études de droit à Heidelberg et à Würzburg mais participe néanmoins aux combats de la guerre civile allemande de 1918-19.</p>
<p style="text-align: justify;">Engagé dans le corps franc du Colonel Chevalier von Epp, il participe à la reconquête de Munich, gouvernée par les «conseils» rouges. Jung organise ensuite la résistance allemande contre la présence française dans le Palatinat. En 1923, il doit quitter précipitamment les zones occidentales occupées pour avoir trempé dans le complot qui a abouti à l&#8217;assassinat du leader séparatiste francophile Heinz Orbis.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est de cette époque que date son aversion pour la personne de Hitler: ce dernier, sollicité par Jung envoyé par Brüning, avait refusé de rejoindre le front commun des nationaux et des conservateurs contre l&#8217;occupation française, estimant que le «danger juif» primait le «danger français». Pour Jung, ce refus donnait la preuve de l&#8217;immaturité politique de celui qui allait devenir le chef du IIIième Reich.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1925, Jung ouvre un cabinet d&#8217;avocat à Munich. Il renonce à l&#8217;activisme politique et rejoint la DVP nationale-libérale, un parti toléré par les Français dans le Palatinat et qui rassemblait, là-bas, tous les adversaires du détachement de cette province allemande. Quand Stresemann opte pour une politique de réconciliation avec la France, dans la foulée du Pacte de Locarno (1925), Jung se distancie de ce parti, mais en reste formellement membre jusqu&#8217;en 1930. Il consacre ses énergies à toutes sortes d&#8217;entreprises «métapolitiques» et d&#8217;activités «clubistes». En effet, entre 1925 et 1933, la République de Weimar voit se constituer un véritable réseau de clubs conservateurs qui organisent des conférences, publient des revues intellectuelles, cherchent des contacts avec des personnalités importantes du monde de l&#8217;économie ou de la politique. Après avoir eu quelques contacts avec le <em>Juniklub </em>et le <em>Herren-Klub </em>de Heinrich von Gleichen et Max Hildebert Boehm (dont il retiendra la définition du <em>Volk</em>), Jung adhère et participe successivement aux activités du <em>Volksdeutsches Klub </em>(de Karl Christian von Loesch), de la <em>Nationalpolitische Vereinigung </em>(à Dortmund) et du <em>Jungakademisches Klub </em>de Munich, dont il est le fondateur. L&#8217;objectif de cette stratégie métapolitique est de créer une nouvelle conscience politique chez les étudiants, de manier l&#8217;arme de la science contre les libéraux et les gauches et de fonder une éthique pour les temps nouveaux.</p>
<p style="text-align: justify;">En 1927, paraît la première édition de son livre <em>Die Herrschaft der Minderwertigen </em>(<em>= La domination des hommes de moindre valeur</em>), véritable <em>vademecum </em>de la <a title="revolution conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">révolution conservatrice</a> d&#8217;inspiration traditionaliste ou <em>jungkonservative </em>(que nous distinguons de ses inspirations nihiliste, nationale-révolutionnaire, soldatique comme chez les frères <a title="Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Jünger</a>, nationale-bolchévique, <em>völkische</em>, etc.). Entre 1929 et 1932, paraissent plusieurs éditions d&#8217;une nouvelle version, comptant deux fois plus de pages, et approfondissant considérablement l&#8217;idéologie <em>jungkonservative</em>.  Petit à petit, pense Jung, une idéologie conservatrice et traditionaliste, puisant dans les racines religieuses de l&#8217;Europe, remplacera la «domination des hommes de moindre valeur», établie depuis 1789. Mais, secouée par la crise, l&#8217;Allemagne n&#8217;emprunte pas cette voie conservatrice: le parlementarisme libéral s&#8217;effondre, plus tôt que Jung ne l&#8217;avait prévu, mais pour laisser le chemin libre aux communistes ou aux nationaux-socialistes. Jung constate avec amertume que le noyau conservateur qu&#8217;il avait formé dans ses clubs ne fait pas le poids devant les masses enrégimentées.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour gagner du temps et barrer la route au mouvement hitlérien, Jung estime qu&#8217;il faut soutenir le gouvernement de Brüning. Ce gouvernement prolongerait la vie de la démocratie libérale pendant le temps nécessaire pour former une élite conservatrice, capable de passer aux affaires et de construire l&#8217;«Etat organique et corporatif» dont rêvaient les droites catholiques. Pour Jung, l&#8217;avènement du national-socialisme totalitaire serait la conséquence logique de 1789 et non son éradication définitive par une «éthique de plus haute valeur». En 1930-31, il rejoint les rangs de la <em>Volkskonservative Vereinigung</em>,  qui soutient Brüning, et cherche à la rebaptiser <em>Revolutionär-konservative Vereinigung </em>pour séduire une partie de l&#8217;électorat national-socialiste. En mai 1932, Brüning tombe. Jung décide de soutenir son successeur Papen, qu&#8217;il juge aussi falot que lui. Jung devient toutefois son conseiller.</p>
<p style="text-align: justify;">Quand Hitler accède au pouvoir en janvier 1933, Jung prépare aussitôt les élections de mars 1933 en organisant la campagne électorale du <em>Kampffront Schwarz-Weiß-Rot</em>, visant à soutenir l&#8217;aile conservatrice du nouveau gouvernement et à transformer la révolution nationale de Hitler, marquée par une démagogie tapageuse, en une <a title="révolution conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">révolution conservatrice</a>, chrétienne, tranquille, sérieuse, décidée. Cette ultime tentative connaît l&#8217;échec. Jung continue cependant à écrire les discours de von Papen. Le 17 juin 1934, ce dernier, lors d&#8217;un rassemblement universitaire à Marbourg, prononce un discours écrit par Jung, où celui-ci dénonce le «byzantinisme du national-socialisme», ses prétentions totalitaires contre-nature, ses polémiques contre l&#8217;esprit et la raison et réclame le retour d&#8217;une «humanité véritable» qui inaugurera l&#8217;«apogée de la culture antique et chrétienne». Le régime réagit en interdisant la radiodiffusion du discours et la circulation de sa version imprimée. Papen démissionne mais cède ensuite aux pressions de la police. Jung est arrêté le 25 juin et, cinq jours plus tard, on retrouve son cadavre criblé de balles dans un petit bois près d&#8217;Oranienburg. Le destin de Jung montre l&#8217;impossiblité de mener à bien une <a title="révolution conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">révolution conservatrice</a>/traditionaliste à l&#8217;âge des masses.</p>
<p style="text-align: center;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><em>La domination des hommes de moindre valeur. Son effondrement et sa dissolution par un Règne nouveau</em> (<em>Die Herrschaft der Minderwertigen. Ihr Zerfall und ihre Ablösung durch ein neues Reich</em>), 1929</p>
<p style="text-align: justify;">Jung a voulu faire de cet ouvrage une sorte de «bible» de la «<a title="révolution conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">révolution conservatrice</a>», une révolution qu&#8217;il voulait culturelle et annonciatrice d&#8217;un grand bouleversement politique. S&#8217;adressant aux jeunes et aux étudiants, Jung veut donner à son conservatisme  —son <em>Jungkonservativismus</em>—  une dimension «révolutionnaire». Il explique que l&#8217;idéologie progressiste a eu son sens et son utilité historique; il fallait qu&#8217;elle brise l&#8217;hégémonie de formes mortes. Mais depuis que celles-ci ont disparu de la scène politique, l&#8217;attitude progressiste n&#8217;a plus raison d&#8217;être. L&#8217;idéologie du progrès n&#8217;est plus qu&#8217;une machine qui tourne à vide. Pire, quand elle reste sur sa lancée, elle peut s&#8217;avérer suicidaire. A la suite de la parenthèse progressiste, doit s&#8217;ouvrir une ère de «maintien», de conservation. Le <em>Jungkonservativismus </em>ne cherche donc pas à perpétuer des formes politiques dépassées. Quant aux formes sociales et politiques actuelles, pense Jung, elles ne sont plus des formes au sens propre du mot, mais des résidus évidés, balottés dans le chaos de l&#8217;histoire. Jung définit ensuite son conservatisme comme «évolutionnaire»: il vise le dépassement d&#8217;un monde vermoulu, l&#8217;inversion radicale et positive de ses fausses valeurs. Ce travail d&#8217;inversion/restauration est, aux yeux de Jung, proprement révolutionnaire.</p>
<p style="text-align: justify;">La période qui suit la Grande Guerre est caractérisée par la crise épocale des valeurs individualistes et bourgeoises en pleine décadence. Pour les relayer, le <em>Jungkonservativismus </em>jungien propose un recours à Dilthey et à Bergson, à Spengler, Tönnies, Roberto Michels, Vilfredo Pareto et Nicolas Berdiaev. La crise s&#8217;explique, en langage spenglérien, par le passage au stade de «civilisation» qui est le couronnement de l&#8217;esprit libéral. Les liens sociaux sont détruits et les peuples tombent sous la coupe d&#8217;une démocratie inorganique, gérée par les «hommes de moindre valeur». Tel est le diagnostic. Pour sortir de cette impasse, il faut restaurer les vertus religieuses. Abandonnant ses positions initiales, lesquelles reposaient sur une philosophie des valeurs tirée du néo-kantisme, Jung veut désormais ancrer son «axiome de l&#8217;immuabilité de la pulsion métaphysique» dans un discours théologisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Deux philosophes de la <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religion</a> contribuent à le faire passer du néo-kantisme au néo-théologisme: Nicolas Berdiaev et Leopold Ziegler (qui deviendra son ami personnel). Jung embraye sur l&#8217;idée de Berdiaev qui évoque le fin imminente de l&#8217;époque moderne qui a vu le triomphe de l&#8217;irreligion. Pour Jung comme pour Berdiaev ou Ziegler, l&#8217;époque qui succèdera au libéralisme moderne sera un «nouveau <a title="Moyen Age" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo">Moyen Age</a>» pétri de <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religion</a>, réchristianisé. Eliminant les catastrophes de l&#8217;individualisme, ce nouveau «<a title="Moyen Age" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/storia/medioevo">Moyen Age</a>» restaure une holicité (<em>Ganzheit</em>),  un universalisme dans le sens où l&#8217;entendait Othmar Spann, un «organicisme» historique et non biologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dernière position distingue Jung des nationalistes de toutes catégories. En effet, il rejette le concept de «nation» comme «occidental», c&#8217;est-à-dire «français» et révolutionnaire, libéral et atomiste. Dans ce concept de «nation», domine le rationalisme raisonneur de l&#8217;idéologie des Lumières. Les «nations», dans ce sens, sont les peuples malades ou morts. Les peuples qui n&#8217;ont pas subi l&#8217;emprise de l&#8217;idéologie nationale, qui est d&#8217;essence révolutionnaire et est donc perverse, sont vivants, conservent au fond d&#8217;eux-mêmes des énergies intactes et demeurent les «porteurs de l&#8217;histoire». Jung relativise ainsi au maximum la valeur attribuée à l&#8217;Etat national, fermé sur lui-même. Les concepts-clé sont pour lui ceux de peuple (<em>Volk</em>)  et de <em>Reich</em>. Cette dernière instance, supra-nationale et incarnation politique du divin sur la Terre, est une idée d&#8217;ordre fédérative, tout à fait adaptée à l&#8217;espace centre-européen. De là, elle devra être étendue à l&#8217;ensemble du continent européen, de façon à instaurer un <em>europäischer Staatenbund </em>(une fédération des Etats européens). Sur le plan spirituel, l&#8217;idée de Reich est le seul barrage possible contre le processus de morcellement rationaliste et nationaliste. Les Etats-Nations reposent sur un fait figé rendu immuable par coercition, tandis que le Reich  est un mouvement perpétuel dynamique qui travaille sans interruption les matières «peuples». Pour Jung, né protestant mais devenu catholique de fait, l&#8217;idée nationale est une tradition protestante en Allemagne, tandis que l&#8217;idée dynamique de Reich  est une idée catholique. Sur le plan intérieur, ce Reich  fédératif est organisé corporativement. A la place du Parlement et du suffrage universel, Jung suggère l&#8217;introduction d&#8217;une représentation populaire corporative et d&#8217;un droit de vote échelonné et différencié. L&#8217;organisation intérieure de son Reich  idéal, Jung la calque sur les idées du sociologue et philosophe autrichien Othmar Spann. C&#8217;est le talon d&#8217;Achille de son idéologie: cette organisation corporative ne peut s&#8217;appliquer dans un Etat moderne et industriel. Son appel à l&#8217;ascèse et au sacrifice ne pouvait nullement mobiliser les Allemands de son époque, durement frappés par l&#8217;inflation, la crise de 29, la famine du blocus et les dettes de Versailles.</p>
<p>* * *</p>
<p><strong>Bibliographie</strong></p>
<p><em>Die geistige Krise des jungen Deutschland</em>, 1926 (discours, 20 p.); <em>Die Herrschaft der Minderwertigen. Ihr Zerfall und ihre Ablösung</em>, 1927 (XIV + 341 pages); <em>Die Herrschaft der Minderwertigen. Ihr Zerfall und ihre Ablösung durch ein neues Reich</em>, 1929 (2ième éd.), 1930 (3ième éd.) (692 pages); <em>Föderalismus aus Weltanschauung</em>, 1931; <em>Sinndeutung der deutschen Revolution</em>, 1933; une copie du mémoire rédigé par E.J. Jung à l&#8217;adresse de Papen en avril 1934 se trouve à l&#8217;Institut für Zeitgeschichte  de Munich, archives photocopiées 98, 2375/59 et chez Edmund Forschbach, ami et biographe d&#8217;E.J. Jung (cf. infra); d&#8217;après Karlheinz Weißmann (cf. infra), Jung serait l&#8217;auteur de la plupart des textes contenus dans le recueil de discours de Franz von Papen intitulé <em>Apell an das deutsche Gewissen. Reden zur nationalen Revolution. Schriften an die Nation</em>,  Bd. 32/33, Oldenburg i.O., 1933.</p>
<p style="text-align: justify;">Principaux articles de philosophie politique: 1) Dans la revue <em>Deutsche Rundschau</em>: «Reichsreform» (nov. 1928); «Der Volksrechtsgedanke und die Rechtsvorstellungen von Versailles» (oct. 1929); «Volkserhaltung» (mars 1930); «Aufstand der Rechten» (1931, pp.81-88); «Neubelebung von Weimar?» (juin 1932); «Revolutionäre Staatsführung» (oct. 1932); «Deutsche Unzulänglichkeit» (nov. 1932); «Verlustbilanz der Rechten» (1/1933); «Die christiliche Revolution» (sept. 1933, pp. 142-147);  «Einsatz der Nation» (1933, pp. 155-160); 2) Dans les <em>Schweizer Monatshefte</em>: 1930/31: Heft 1, p. 37, Heft 7, p. 321; 1932/33: Heft 5/6, p. 275; 3) Dans la <em>Rheinisch- Westfälische Zeitung</em>,  où Jung utilisait le pseudonyme de Tyll, voir les dates suivantes: 1/1/1930; 5/3/1930; 5/4/1930; 24/4/1930; 2/5/1930; 31/5/1930; 12/10/1930; 8/11/1930; 30/12/1930; 28/1/1931; 7/2/1931; 4/3/1931; 1/4/1931; 10/4/1931; 1/8/1931; été 1931; 15/3/1932; 4) Dans les Münchner Neueste Nachrichten,  voir les dates suivantes: 20/3/1925; 28/1/1930; 23/11/1930; 3/1/1931; 25/7/1931; 4/7/1931; 5) Dans les <em>Süddeutsche Monatshefte</em>:  «Die Tragik der Kriegsgeneration», mai 1930, pp. 511-534; 6) Dans <em>Die Laterne</em>:  «Was ist liberal?», Folge 6, 6/5/1931.</p>
<p style="text-align: justify;">Participation à des ouvrages collectifs: «Deutschland und die konservative Revolution», in E.J. Jung, <em>Deutsche über Deutschland. Die Stimme des unbekannten Politikers</em>, Munich, 1932, pp. 369-383; on signale également une contribution d&#8217;E.J. Jung («Die deutsche Staatskrise als Ausdruck der abandländischen Kulturkrise») dans Karl Haushofer et Kurt Trampler (éd.), <em>Deutschlands Weg an der Zeitenwende</em>, Munich, 1931; le livre signé par Leopold Ziegler, <em>Fünfundzwanzig Sätze vom Deutschen Staat </em>(Berlin, 1931) serait en fait dû à la plume de Jung.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur Edgar Julius Jung: Leopold Ziegler, <em>Edgar Julius Jung. Denkmal und Vermächtnis</em>, Salzbourg, 1955; «Edgar Jung und der Widerstand» in <em>Civis </em>59, Bonn, Nov. 1959;  Friedrich Grass, «Edgar Julius Jung (1894-1934)», in Kurt Baumann (éd.), <em>Pfälzer Lebensbilder</em>,  Bd. 1, Spire, 1964; Karl Martin Grass, <em>Edgar Julius Jung, Papenkreis und Röhmkrise 1933-1934</em>,  dissertation phil., Heidelberg, 1966; Bernhard Jenschke, <em>Zur Kritik der konservativ-revolutionäre Ideologie in der Weimarer Republik. Weltanschauung und Politik bei Edgar Julius Jung</em>,  Munich, 1971 (avec une bibliographie reprenant 79 articles importants d&#8217;E.J. Jung); Karl-Martin Grass, «Edgar J. Jung», in <em>Neue Deutsche Biographie</em>, 10. Bd., Berlin, 1974; Joachim Kaiser, <em>Konservative Opposition gegen Hitler 1933/34. Edgar Julius Jung und Ewald von Kleist-Schmenzin</em>, Texte non publié d&#8217;un séminaire de l&#8217;Université d&#8217;Aix-la-Chapelle, 1984; Edmund Forschbach, <em>Edgar J. Jung, ein konservativer Revolutionär 30. Juni 1934</em>,  Pfullingen, 1984; Gilbert Merlio, «Edgar Julius Jung ou l&#8217;illusion de la &#8220;Révolution Conservatrice&#8221;», in <em>Revue d&#8217;Allemagne</em>, tome XVI, n°3, 1984; Karlheinz Weißmann, «Edgar J. Jung» in <em>Criticón</em>, 104, 1987, pp. 245-249; Armin Mohler, <em>Die Konservative Revolution in Deutschland 1918-1932. Ein Handbuch</em>, 3ième éd., Darmstadt, 1989.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour comprendre le contexte historique: Klemens von Klemperer, <em>Konservative Bewegungen zwischen Kaiserreich und Nationalsozialismus</em>, Munich/Vienne, 1957; Erasmus Jonas, <em>Die Volkskonservativen 1928-1933</em>,  Düsseldorf, 1965; Theodor Eschenburg, «Hindenburg, Brüning, Groener, Schleicher», in <em>Vierteljahreshefte für Zeitgeschichte</em>, 9. Jg. 1961, 1; Kurt Sontheimer, <em>Antidemokratisches Denken in der Weimarer Republik</em>, Munich 1962; Franz von Papen, <em>Vom Scheitern einer Demokratie 1930-1933</em>,  Mayence, 1968; Klaus Breuning, <em>Die Vision des Reiches. Deutscher Katholizismus zwischen Demokratie und Diktatur</em>, Munich, 1969; Volker Mauersberger, <em>Rudolf Pechel und die «Deutsche Rundschau» 1919-1933. Eine Studie zur konservativ-revolutionären Publizistik in der Weimarer Republik</em>, Brème, 1971; Jean-Pierre Faye, <em>Langages totalitaires</em>, Paris, 1972; Martin Greiffenhagen, <em>Das Dilemma des Konservatismus in Deutschland</em>, Munich, 1977.</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Archives de Synergies Européennes </em>- 1992.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/litineraire-dedgar-julius-jung.html' addthis:title='L&#8217;itinéraire d&#8217;Edgar Julius Jung ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>Les mentions de l&#8217;œuvre de Christoph Steding dans les écrits d&#8217;Evola</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 08:49:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Christoph Steding (1903-1938), jeune érudit issu d'une très ancienne famille paysanne de Basse-Saxe, conduit une enquête monumentale sous le titre de Das Reich und die Krankheit der europäischen Kultur]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/mentions-de-christoph-steding-dans-evola.html' addthis:title='Les mentions de l&#8217;œuvre de Christoph Steding dans les écrits d&#8217;Evola '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/evola48x48.JPG" width="48" height="48" alt="" title="Julius Evola" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/rivoluzione-conservatrice.PNG" width="48" height="48" alt="" title="Rivoluzione conservatrice" /><br/><p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/3902475021?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=3902475021" target="_blank"><img class="alignright" style="margin: 10px;" title="die-konservative-revolution" src="../wp-content/die-konservative-revolution-196x300.jpg" alt="" width="196" height="300" /></a>Christoph Steding (1903-1938), jeune érudit issu d&#8217;une très ancienne famille paysanne de Basse-Saxe, reçoit en 1932 une bourse de la Rockefeller Foundation pour étudier l&#8217;état de la culture et les aspirations politiques dans les pays germaniques limitrophes de l&#8217;Allemagne (Pays-Bas, Suisse, Scandinavie). Cette enquête monumentale prendra la forme d&#8217;un gros ouvrage, posthume et inachevé, de 800 pages. La mort surprend Steding, miné par une affection rénale, dans la nuit du 8 au 9 janvier 1938. Un ami fidèle, le Dr. Walter Frank (1905-1945), classe et édite les manuscrits laissés par le défunt, sous le titre de <em>Das Reich und die Krankheit der europäischen Kultur</em> (=<em>Le Reich et la maladie de la culture européenne</em>). Le thème central de cet ouvrage: l&#8217;effondrement de l&#8217;idée de Reich à partir des traités de Westphalie (1648) a créé un vide en Europe centrale, lequel a contribué à dépolitiser la culture. Cette dépolitisation, pour Steding, est une pathologie qui s&#8217;observe très distinctement dans les zones germaniques à la périphérie de l&#8217;Allemagne. Toutes les productions culturelles nées dans ces zones sont marquées du stigmate de cette dépolitisation, y compris l&#8217;œuvre de Nietzsche, à laquelle Steding adresse de sévères reproches.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/exec/obidos/redirect?link_code=ur2&amp;tag=centrostudila-21&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;path=ASIN%2F2868477879%2Fqid%3D1147101676%2Fsr%3D1-3%2Fref%3Dsr_1_8_3" target="_blank"><img class="alignleft" style="border: 0pt none; margin: 10px;" src="../immagini/larevolutionconservatrice.bmp" border="0" alt="Barbara Koehn, La Révolution conservatrice et les élites intellectuelles" width="89" height="140" /></a>L&#8217;Europe n&#8217;est saine que lorsqu&#8217;elle est vivifiée par l&#8217;idée de Reich. Les traités de Westphalie font que la périphérie de l&#8217;Europe tourne le dos à son noyau central, qui l&#8217;unifiait naturellement, par l&#8217;incontournable évidence de la géographie, sans exercer la moindre coercition. La Suisse se replie dans sa «coquille alpine»; la Hollande amorce un processus colonial qu&#8217;elle ne peut parachever par manque de ressources; la France devient grande puissance en pillant ce qui reste du Reich, en annexant l&#8217;Alsace, en ravageant la Franche-Comté comme le Palatinat et en ruinant la Lorraine; l&#8217;Angleterre tourne résolument le dos au continent pour dominer les mers. Ce processus d&#8217;extraversion contribue à faire basculer toute l&#8217;Europe dans l&#8217;irréalisme politique. Commencée dans la violence par les colonisateurs anglais et hollandais, cette extraversion, qui disloque notre continent, se poursuit dans la défense et l&#8217;illustration d&#8217;un libéralisme politique, culturel et moral délétère, qui corrompt les instincts. Ce phénomène involutif s&#8217;observe dans les littératures ouest-européennes du XIXième et du XXième siècles, où le psychologique et le pathologique sont dominants au détriment de tout ancrage dans l&#8217;histoire. Les énergies humaines ne sont plus mobilisées pour la construction permanente de la Cité mais détournées vers l&#8217;inessentiel, vers la réalisation immédiate des petits désirs sensuels ou psychologiques, vers la consommation.</p>
<p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.de/exec/obidos/redirect?link_code=ur2&amp;tag=centrostudi0e-21&amp;camp=1638&amp;creative=6742&amp;path=ASIN%2F3926584491%2Fqid%3D1147098573%2Fsr%3D1-1%2Fref%3Dsr_1_8_1" target="_blank"><img class="alignright" style="border: 0pt none; margin: 10px;" src="../immagini/nationalbolschewismus.bmp" border="0" alt="Karl Otto Paetel, Nationalbolschewismus und nationalrevolutionäre Bewegung in Deutschland. Geschichte - Ideologie - Personen" width="99" height="140" /></a><a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>, dans une recension parue dans la revue<em> La Vita italiana</em> (XXXI, 358, janvier 1943, pp. 10-20; «Funzione dell&#8217;idea imperiale e distruzione della &#8220;cultura neutra&#8221;»; trad. franç. de Ph. Baillet, in Julius Evola, <em>Essais Politiques</em>,  Pardès, Puiseaux, 1988), n&#8217;a pas caché son enthousiasme pour les thèses de Steding, pour sa critique de la culture «neutre» et dépolitisée, pour son plaidoyer en faveur d&#8217;un prussianisme rénové renouant avec l&#8217;éthique impériale, pour sa volonté de redonner une substance politique au centre du sub-continent européen. <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> formule deux critiques: il juge Steding trop sévère à l&#8217;encontre de Bachofen et de Nietzsche. «Certaines critiques de Steding, on l&#8217;a vu, pèchent par leur côté unilatéral: pour dénoncer l&#8217;erreur, il en vient parfois à négliger ce que certains auteurs ou certaines tendances pourraient offrir de positif à ses propres idées. Lorsqu&#8217;il évoque les &#8220;divinités lumineuses du monde du politique&#8221; opposées à la <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religion</a> obscure des mythes, des <a title="symboles" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/simboli">symboles</a> et des traditions primordiales, il court par exemple le risque de finir, à son corps défendant, dans le rationalisme, alors qu&#8217;il conçoit parfaitement la possibilité d&#8217;une exploration du monde spirituel qui aurait les mêmes caractères d&#8217;exactitude et de clarté que les sciences naturelles. Nombre des accusations portées contre Bachofen par Steding sont carrément injustes: on trouve au contraire chez Bachofen bien des éléments susceptibles de conforter, précisément, l&#8217;idéal &#8220;apollinien&#8221; et viril d&#8217;un Etat &#8220;romain&#8221; opposé au monde équivoque du substrat naturaliste et matriarcal. Et, au bout du compte, Steding subit en fait souvent l&#8217;influence salutaire des conceptions de Bachofen» (<em>Essais politiques</em>,  op. cit., p. 155).</p>
<p style="text-align: justify;">«A l&#8217;égard de Nietzsche, l&#8217;attitude de Steding est pareillement unilatérale. Il est extrêmement discutable que la doctrine nietzschéenne du surhomme exprime réellement, comme le croit Steding, une révolte contre le concept d&#8217;Etat. Ce serait plutôt le contraire qui nous paraîtrait exact, à savoir qu&#8217;Etat et Empire ne sont guère concevable sans une certaine référence à la doctrine du surhomme, celle-ci exaltant une élite, une race dominatrice porteuse d&#8217;une autorité spirituelle précise. De fait, seule une élite ainsi conçue peut fonder cette primauté que revendique Steding pour l&#8217;Etat en face de ce qui n&#8217;est que simple &#8220;peuple&#8221;» (<em>Essais politiques</em>,  op. cit., pp. 155-156). <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> conclut: «…l&#8217;ouvrage de Steding constitue un pas en avant digne d&#8217;être noté  —surtout en Allemagne—  sur le plan d&#8217;une clarification des idées, d&#8217;un alignement des positions, d&#8217;une reprise consciente de cette idée impériale qui, Steding l&#8217;a précisément montré, s&#8217;identifie à la réalité de la meilleure Europe»  (p. 156).</p>
<p style="text-align: justify;">Dans <em>Sintesi di dottrina della razza</em>, <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola"> Evola</a> avait déjà, dans un sens proche de la pensée de Steding, appelé à un dépassement de la conception neutre de la culture. Nous lisons, p. 25: «Est également combattu le mythe des valeurs &#8220;neutres&#8221;, qui tend à considérer toute valeur comme une entité autonome et abstraite, alors qu&#8217;elle est en premier lieu l&#8217;expression d&#8217;une race intérieure donnée et, en deuxième lieu, une force qu&#8217;il convient d&#8217;étudier à l&#8217;aune de ses effets concrets, non sur l&#8217;homme en général, mais sur les divers groupes humains, différenciés par la race. <em>Suum cuique</em>: à chacun sa &#8220;vérité&#8221;, son droit, son art, sa vision du monde, en certaines limites, sa science (dans le sens d&#8217;idéal de connaissance) et sa <a title="religiosité" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religiosité</a>&#8230;».</p>
<p style="text-align: justify;">En évoquant le <em>suum cuique</em>,  principe de gouvernement de la Prusse frédéricienne, <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> se place dans une optique très ancrée dans la <a title="Révolution Conservatrice" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">Révolution conservatrice</a>. En refusant l&#8217;autonomisation des valeurs, c&#8217;est-à-dire leur détachement du tout qu&#8217;est la trame historique du peuple ou de l&#8217;Empire, <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a> est sur la même longueur d&#8217;onde que Steding, qui combat les mièvreries de la culture «neutre», psychologisante et dépolitisante, et que Bäumler qui voit, dans le mythe, la sublimation des expériences vécues d&#8217;un peuple, mais une sublimation qu&#8217;il attribue à l&#8217;action des valeurs telluriques/maternelles, contrairement à <a title="Evola" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/julius-evola">Evola</a>.</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;"><em>Archives de Synergies Europeennes </em>- 1991.</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/mentions-de-christoph-steding-dans-evola.html' addthis:title='Les mentions de l&#8217;œuvre de Christoph Steding dans les écrits d&#8217;Evola ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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		<title>La &#8220;Révolution Conservatrice&#8221; en Allemagne (1918-1932)</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Jun 2009 16:06:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Robert Steuckers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La Révolution Conservatrice, à défaut d'être une philosophie rigoureuse de type universitaire, est un éventail de Weltanschauungen]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/la-revolution-conservatrice-en-allemagne-1918-1932.html' addthis:title='La &#8220;Révolution Conservatrice&#8221; en Allemagne (1918-1932) '  ><a class="addthis_button_facebook_like" fb:like:layout="button_count"></a><a class="addthis_button_tweet"></a><a class="addthis_counter addthis_pill_style"></a></div><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/letteratura48x48.png" width="48" height="48" alt="" title="Letteratura" /><img src="http://www.centrostudilaruna.it/category-icons/rivoluzione-conservatrice.PNG" width="48" height="48" alt="" title="Rivoluzione conservatrice" /><br/><p style="text-align: justify;"><a rel="nofollow" href="http://www.amazon.fr/gp/product/3902475021?ie=UTF8&amp;tag=centrostudila-21&amp;linkCode=as2&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=3902475021" target="_blank"><img class="alignleft size-medium wp-image-2442" style="margin: 10px;" title="die-konservative-revolution" src="http://www.centrostudilaruna.it/wp-content/die-konservative-revolution-196x300.jpg" alt="" width="196" height="300" /></a>L&#8217;ouvrage d&#8217;Armin Mohler sur la &#8220;<a title="Konservative Revolution" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">Konservative Revolution</a>&#8221; (KR) a été si souvent cité, qu&#8217;il est devenu, dans l&#8217;espace linguistique francophone, chez ceux qui cultivent une sorte d&#8217;adhésion affective aux idées vitalistes allemandes dérivées de Nietzsche, une sorte de mythe, de référence mythique très mal connue mais souvent évoquée. Cette année, une réédition a enfin vu le jour, flanquée d&#8217;un volume complémentaire où sont consignés les commentaires de l&#8217;auteur sur l&#8217;état actuel de la recherche, sur les nouveaux ouvrages d&#8217;approfondissement et surtout sur les recherches de Sternhell.</p>
<p style="text-align: justify;">Comment se présentet-il, finalement, cet ouvrage de base, ce manuel si fondamental? Il se compose d&#8217;abord d&#8217;un texte d&#8217;initiation, commençant à la page 3 de l&#8217;ouvrage et s&#8217;achevant à la page 169; ensuite d&#8217;une bibliographie exhaustive, recensant tous les ouvrages des auteurs cités et tous les ouvrages panoramiques sur la KR: elle débute à la page 173 pour se terminer à la page 483. Suivent alors les annexes, avec la liste des abréviations utilisées pour les lieux d&#8217;édition et les maisons d&#8217;édition, puis les registres des personnes, des périodiques et des organisations.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Un ouvrage destiné à la recherche</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;ouvrage est donc de prime abord destiné à la recherche. Mais comme la thématique englobe des idées, des <em>leitmotive</em>, des affirmations politiques qui ont enthousiasmé de larges strates de l&#8217;<em>intelligentsia </em>allemande voire une partie des masses, il est évident qu&#8217;aujourd&#8217;hui encore elle enregistrera des retentissements divers en dehors des cénacles académiques. A Bruxelles, à Genève, à Paris ou à Québec, il n&#8217;y a pas que des professeurs qui lisent <a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Ernst Jünger</a> ou <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/thomas-mann" target="_blank">Thomas Mann</a></span>&#8230; La recension qui suit s&#8217;adressera dès lors essentiellement à ce public extra-académique et se concentrera sur la première partie de l&#8217;ouvrage, le texte d&#8217;initiation, avec ses définitions de concepts, sa classification des diverses strates du phénomène que fut la KR. Mohler, dans ces chapitres d&#8217;une densité inouïe, définit très méticuleusement des mouvements politico-idéologiques aussi marginaux que fascinants: les &#8220;trotskystes du nationalsocialisme&#8221;, la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221; (DB), le national-bolchévisme, le &#8220;Troisième Front&#8221; (<em>Dritte Front</em>,  en abrégé DF), les Völkischen,  les Jungkonservativen,  les nationaux-révolutionnaires, les Bündischen,  etc. ainsi que des concepts comme <em>Weltanschauung</em>, nihilisme, <em>Umschlag</em>,  &#8220;Grand Midi&#8221;, réalisme héroïque, etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>&#8220;Konservative Revolution&#8221; et nationalsocialisme</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Le premier souci de Mohler, c&#8217;est de distinguer la KR du nationalsocialisme. Pour la tradition antifasciste, souvent imprégnée des démonstrations du marxisme vulgaire, le national-socialisme est la continuation politique de la KR. De fait, le national-socialisme a affirmé poursuivre dans les faits ce que la KR (ou la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221;) avait esquissé en esprit. Mais nonobstant cette revendication nationale-socialiste, on est bien obligé de constater, avec Mohler, que la KR d&#8217;avant 1933 recelait bien d&#8217;autres possibles. Le national-socialisme a constitué un grand mouvement de masse, impressionnant dans ses dimensions et affublé de toutes les lourdeurs propres aux appareils de ce type. Face à lui, foisonnaient des petits cercles où l&#8217;esprit s&#8217;épanouissait indépendamment des vicissitudes politiques du temps. Ces cénacles d&#8217;intellectuels n&#8217;eurent que peu d&#8217;influence sur les masses. Le grand parti, en revanche, écrit Mohler, &#8220;gardait les masses sous son égide par le biais des liens organisationnels et d&#8217;une doctrine adaptée à la moyenne et limitée à des slogans; il n&#8217;offrait aux têtes supérieures que peu d&#8217;espace et seulement dans la mesure où elles voulaient bien participer au travail d&#8217;enrégimentement des masses et limitaient l&#8217;exercice de leurs facultés intellectuelles à un quelconque petit domaine ésotérique&#8221; (p.4).</p>
<p style="text-align: justify;">Peu d&#8217;intellectuels se satisferont de ce rôle de &#8220;garde-chiourme de luxe&#8221; et préfèreront rester dans cette chaleur du nid qu&#8217;offraient leurs petits cénacles élitaires, où, pensaient-ils, l&#8217;&#8221;idée vraie&#8221; était conservée intacte, tandis que les partis de masse la caricaturaient et la trahissaient. Ce réflexe déclencha une cascade de ruptures, de sécessions, d&#8217;excommunications, de conjurations avec des éléments exclus du parti, si bien que plus aucune équation entre la NSDAP et la KR ne peut honnêtement être posée. Bon nombre de figures de la KR devinrent ainsi les &#8220;trotskystes du national-socialisme&#8221;, les hérétiques de la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221;, qui seront poursuivis par le régime ou opteront pour l&#8217;&#8221;émigration intérieure&#8221; ou s&#8217;insinueront dans certaines instances de l&#8217;Etat car le degré de la mise au pas totalitaire fut nettement moindre en Allemagne qu&#8217;en Union Soviétique. Des représentants éminents de la KR, comme Hans Grimm, Oswald Spengler et <a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Ernst Jünger</a> purent compter sur l&#8217;appui de la <em>Reichswehr</em>, des cercles diplomatiques &#8220;vieux-conservateurs&#8221; ou de cénacles liés à l&#8217;industrie. Ne choisissent l&#8217;émigration que les figures de proue des groupes sociaux-révolutionnaires (Otto Strasser, Paetel, Ebeling) ou certains nationaux-socialistes dissidents comme Rauschning. La plupart restent toutefois en Allemagne, en espérant que surviendra une &#8220;seconde révolution&#8221; entièrement conforme à l&#8217;&#8221;Idée&#8221;. D&#8217;autres se taisent définitivement (Blüher, Hielscher), se réfugient dans des préoccupations totalement apolitiques ou dans la poésie (Winnig) ou se tournent vers la philosophie religieuse (Eschmann). Très rares seront ceux qui passeront carrément au national-socialisme comme Bäumler, spécialiste de Bachofen.</p>
<p style="text-align: justify;">La thèse qui cherche à prouver la &#8220;culpabilité anticipative&#8221; de la KR ne tient pas. En effet, les idées de la KR se retrouvent, sous des formes chaque fois spécifiquement nationales, dans tous les pays d&#8217;Europe depuis la moitié du XIXième siècle. Si l&#8217;on retrouve des traces de ces idées dans le national-socialisme allemand, celui-ci, comme nous venons de le voir, n&#8217;est qu&#8217;une manifestation très partielle et incomplète de la KR, et n&#8217;a été qu&#8217;une tentative parmi des dizaines d&#8217;autres possibles. Raisonner en termes de causalité (diabolique) constitue donc, explique Mohler, un raccourci trop facile, occultant par exemple le fait patent que les conjurés du 20 juillet 1944 ou que Schulze-Boysen, agent soviétique pendu en 1942, avaient été influencés par les idées de la KR.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>L&#8217;origine du terme &#8220;Konservative Revolution&#8221;</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour éviter toutes les confusions et les amalgames, Mohler pose au préalable quelques définitions: celle de la KR proprement dite, celle de la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221;, celle de la <em>Weltanschauung</em> en tant que véhicule pédagogique des idées nouvelles. Les termes &#8220;konservativ&#8221; et &#8220;revolutionär&#8221; apparaissent accolés l&#8217;un à l&#8217;autre pour la première fois dans le journal berlinois <em>Die Volksstimme</em> du 24 mai 1848: le polémiste qui les unissait était manifestement mu par l&#8217;intention de persifler, de se gausser de ceux qui agitaient les émotions du public en affirmant tout et le contraire de tout (le conservatisme et la révolution), l&#8217;esprit troublé par les excès de bière blanche. En 1851, le couple de vocables réapparait —cette fois dans un sens non polémique— dans un ouvrage sur la Russie attribué à Theobald Buddeus. En 1875, Youri Samarine donne pour titre <em>Revolyoutsionnyi konservatizm</em> à une plaquette qu&#8217;il a rédigée avec F. Dmitriev. Par la suite, Dostoïevski l&#8217;utilisera à son tour. En 1900, Charles Maurras l&#8217;emploie dans son <em>Enquête sur la Monarchie</em>.  En 1921, <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/thomas-mann" target="_blank">Thomas Mann</a></span> l&#8217;utilise dans un article sur la Russie. En Allemagne, le terme &#8220;<a title="Konservative Revolution" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/rivoluzioneconservatrice">Konservative Revolution</a>&#8221; acquiert une vaste notoriété quand Hugo von Hoffmannsthal le prononce dans l&#8217;un de ses célèbres discours (<em>Das Schriftum als geistiger Raum der Nation </em> — <em>La littérature comme espace spirituel de la nation</em>; 1927). Von Hoffmannsthal désigne un processus de maturation intellectuel caractérisé par la recherche de &#8220;liens&#8221;, prenant le relais de la recherche de &#8220;liberté&#8221;, et par la recherche de &#8220;totalité&#8221;, d&#8217;&#8221;unité&#8221; pour échapper aux divisions et aux discordes, produits de l&#8217;ère libérale.</p>
<p style="text-align: justify;">Chez Hoffmannsthal, le concept n&#8217;a pas encore d&#8217;implication politique directe. Mais dans les quelques timides essais de politisation de ce concept, dans le contexte de la République de Weimar agonisante, on perçoit très nettement une volonté de mettre à l&#8217;avant-plan les caractéristiques immuables de l&#8217;âme humaine, en réaction contre les idées de 1789 qui pariaient sur la perfectibilité infinie de l&#8217;homme. Mais tous les courants qui s&#8217;opposèrent jadis à la Révolution Française ne débouchent pas sur la KR. Bon nombre d&#8217;entre eux restent simplement partisans de la Restauration, de la Réaction, sont des conservateurs de la vieille école (Altkonservativen).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>&#8220;Konservative Revolution&#8221; et &#8220;Deutsche Bewegung&#8221;</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Donc si la KR est un refus des idées de 1789, elle n&#8217;est pas nostalgie de l&#8217;Ancien Régime: elle opte confusément, parfois plus clairement, pour une &#8220;troisième voie&#8221;, où seraient absentes l&#8217;anarchie, l&#8217;absence de valeurs, la fascination du laissez-faire propres au libéralisme, l&#8217;immoralité fondamentale du règne de l&#8217;argent, les rigidités de l&#8217;Ancien Régime et des absolutismes royaux, les platitudes des socialismes et communismes d&#8217;essence marxiste, les stratégies d&#8217;arasement du passé (&#8220;Du passé, faisons table rase&#8230;&#8221;). A l&#8217;aube du XIXième siècle, entre la Révolution et la Restauration, surgit, sur la scène philosophique européenne, l&#8217;idéalisme allemand, réponse au rationalisme français et à l&#8217;empirisme anglais. Parallèlement à cet idéalisme, le romantisme secoue les âmes. Sur le terrain, comme dans le Tiers-Monde aujourd&#8217;hui, les Allemands, exaltés par <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/johann-gottlieb-fichte" target="_blank">Fichte</a></span>, Arndt, Jahn, etc., prennent les armes contre Napoléon, incarnation d&#8217;un colonialisme &#8220;occidental&#8221;. Ce mélange de guerre de libération, de révolution sociale et de retour sur soi-même, sur sa propre identité, constitue une sorte de préfiguration de la KR, laquelle serait alors le stade atteint par la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221; dans les années 20.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour en résumer l&#8217;esprit, explique Mohler, il faut méditer une citation tirée du célébrissime roman de D.H. Lawrence, <em>The plumed Serpent</em> (= <em>Le serpent à plumes</em>, 1926). Ecoutons-la: &#8220;Lorsque les Mexicains apprennent le nom de Quetzalcoatl, ils ne devraient le prononcer qu&#8217;avec la langue de leur propre sang. Je voudrais que le monde teutonique se mette à repenser dans l&#8217;esprit de Thor, de Wotan et d&#8217;Yggdrasil, le frêne qui est axe du monde, que les pays druidiques comprennent que leur mystère se trouve dans le gui, qu&#8217;ils sont eux-mêmes le Tuatha de Danaan, qu&#8217;ils sont ce peuple toujours en vie même s&#8217;il a un jour sombré. Les peuples méditerranéens devraient se réapproprier leur Hermès et Tunis son Astharoth; en Perse, c&#8217;est Mithra qui devrait ressusciter, en Inde Brahma et en Chine le plus vieux des dragons&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">Avec Herder, les Allemands ont élaboré et conservé une philosophie qui cherche, elle aussi, à renouer avec les essences intimes des peuples; de cette philosophie sont issus les nationalismes germaniques et slaves. Dans le sens où elle recherche les essences (tout en les préservant et en en conservant les virtualités) et veut les poser comme socles d&#8217;un avenir radicalement neuf (donc révolutionnaire), la KR se rapproche du nationalisme allemand mais acquiert simultanément une valeur universelle (et non universaliste) dans le sens où la diversité des modes de vie, des pensées, des âmes et des corps, est un fait universel, tandis que l&#8217;universalisme, sous quelque forme qu&#8217;il se présente, cherche à biffer cette prolixité au profit d&#8217;un schéma équarisseur qui n&#8217;a rien d&#8217;universel mais tout de l&#8217;abstraction.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>La notion de &#8220;Weltanschauung&#8221;</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">La KR, à défaut d&#8217;être une philosophie rigoureuse de type universitaire, est un éventail de <em>Weltanschauungen</em>.  Tandis que la philosophie fait partie intégrante de la pensée du vieil Occident, la <em>Weltanschauung </em>apparaît au moment où l&#8217;édifice occidental s&#8217;effondre. Jadis, les catégories étaient bien contingentées: la pensée, les sentiments, la volonté ne se mêlaient pas en des flux désordonnés comme aujour-d&#8217;hui. Mais désormais, dans notre &#8220;interrègne&#8221;, qui succède à l&#8217;ef-fondrement du christianisme, les Weltanschauungen  mêlent pensées, sentiments et volontés au sein d&#8217;une tension perpétuelle et dynamisante. La pensée, soutenue par des Weltanschauungen,  détient désormais un caractère instrumental: on sollicite une multitude de disciplines pour illustrer des idées déjà préalablement conçues, acceptées, choisies. Et ces idées servent à atteindre des objectifs dans la réalité elle-même. La nature particulière (et non plus universelle) de toute pensée nous révèle un monde bigarré, un chaos dynamique, en mutation perpétuelle. Selon Mohler, les Weltanschauungen  ne sont plus véhiculées par de purs philosophes ou de purs poètes mais par des êtres hybrides, mi-penseurs, mi-poètes, qui savent conjuguer habilement  —et avec une certaine cohérence—   concepts et images. Les gestes de l&#8217;existence concrète jouent un rôle primordial chez ces penseurs-poètes: songeons à T.E. Lawrence (d&#8217;Arabie), Malraux et <a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Ernst Jünger</a>. Leurs existences engagées leur ont fait touché du doigt les nerfs de la vie, leur a communiqué une expérience des choses bien plus vive et forte que celle des philosophes et des théologiens, même les plus audacieux.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>L&#8217;opposition concept/image</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Les mots et les concepts sont donc insuffisants pour cerner la réalité dans toute sa multiplicité. La parole du poète, l&#8217;image, leur sont de loin supérieures. L&#8217;ère nouvelle se reflète dès lors davantage dans les travaux des &#8220;intellectuels anti-intellectuels&#8221;, de ceux qui peuvent, avec génie, manier les images. Un passage du journal de Gerhard Nebel, daté du 19 novembre 1943, illustre parfaitement les positions de Mohler quand il souligne l&#8217;importance de la Weltanschauung  par rapport à la philosophie classique et surtout quand il entonne son plaidoyer pour l&#8217;intensité de l&#8217;existence contre la grisaille des théories, plaidoyer qu&#8217;il a résumé dans le concept de &#8220;nominalisme&#8221; et qui a eu le retentissement que l&#8217;on sait dans la maturation intellectuelle de la &#8220;Nouvelle Droite&#8221; française.</p>
<p style="text-align: justify;">Ecoutons donc les paroles de Gerhard Nebel: &#8220;Le rapport entre les deux instruments métaphysiques de l&#8217;homme, le concept et l&#8217;image, livre à ceux qui veulent s&#8217;exercer à la comparaison une matière inépuisable. On peut dire, ainsi, que le concept est improductif, dans la mesure où il ne fait qu&#8217;ordonner ce qui nous tombe sous le sens, ce que nous avons déjà découvert, ce qui est à notre disposition, tandis que l&#8217;image génère de la réalité spirituelle et ramène à la surface des éléments jusqu&#8217;alors cachés de l&#8217;Etre. Le concept opère prudemment des distinctions et des regroupements dans le cadre strict des faits sûrs; l&#8217;image saisit les choses, avec l&#8217;impétuosité de l&#8217;aventurier et son absence de tout scrupule, et les lance vers le large et l&#8217;infini. Le concept vit de peurs; l&#8217;image vit du faste triomphant de la découverte. Le concept doit tuer sa proie (s&#8217;il n&#8217;a pas déjà ramassé rien qu&#8217;un cadavre), tandis que l&#8217;image fait apparaître une vie toute pétillante. Le concept, en tant que concept, exclut tout mystère; l&#8217;image est une unité paradoxale de contraires, qui nous éclaire tout en honorant l&#8217;obscur. Le concept est vieillot; l&#8217;image est toujours fraîche et jeune. Le concept est la victime du temps et vieillit vite; l&#8217;image est toujours au-delà du temps. Le concept est subordonné au progrès, tout comme les sciences, elles aussi, appartiennent à la catégorie du progrès, tandis que l&#8217;image relève de l&#8217;instant. Le concept est économie; l&#8217;image est gaspillage. Le concept est ce qu&#8217;il est; l&#8217;image est toujours davantage que ce qu&#8217;elle semble être. Le concept sollicite le cerveau mais l&#8217;image sollicite le cœur. Le concept ne meut qu&#8217;une périphérie de l&#8217;existence; l&#8217;image, elle, agit sur l&#8217;ensemble de l&#8217;existence, sur son noyau. Le concept est fini; l&#8217;image, infinie. Le concept simplifie; l&#8217;image honore la diversité. Le concept prend parti; l&#8217;image s&#8217;abstient de juger. Le concept est général; l&#8217;image est avant tout individuelle et, même là où l&#8217;on peut faire de l&#8217;image une image générale et où l&#8217;on peut lui subordonner des phénomènes, cette action de subordonnance rappelle des chasses passionnantes; l&#8217;ennui que suscite l&#8217;inclusion, l&#8217;enfermement de faits de monde dans des concepts, reste étranger à l&#8217;image&#8230;&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">Les idées véhiculées par les Weltanschauungen s&#8217;incarnent dans le réel arbitrairement, de façon imprévisible, discontinue. En effet, ces idées ne sont plus des idées pures, elles n&#8217;ont plus une place fixe et immuable dans une quelconque empyrée, au-delà de la réalité. Elles sont bien au contraire imbriquées, prisonnières des aléas du réel, soumises à ses mutations, aux conflits qui forment sa trame. Etudier l&#8217;impact des Weltanschauungen,  dont celles de la KR, c&#8217;est poser une topographie de courants souterrains, qui ne sautent pas directement aux yeux de l&#8217;observateur.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Une exigence de la KR: dépasser le wilhelminisme</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Quand Arthur Moeller van den Bruck parle d&#8217;un &#8220;Troisième Reich&#8221; en 1923, il ne songe évidemment pas à l&#8217;Etat hitlérien, dont rien ne laisse alors prévoir l&#8217;avènement, mais d&#8217;un système politique qui succéderait au IIième Reich bismarcko-wilhelminien et où les oppositions entre le socialisme et le nationalisme, entre la gauche et la droite seraient sublimées en une synthèse nouvelle. De plus, cette idée d&#8217;un &#8220;troisième&#8221; Empire, ajoute Mohler, renoue avec toute une spéculation philosophique christiano-européenne très ancienne, qui parlait d&#8217;un troisième règne comme du règne de l&#8217;esprit (saint). Dès le IIième siècle, les montanistes, secte chrétienne, évoquent l&#8217;avènement d&#8217;un règne de l&#8217;esprit saint, successeur des règnes de Dieu le Père (ancien testament) et de Dieu le Fils (nouveau testament et incarnation), qui serait la synthèse parfaite des contraires. Dans le cadre de l&#8217;histoire allemande, on repère une longue aspiration à la syn-thèse, à la conciliation de l&#8217;inconciliable: par exemple, entre les Habsbourg et les Hohenzollern. Après la Grande Guerre, après la réconciliation nationale dans le sang et les tranchées, Moeller van den Bruck est l&#8217;un de ces hommes qui espèrent une synthèse entre la gauche et la droite par le truchement d&#8217;un &#8220;troisième parti&#8221;. Evidemment, les hitlériens, en fondant leur &#8220;troisième Reich&#8221;, prétendront transposer dans le réel toutes ses vieilles aspirations pour les asseoir définitivement dans l&#8217;histoire. La KR et/ou la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221; se scinde alors en deux groupes: ceux qui estiment que le IIIième Reich de Hitler est une falsification et entrent en dissidence, et ceux qui pensent que c&#8217;est une première étape vers le but ultime et acceptent le fait accompli.</p>
<p style="text-align: justify;">Sous le IIIème Reich historique, existait une &#8220;opposition de droite&#8221;, mécontente du caractère libéral/darwiniste de la révolution industrielle allemande, du rôle de l&#8217;industrie et du grand capital, de l&#8217;étroitesse d&#8217;esprit bourgeoise, du façadisme pompeux, avec ses stucs et son tape-à-l&#8217;oeil. Le &#8220;conservatisme&#8221; officiel de l&#8217;époque n&#8217;est plus qu&#8217;un décor, que poses mata-moresques, tandis que l&#8217;économie devient le destin. Ce bourgeoisisme à colifichets militaires suscite des réactions. Les unes sont réformistes; les autres exigent une rupture radicale. Parmi les réformistes, il faut compter le mouvement chrétien-social du Pasteur Adolf Stoecker, luttant pour un &#8220;Empire social&#8221;, pour une &#8220;voie caritative&#8221; vers la justice sociale. Les éléments les plus dynamiques du mouvement finiront par adhérer à la sociale-démocratie. Quant au &#8220;Mouvement Pan-Germaniste&#8221; (<em>Alldeutscher Verband)</em>,  il sombrera dans un impérialisme utopique, sur fond de romantisme niais et de cliquetis de sabre. Les autres mouvements restent périphériques: les mouvements &#8220;artistiques&#8221; de masse, les marxistes qui veulent une voie nationale, les premiers &#8220;Völkischen&#8221;,  etc.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>A l&#8217;ombre de Nietzsche&#8230;</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Face à ces réformateurs qui ne débouchent sur rien ou disparaissent parce que récupérés, se trouvent d&#8217;abord quelques isolés. Des isolés qui mûrissent et agissent à l&#8217;ombre de Nietzsche, ce penseur qui ne peut être classé parmi les protagonistes de la &#8220;Deutsche Bewegung&#8221; ni parmi les précurseurs de la KR, bien que, sans lui et sans son œuvre, cette dernière n&#8217;aurait pas été telle qu&#8217;elle fut. Mais comme les isolés qu&#8217;alimente la pensée de Nietzsche sont nombreux, très différents les uns des autres, il s&#8217;en trouve quelques-uns qui amorcent véritablement le processus de maturation de la KR. Mohler en cite deux, très importants: Paul de Lagarde et Julius Langbehn. L&#8217;orientaliste Paul de Lagarde voulait fonder une <a title="religion" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/temi/religione">religion</a> allemande, appelée à remplacer et à renforcer le message des christianismes protestants et catholiques en pariant sur la veine mystique, notamment celle de Meister Eckhart le Rhénan et de Ruusbroeck le Brabançon (5). Julius Langbehn est surtout l&#8217;homme d&#8217;un livre, Rembrandt als Erzieher (1890; = Rembrandt éducateur) (6). A partir de la personnalité de Rembrandt, Langbehn chante la mystique profonde du Nord-Ouest européen et suggère une synthèse entre la rudesse froide mais vertueuse du Nord et l&#8217;enthousiasme du Sud.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Mouvement völkisch et mouvement de jeunesse</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">En marge de ses deux isolés, qui connurent un succès retentissant, deux courants sociaux contri-buent à briser les hypocrisies et le matérialisme de l&#8217;ère wilhelminienne: le mouvement völkisch  et le mouvement de jeunesse (<em>Jugendbewegung</em>). Par <em>völkisch</em>,  nous explique Mohler, l&#8217;on entend les groupes animés par une philosophie qui pose l&#8217;homme comme essentiellement dépendant de ses origines, que celles-ci proviennent d&#8217;une matière informelle, la race, ou du travail de l&#8217;histoire (le peuple ou la tribu étant, dans cette optique, forgé par une histoire longue et commune). Proches de l&#8217;idéologie völkische  sont les doctrines qui posent l&#8217;homme comme déterminé par un &#8220;paysage spirituel&#8221; ou par la langue qu&#8217;il parle. Dans les années 1880, le mouvement völkisch  se constitue en un front du refus assez catégorique: il est surtout antisémite et remplace l&#8217;ancien antisémitisme confessionnel par un antisémitisme &#8220;raciste&#8221; et déterministe, lequel prétend que le Juif reste juif en dépit de ses options personnelles réelles ou affectées. Le mouvement völkisch  se divise en deux tendances, l&#8217;une aristocratique, dirigée par Max Liebermann von Sonnenberg, qui cherche à rapprocher certaines catégories du peuple de l&#8217;aristocratie conservatrice; l&#8217;autre est radicale, démocratique et issue de la base. C&#8217;est en Hesse que cette première radicalité völkische se hissera au niveau d&#8217;un parti de masse, sous l&#8217;impulsion d&#8217;Otto Böckel, le &#8220;roi des paysans hessois&#8221;, qui renoue avec les souvenirs de la grande guerre des paysans du XVIième siècle et rêve d&#8217;un soulèvement généralisé contre les grands capitalistes (dont les Juifs) et les Junker,  alliés objectifs des premiers.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mouvement de jeunesse est une révolte des jeunes contre les pères, contre l&#8217;artificialité du wilhelminisme, contre les conventions qui étouffent les cœurs. Créé par Karl Fischer en 1896, devenu le &#8220;Wandervogel&#8221; (= &#8220;oiseau migrateur&#8221;) en 1901, le mouvement connait des débuts anarchisants et romantiques, avec des éco-iers et lycéens, coiffés de bérets fantaisistes et la guitare en bandoulière, qui partent en randonnée, pour quitter les villes et découvrir la beauté des paysages. A partir de 1910-1913, le mouvement de jeunesse acquerra une forme plus stricte et plus disciplinée: la principale organisation porteuse de ce renouveau fut la Freideutsche Jugend.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le choc de 1914</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quand éclate la guerre de 1914, les peuples croient à une ultime épreuve purgative qui pulvérisera les barrières de partis, de classes, de confessions, etc. et conduira à la &#8220;totalité&#8221; espérée. <span class='bm_keywordlink'><a href="http://www.libriefilm.com/category/autori/thomas-mann" target="_blank">Thomas Mann</a></span>, dans les premières semaines de la guerre, parle de &#8220;purification&#8221;, de grand nettoyage par le vide qui balaiera le bric-à-brac wilhelminien. Peu importaient la victoire, les motifs, les intérêts: seule comptait la guerre comme hygiène, aux yeux des peuples lassés par les artifices bourgeois. Mais les enthousiasmes du début s&#8217;enliseront, après la bataille de la Marne, dans la guerre des tranchées et dans l&#8217;implacable choc mécanique des matériels. &#8220;Toute finesse a été broyée, piétinée&#8221;, écrit <a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Ernst Jünger</a>. Le XIXième siècle périt dans ce maelstrom de fer et de feu, les façades rhétoriques s&#8217;écroulent pulvérisées, les contingentements proprets perdent tout crédit et deviennent ridicules.</p>
<p style="text-align: justify;">De cette tourmente, surgit, discrète, une nouvelle &#8220;totalité&#8221;, une &#8220;totalité&#8221; spartiate, une &#8220;totalité&#8221; de souffrances, avec des alternances de joies et de morts. Une chose apparaît certai-ne, écrit encore <a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Ernst Jünger</a>, c&#8217;est &#8220;que la vie, dans son noyau le plus intime, est indestructible&#8221;. Un philosophe ami d&#8217;<a title="Ernst Jünger" href="http://www.centrostudilaruna.it/sezioni/autori/ernst-junger">Ernst Jünger</a>, Hugo Fischer, décrit cet avènement de la totalité nouvelle, dans un essai de guerre paru dans la revue &#8220;nationale-bolchévique&#8221; <em>Widerstand</em> (Janvier 1934; &#8220;<em>Der deutsche Infanterist von 1917</em>&#8220;): &#8220;Le culte des grands mots n&#8217;a plus de raison d&#8217;être aujourd&#8217;hui&#8230; La guerre mondiale a été le <em>daimon</em> qui a fracassé et pulvérisé le pathétisme. La guerre n&#8217;a plus de commencement ni de fin, le fantassin gris se trouve quelque part au milieu des masses de terre boueuse qui s&#8217;étendent à perte de vue; il est dans son trou sale, prêt à bondir; il est un rien au sein d&#8217;une monotonie grise et désolée, qui a toujours été telle et sera toujours telle mais, en même temps, il est le point focal d&#8217;une nouvelle souveraineté. Là-bas, quelque part, il y avait ja-dis de beaux systèmes, scrupuleusement construits, des systèmes de tranchées et d&#8217;abris; ces systèmes ne l&#8217;intéressent plus; il reste là, debout, ou s&#8217;accroupit, à moitié mort de soif, quelque part dans la campagne libre et ouverte; l&#8217;opposition entre la vie et la mort est repoussée à la lisière de ses souvenirs. Il n&#8217;est ni un individu ni une communauté, il est une particule d&#8217;une force élémentaire, planant au-dessus des champs ravagés. Les concepts ont été bouleversés dans sa tête. Les vieux concepts. Les écailles lui tombent des yeux. Dans le brouillard infini, que scrutent les yeux de son esprit, l&#8217;aube semble se lever et il commence, sans savoir ce qu&#8217;il fait, à penser dans les catégories du siècle prochain. Les canons balayent cette mer de saletés et de pourriture, qui avait été le domaine de son existence, et les entonnoirs qu&#8217;ont creusés les obus sont sa demeure (&#8230;) Il a survécu à toutes les formes de guerre; le voilà, incorruptible et immortel, et il ne sait plus ce qui est beau, ce qui est laid. Son regard pénètre les choses avec la tranquillité d&#8217;un jet de flamme. Avec ou sans mérite, il est resté, a survécu (&#8230;) L&#8217;&#8221;intériorité&#8221; s&#8217;est projetée vers l&#8217;extérieur, s&#8217;est transformée de fond en comble, et cette extériorité est devenue totale; intériorité et extériorité fusionnent; (&#8230;) On ne peut plus distinguer quand l&#8217;extériorité s&#8217;arrête et quand l&#8217;homme commence; celui-ci ne laisse plus rien derrière lui qui pourrait être réservée à une sphère privée&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>La défaite de 1918: une nécessité</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">En novembre 1918, l&#8217;Etat allemand wilhelminien a cessé d&#8217;exister: la vieille droite parle du &#8220;coup de couteau dans le dos&#8221;, œuvre des gauches qui ont trahi une armée sur le point de vaincre. Dans cette perspective, la défaite n&#8217;est qu&#8217;un hasard. Mais pour les tenants de la KR, la défaite est une nécessité et il convient maintenant de déchiffrer le sens de cette défaite. Franz Schauwecker, figure de la mouvance nationale-révolutionnaire, écrit: &#8220;Nous devions perdre la guerre pour gagner la Nation&#8221;.  Car une victoire de l&#8217;Allemagne wilhelminienne aurait été une défaite de l&#8217;&#8221;Allemagne secrète&#8221;. L&#8217;écrivain Edwin Erich Dwinger, de père nord-allemand et de mère russe, engagé à 17 ans dans un régiment de dragons, prisonnier en Sibérie, combattant enrôlé de force dans les armées rouge et blanche, revenu en Allemagne en 1920, met cette idée dans la bouche d&#8217;un pope russe, personnage de sa trilogie romanesque consacrée à la Russie: &#8220;Vous l&#8217;avez perdue la grande Guerre, c&#8217;est sûr&#8230; Mais qui sait, cela vaut peut-être mieux ainsi? Car si vous l&#8217;aviez gagnée, Dieu vous aurait quitté&#8230; L&#8217;orgueil et l&#8217;oppres-sion [<em>du wilhelminisme, ndt</em>] se seraient multipliées par cent; une jouissance vide de sens aurait tué toute étincelle divine en vous&#8230; Un pourrissement rapide vous aurait frappé; vous n&#8217;auriez pas connu de véritable ascension&#8230; Si vous aviez gagné, vous seriez en fin de course&#8230; Mais maintenant vous êtes face à une nouvelle aurore&#8230;&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">Après la guerre vient la République de Weimar, mal aimée parce qu&#8217;elle perpétue, sous des oripeaux républicains, le style de vie bourgeois, celui du parvenu. Cette situation est inacceptable pour les guerriers revenus des tranchées: dans cette république bourgeoise, qui a troqué les uniformes chamarrés et les casques à pointe contre les fracs des notaires et des banquiers, ils &#8220;bivouaquent dans les appartements bourgeois, ne pouvant plus renoncer à la simplicité virile de la vie militaire&#8221;, comme le disait l&#8217;un d&#8217;eux. Ils seront les recrues idéales des partis extrémistes, communiste ou national-socialiste. La République de Weimar se déploiera en trois phases: une phase tumultueuse, s&#8217;étendant de novembre 1918, avec la proclamation de la République, à la fin de 1923, quand les Français quittent la Ruhr et que le putsch Hitler/Ludendorff est maté à Munich; une phase de calme, qui durera jusqu&#8217;à la crise de 1929, où la République, sous l&#8217;impulsion de Stresemann, jugule l&#8217;inflation et où les passions semblent s&#8217;apaiser. A partir de la crise, l&#8217;édifice républicain vole en éclats et les nationaux-socialistes sortent vainqueurs de l&#8217;arène.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le débourgeoisement total</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">La République de Weimar a connu des débuts très difficiles: elle a dû mater dix-huit coups de force de la gauche et trois coups de force de la droite, sans compter les manœuvres séparatistes en Rhénanie, fomentées par la France. Dans cette tourmente, on en est arrivé à une situation (apparemment) absurde: un gouvernement en majorité socialiste appelle les ouvriers à la grève générale pour bloquer le putsch d&#8217;extrême-droite de Kapp; cette grève générale est l&#8217;étincelle qui déclenche l&#8217;insurrection communiste de la Ruhr et, pour étrangler celle-ci, le gouvernement appelle les sympathisants des putschistes de Kapp à la rescousse! La situation était telle que l&#8217;esprit public, secoué, prenait une cure sévère de débourgeoisement.</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, le débourgeoisement total n&#8217;affectaient qu&#8217;une infime minorité, mais cette minorité était quand même assez nombreuse pour que ses attitudes et son esprit déteignent quelque peu sur l&#8217;opinion publique et sur la mentalité générale de l&#8217;époque. La guerre avait arraché plusieurs classes d&#8217;âge au confort bourgeois, lequel n&#8217;exerçait plus le moindre attrait sur elles. Pour ces hommes jeunes, la vie active du guerrier était qualitativement supérieure à celle du bourgeois et ils haïssaient l&#8217;idée de se morfondre dans des fauteuils mous, les pantoufles aux pieds. C&#8217;est pourquoi l&#8217;ardeur de la guerre, ils allaient la rechercher et la retrouver dans les &#8220;Corps Francs&#8221;, ceux de l&#8217;intérieur et ceux de l&#8217;extérieur. Ceux de l&#8217;intérieur se moulaient dans les structures d&#8217;autodéfense locales (<em>Einwohnerwehr</em>)  et permettaient, en fin de compte, un retour progressif à la vie civile, assorti quand même d&#8217;une promptitude à reprendre l&#8217;assaut dans les rangs communistes ou, surtout, nationaux-socialistes. Ceux de l&#8217;extérieur, qui combattaient les Polonais en Haute-Silésie et avaient arraché l&#8217;Annaberg de haute lutte, ou affrontaient les armées bolchéviques dans le Baltikum, regroupaient des soldats perdus, de nouveaux lansquenets, des irrécupérables pour la vie bourgeoise, des pélérins de l&#8217;absolu, des vagabonds spartiates en prise directe avec l&#8217;élémentaire. Dans leurs âmes sauvages, l&#8217;esprit de la KR s&#8217;incrustera dans sa plus pure quintessence.</p>
<p style="text-align: justify;">Parallèlement aux Corps Francs, d&#8217;autres structures d&#8217;accueil existaient pour les jeunes et les soldats farouches: les <em>Bünde </em>du mouvement de jeunesse, lequel, avec la guerre, avait perdu toutes ses fantaisies anarchistes et abandonné toutes ses rêveries philosophiques et idéalistes. Ensuite les partis de toutes obédiences recrutaient ces ensauvagés, ces inquiets, ces chevaliers de l&#8217;élémentaire pour les engager dans leurs formations de combat, leurs services d&#8217;ordre. Avant le choc de la guerre, le révolutionnaire typique ne renonçait par radicalement aux formes de l&#8217;existence bourgeoise: il contestait simplement le fait que ces formes, assorties de richesses et de positions sociales avantageuses, étaient réservées à une petite minorité. L&#8217;engagement du révolutionnaire d&#8217;avant 1914 visait à généraliser ces formes bourgeoises d&#8217;existence, à les étendre à l&#8217;ensemble de la société, classe ouvrière comprise. Le révolutionnaire de type nouveau, en revanche, ne partage pas cet utopisme eudémoniste: il veut éradiquer toute référence à ces valeurs bourgeoises haïes, tout sentiment positif envers elles. Pour le bourgeois frileux, convaincu de détenir la vérité, la formule de toute civilisation, le révolutionnaire nouveau est un &#8220;nihiliste&#8221;, un dangereux mar-ginal, un personnage inquiétant.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Les lansquenets modernes</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais les partis bourgeois, battus en brèche, incapables de faire face aux aléas qu&#8217;étaient les exigences des Alliés et les dérèglements de l&#8217;économie mondiale, la violence de la rue et la famine des classes défavorisées, ont été obligés de recourir à la force pour se maintenir en selle et de faire appel à ces lansquenets modernes pour encadrer leurs militants. Ces cadres issus des Corps Francs se rendent alors incontournables au sein des partis qui les utilisent, mais conservent toujours une certaine distance, en marge du gros des militants.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce processus n&#8217;est pas seulement vrai pour le national-socialisme, avec ses turbulents SA. Chez les communistes, des bandes de solides bagarreurs adhèrent au <em>Roter Kampfbund</em>. Certaines organisations restent indépendantes formellement, comme le Kampfbund Wiking  du Capitaine Hermann Ehrhardt, le Bund Oberland  du Capitaine Beppo Römer et du Dr. Friedrich Weber, le Wehrwolf  de Fritz Kloppe et la Reichs-flagge  du Capitaine Adolf Heiß. Le Stahlhelm, organisation paramilitaire d&#8217;anciens combattants, dirigée par Seldte et Duesterberg, est proche des Deutschnationalen (DNVP). Le Jungdeutscher Orde (Jungdo)  de Mahraun sert de service d&#8217;ordre à la Demokratische Partei. Quant aux sociaux-démocrates (SPD), leur organisation paramilitaire s&#8217;appelait le Reichsbanner Schwarz-Rot-Gold, dont les chefs étaient Hörsing et Höltermann.</p>
<p style="text-align: justify;">La quasi similitude entre toutes ses formations faisait que l&#8217;on passait allègrement de l&#8217;une à l&#8217;autre, au gré des conflits personnels. Beppo Römer quittera ainsi l&#8217;Oberland  pour passer à la KPD communiste. Bodo Uhse fera exacte-mentle même itinéraire, mais en passant par la NSDAP et le mouvement révolutionnaire paysan, la Landvolkbewegung. Giesecke passera de la KPD à la NSDAP. Contre les Français dans la Ruhr, les militants communistes sabotent installations et voies ferrées sous la conduite d&#8217;officiers prussiens; SA et Roter Kampfbund collaborent contre le gouvernement à Berlin en 1930-31.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, Mohler souligne surtout l&#8217;apparition et la maturation de deux mouvements d&#8217;idées, le fameux &#8220;national-bolchévisme&#8221; et le &#8220;Troisième Front&#8221; (<em>Dritte Front</em>).  Si l&#8217;on analyse de façon dualiste l&#8217;affrontement majeur de l&#8217;époque, entre nationaux-socialistes et communistes, l&#8217;on dira que l&#8217;idéologie des forces communistes dérive des idées de 1789, tandis que celles du national-socialisme de celles de 1813, de la <em>Deutsche Bewegung</em>.  Il n&#8217;empêche que, dans une plage d&#8217;intersection réduite, des contacts fructueux entre les deux mondes se sont produits. Dans quelques cerveaux perti-nents, un socialisme radical fusionne avec un nationalisme tout aussi radical, afin de sceller l&#8217;alliance des deux nations &#8220;prolétariennes&#8221;, l&#8217;Allemagne et la Russie, contre l&#8217;Occident capitaliste.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Trois vagues de national-bolchévisme</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Trois vagues de &#8220;national-bolchévisme&#8221; se succéderont. La première date de 1919/1920. Elle est une réaction directe contre Versailles et atteint son apogée lors de la guerre russo-polonaise de 1920. La section de Hambourg de la KPD, dirigée par Heinrich Lauffenberg et Fritz Wolffheim, appelle à la guerre populaire et nationale contre l&#8217;Occident. Rapidement, des contacts sont pris avec des nationalistes de pure eau comme le Comte Ernst zu Reventlow. Quand la cavalerie de Boudienny se rapproche du Corridor de Dantzig, un espoir fou germe: foncer vers l&#8217;Ouest avec l&#8217;Armée Rouge et réduire à néant le nouvel ordre de Versailles. Weygand, en réorganisant l&#8217;armée polonaise en août 1920, brise l&#8217;élan russe et annihile les espoirs allemands. Lauffenberg et Wolffheim sont ex-communiés par le Komintern et leur nouvelle organisation, la KAPD (<em>Kommunistische Arbeiterpartei Deutschlands</em>),  se mue en une secte insignifiante.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde vague date de 1923, quand l&#8217;occupation de la Ruhr et l&#8217;inflation obligent une nouvelle fois nationalisme et communisme à fusionner. Radek, fonctionnaire du Komintern, rend un vibrant hommage à Schlageter, fusillé par les Français. Moeller van den Bruck répond. Un dialogue voit le jour. Dans le journal <em>Die Rote Fahne</em>, on peut lire les lignes suivantes, parfaitement à même de satisfaire et les nationalistes et les communistes: &#8220;La Nation s&#8217;effrite. L&#8217;héritage du prolétariat allemand, créé par les peines de générations d&#8217;ouvriers est menacé par la botte des militaristes français et par la faiblesse et la lâcheté de la bourgeoisie allemande, fébrile à l&#8217;idée de récolter ses petits profits. Seule la classe ouvrière peut désormais sauver la Nation&#8221;. Mais cette seconde vague nationale-bolchéviste n&#8217;est restée qu&#8217;un symptôme de fièvre: d&#8217;un côté comme de l&#8217;autre, on s&#8217;est contenté de formuler de belles proclamations.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus sérieuse sera la troisième vague nationale-bolchéviste, explique Mohler. Elle s&#8217;amorce dès 1930. A la crise économique mondiale et à ses effets sociaux, s&#8217;ajoute le Plan de réparations de l&#8217;Américain Young qui réduit encore les maigres ressources des Allemands. Une fois de plus, les questions nationale et sociale se mêlent étroitement. Gregor Strasser, chef de l&#8217;aile gauche de la NSDAP, et Heinz Neumann, tacticien communiste du rapprochement avec les nationaux, parlent abondamment de l&#8217;aspiration anticapitaliste du peuple allemand. Des officiers nationalistes, aristocratiques voire nationaux-socialistes, passent à la KPD comme le célèbre Lieutenant Scheringer, Ludwig Renn, le Comte Alexander Stenbock-Fermor, les chefs de la <em>Landvolkbewegung</em> comme Bodo Uhse ou Bruno von Salomon, le Capitaine des Corps Francs Beppo Römer, héros de l&#8217;épisode de l&#8217;Annaberg. Dans la pratique, la KPD soutient l&#8217;initiative du Stahlhelm contre le gouvernement prussien en août 1931; communistes et nationaux-socialistes organisent de concert la grève des transports en commun berlinois de novembre 1932. Toutes ces alliances demeurent ponctuelles et strictement tactiques, donc sans lendemain.</p>
<p style="text-align: justify;">La tendance anti-russe de la NSDAP munichoise (Hitler et Rosenberg) réduit à néant le tandem KPD/NSDAP, particulièrement bien rodé à Berlin. L&#8217;URSS signe des pactes de non-agression avec la Pologne (25.1.1932) et avec la France (29.11.1932). Au sein de la KPD, la tendance Thälmann, internationaliste et antifasciste, l&#8217;emporte sur la tendance Neumann, socialiste et nationale.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais ce national-bolchévisme idéologique et militant, présent dans de larges couches de la population, du moins dans les plus turbulentes, a son pendant dans certains cercles très influents de la diplomatie, regroupés autour du <em>Comte rouge</em>, Ulrich von Brockdorff-Rantzau, et du Baron von Maltzan. La position de Brockdorff-Rantzau était en fait plus nuancée qu&#8217;on ne l&#8217;a cru. Quoi qu&#8217;il en soit, leur optique était de se dé-gager des exigences françaises en jouant la carte russe, exactement dans le même esprit de la politique prussienne russophile de 1813 (les &#8220;Accords de Tauroggen&#8221;), tout en voulant reconstituer un équilibre européen à la Bismarck.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Le &#8220;troisième front&#8221; (Dritte Front)</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Pour distinguer clairement la KR du national-socialisme, il faut savoir, explique Mohler, qu&#8217;avant la &#8220;Nuit des Longs Couteaux&#8221; du 30 juin 1934, où Hitler élimine quelques adversaires et concurrents, intérieurs et extérieurs, le national-socialisme est une idéologie floue, recelant virtuellement plusieurs possibles. Ce fut, selon les circonstances, à la fois sa force et sa faiblesse face à un communisme à la doctrine claire, nette mais trop souvent rigide. Mohler énumère quelques types humains rassemblés sous la bannière hitlérienne: des ouvriers rebelles, des rescapés de l&#8217;aventure des Corps Francs de la Baltique, des boutiquiers en colère qui veulent faire supprimer les magasins à rayons multiples, des entrepreneurs qui veulent la paix sociale et des débouchés extérieurs nouveaux. Sur le plan de la politique étrangère, les options sont également diverses: alliance avec l&#8217;Italie fasciste contre le bolchévisme; alliance de tous les pays germaniques avec minimisation des rapports avec les peuples du Sud, décrétés &#8220;fellahisés&#8221;; alliance avec une Russie redevenue plus nationale et débarrassée de ses velléités communistes et internationalistes, afin de forger un pacte indéfectible des &#8220;havenots&#8221;  contre les nations capitalistes. De plus, la NSDAP des premières années du pouvoir, compte dans ses rangs des fédéralistes bavarois et des centralistes prussiens, des catholiques et des protestants convaincus, et, enfin, des militants farouchement hostiles à toutes les formes de christianisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette panade idéologique complexe est le propre des partis de masse et Hitler, pour des raisons pratiques et tactiques, tenait à ce que le flou soit conservé, afin de garder un maximum de militants et d&#8217;électeurs. Avant la prise du pouvoir, plusieurs tenants de la KR avaient constaté que cette démagogie contribuerait tôt ou tard à falsifier et à galvauder l&#8217;idée précise, tranchée et argumentée qu&#8217;ils se faisaient de la nation. Pour éviter l&#8217;avènement de la falsification nationale-socialiste et/ou communiste, il fallait à leurs yeux créer un &#8220;troisième front&#8221; (<em>Dritte Front</em>),  basé sur une synthèse cohérente et destiné à remplacer le système de Weimar. Entre le drapeau rouge de la KPD et les chemises brunes de la NSDAP, les dissidents optent pour le drapeau noir de la révolte paysanne, hissé par les révoltés du XVIième siècle et par les amis de Claus Heim (12). Le drapeau noir est &#8220;le dra-peau de la terre et de la misère, de la nuit allemande et de l&#8217;état d&#8217;alerte&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Le rôle de Hans Zehrer</em></strong></p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;un des partisans les plus chaleureux de ce &#8220;troisième front&#8221; fut Hans Zehrer, éditeur de la revue <em>Die Tat</em> d&#8217;octobre 1931 à 1933. Dans un article intitulé significativement <em>Rechts oder Links?</em> (<em>Die Tat</em>, 23. Jg., H.7, Okt. 1931), Zehrer explique que l&#8217;anti-libéralisme en Allemagne s&#8217;est scindé en deux ailes, une aile droite et une aile gauche. L&#8217;aile droite puise dans le réservoir des sentiments nationaux mais fait passer les questions sociales au second plan. L&#8217;aile gauche, elle, accorde le primat aux questions sociales et tente de gagner du terrain en matière de nationalisme. Le camp des anti-libéraux est donc partagé entre deux pôles: le national et le social. Cette opposition risque à moyen ou long terme d&#8217;épuiser les combattants, de lasser les masses et de n&#8217;aboutir à rien. En fin de course, les appareils dirigeants des partis communiste et national-socialiste ne défendent pas les intérêts fondamentaux de la population, mais exclusivement leurs propres intérêts. Les bases des deux partis devraient, écrit Zehrer, se détourner de leurs chefs et se regrouper en une &#8220;troisième communauté&#8221;, qui serait la synthèse parfaite des pôles social et national, antagonisés à mauvais escient.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière Zehrer se profilait l&#8217;ombre du Général von Schleicher qui, lui, cherchait à sauver Weimar en attirant dans un &#8220;troisième front&#8221; les groupes socialisants internes à la NSDAP (Gregor Strasser), quelques syndicalistes sociaux-démocrates, etc. Mais l&#8217;assemblage était trop hétéroclite: KPD et NSDAP résistent à l&#8217;entreprise de fractionnement. Le &#8220;troisième front&#8221; ne sera qu&#8217;un rassemblement de groupes situés &#8220;entre deux chaises&#8221;, sans force motrice décisive.</p>
<p style="text-align: justify;">* * *</p>
<p style="text-align: justify;">(La suite de cette recension, rendant compte d&#8217;un ouvrage absolument capital pour comprendre le mouvement des idées politiques de notre siècle, paraîtra dans nos éditions ultérieures. Nous mettrons l&#8217;accent sur les fondements philosophiques de la KR et sur ses principaux groupes).</p>
<p style="text-align: justify;">Armin MOHLER, <em>Die Konservative Revolution in Deutschland 1918-1932. Ein Handbuch</em> (Dritte, um einen Ergänzungsband erweiterte Auflage 1989), Wissenschaftliche Buchgesellschaft, Darmstadt, 1989, I-XXX + 567 S., Ergänzungsband, I-VIII + 131 S., DM 89 (beide zusammen); DM 37 (Ergänzungsband einzeln).</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">(<em>Synergies Européennes</em> &#8211; Novembre 1989).</p>
<div class="addthis_toolbox addthis_default_style " addthis:url='http://www.centrostudilaruna.it/la-revolution-conservatrice-en-allemagne-1918-1932.html' addthis:title='La &#8220;Révolution Conservatrice&#8221; en Allemagne (1918-1932) ' ><a href="http://www.centrostudilaruna.it//addthis.com/bookmark.php?v=250&amp;username=xa-4d2b47597ad291fb" class="addthis_button_compact">Share</a><span class="addthis_separator">|</span><a class="addthis_button_preferred_1"></a><a class="addthis_button_preferred_2"></a><a class="addthis_button_preferred_3"></a><a class="addthis_button_preferred_4"></a></div>]]></content:encoded>
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